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Bombe incendiaire contre un hebdomadaire à cause d'un numéro qui se moquait des islamistes

La police française devant les bureaux endommagés du magazine satirique « Charlie Hebdo » à Paris
La police française devant les bureaux endommagés du magazine satirique « Charlie Hebdo » à Paris

Benoit Tessier / REUTERS

Les bureaux d'un hebdomadaire satirique français ont été la cible d'un attentat à la bombe incendiaire juste avant la sortie d'un numéro qui se moquait des islamistes, selon ce que rapportent les membres de l'IFEX. À 1 heure du matin le 2 novembre, des assaillants non identifiés ont lancé un cocktail Molotov dans une fenêtre des bureaux de « Charlie Hebdo », agissant sur la foi de rumeurs entrourant la publication de ce numéro.

Le rédacteur en chef de « Charlie Hebdo », Stéphane Charbonnier, a expliqué que le numéro visait, par la satire, à sensibiliser le public au fait que les buts de la révolution tunisienne et des autres révolutions du « Printemps arabe » pouvaient être dévoyés par les projets des islamistes extrémistes, selon ce que rapportent également le Cartoonists Rights Network International (CRNI) et l'Institut international de la presse (IIP).

Le numéro spécial était publié par l'« éditeur », le prophète Mahomet. Son nom figurait au bas d'un éditorial satirique qui se moquait de la charia, des burkas et du parti Ennadha, lequel vient d'être élu en Tunisie, indiquent le CRNI et l'IIP. En une on voit une caricature du prophète Mahomet qui dit : « 1 000 coups de fouet si vous ne mourez pas de rire ».

D'après la BBC, la publication possède une longue histoire de moquerie de nombreuses religions, y compris le christianisme.

« Attaquer les installations du magazine à cause d'une rumeur et non à cause de la publication véritable de la caricature fait monter la barre un nouveau degré dans la bataille entre la liberté de parole et les fondamentalistes islamistes », dit Robert Russell, directeur général du CRNI, qui s'est également dit inquiet que les médias européens et, dans une moindre mesure, les médias américains, ne résistent pas avec vigueur aux attaques des islamistes fondamentalistes contre la libre expression.

Rédactrice adjointe à Index on Censorship, Sara Yasin se dit également préoccupée que l'attentat ne mène à davantage d'autocensure sur certains sujets et certaines représentations susceptibles d'offenser les fondamentalistes musulmans. Elle a mentionné un incident datant de 2008 lors duquel la société Random House s'est retirée d'une entente d'édition par crainte qu'un roman sur une des épouses d'Allah n'entraîne de la violence contre l'entreprise ou son personnel.

« Charlie Hebdo » continue avec défi à distribuer son numéro spécial « Charia Hebdo » et dit qu'il en imprimera un tirage additionnel de 75 000 exemplaires pour combler la demande. Le journal français « Libération » abrite à titre temporaire les employés de l'hebdomadaire tandis qu'ils poursuivent leur travail sur de prochains numéros.

Bien des membres de l'IFEX s'inquiètent aussi que l'attentat ne suscite de la haine contre les musulmans. « Réagir de cette manière ne sert qu'à accroître la tension et l'ignorance », dit Jean-François Julliard, secrétaire-général de Reporters sans frontières (RSF), qui a aussi offert d'héberger « Charlie Hebdo » après l'incendie.

Le personnel de « Charlie Hebdo » a également été menacé sur Facebook et Twitter par de nombreux correspondants anonymes, indique le CRNI. Des pirates informatiques ont affiché une image de la Grande Mosquée à La Mecque avec le message « Aucun Dieu qu'Allah » sur la page d'accueil du magazine, selon RSF. Le magazine a dû suspendre sa page Facebook après avoir reçu des milliers de messages hostiles et de menaces, dit RSF.

De nombreux dirigeants musulmans français ont condamné l'attentat, indiquent les dépêches.

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