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L'intégrité rendue à un journaliste accusé d'avoir manipulé un reportage, dit la FIJ

(FIJ/IFEX) - Le 29 février 2012 - La Fédération européenne des journalistes (FEJ), le groupe européen de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), salue aujourd'hui la décision de la Cour de Cassation française d'annuler la relaxe de la personne qui avait accusé un journaliste d'avoir manipulé un reportage.

«La justice a rendu son honneur et son intégrité professionnelle à notre confrère Charles Enderlin » a déclaré aujourd'hui le vice-Président de la FEJ, Philippe Leruth. « Nous saluons l'annulation de la relaxe de la personne qui avait accusé M. Enderlin d'avoir manipulé son reportage et nous nous félicitons que justice soit rendue contre ceux qui insultent ainsi le professionnalisme des journalistes».

Cette décision concerne un reportage de Charles Enderlin, correspondant permanent de France 2 en Israël, et de son caméraman palestinien, Talal Abu Ramah, tourné dans la bande de Gaza le 30 septembre 2000, alors que commençait la deuxième Intifada. Se trouvant près de son père, Mohammed al-Dura, 12 ans, a trouvé la mort au cours d'un échange de tirs entre l'armée israélienne et des activistes palestiniens. Les images avaient été reprises par de nombreux médias à travers le monde et ont créé une polémique sur l'origine des tirs mortels, au point d'être accusées d'être mises en scène.

En 2006, France 2 avait attaqué en diffamation le directeur de l'agence Media Ratings, Philippe Karsenty, qui qualifiait le reportage de « faux reportage, une pure fiction comportant, en première partie, une série de scènes jouées ». En 2008, la Cour d'appel avait jugé que les propos litigieux portaient "incontestablement atteinte à l'honneur et à la réputation des professionnels de l'information". Mais elle avait reconnu au prévenu le bénéfice de la "bonne foi" et estimé qu'il n'avait "pas dépassé les limites de la liberté d'expression". Elle ne s'était pas prononcée explicitement sur le reportage, dont les rushes avaient été visionnés à l'audience, et avait relaxé M. Karsenty.

Hier, les hauts magistrats de la Cour de Cassation ont considéré que l'affaire devait être rejugée et que la Cour d'appel qui avait relaxé M. Karsenty du chef de diffamation avait méconnu les principes selon lesquels il incombe au prévenu d'apporter la preuve de sa bonne foi, « sans que les juges aient le pouvoir de provoquer, compléter ou parfaire l'établissement de celle-ci ».

L'affaire n'est donc pas arrivée à son terme, mais la relaxe décidée hier concernant les accusations de diffamation contre Charles Enderlin met fin à une polémique et à une première saga judiciaire onze ans après les faits.

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