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Gabon : RSF dénonce une prise en otage de l'information après une tentative de coup d'Etat

Des gendarmes dans le rond point de la Democratie, Libreville, Gabon, le 7 janvier 2019
Des gendarmes dans le rond point de la Democratie, Libreville, Gabon, le 7 janvier 2019

STEVE JORDAN/AFP/Getty Images

Cet article a été initialement publié sur rsf.org le 7 janvier 2019.

Les autorités gabonaises ont déclaré avoir repris le contrôle de la situation mais internet reste coupé et la radio télévision nationale n'a pas repris ses programmes après la diffusion d'un communiqué par des militaires ayant fait irruption dans les locaux du média public ce 7 janvier. Reporters sans frontières (RSF) dénonce une prise en otage de l'information et demande aux autorités de garantir l'exercice du journalisme dans ce contexte mouvementé.

Plusieurs militaires ont fait irruption dans les locaux de la radio-télévision nationale du Gabon (RTG) tôt ce lundi 7 janvier, séquestrant au passage cinq journalistes et techniciens présents sur place au moment des faits, selon la présidence. Dans un communiqué lu et diffusé sur la RTG, le lieutenant Ondo Obiang Kelly, qui s'est présenté comme le commandant-adjoint de la Garde républicaine (GR), a appelé au soulèvement pour dénoncer le "spectacle désolant" offert selon ces soldats par le président Ali Bongo. Le chef de l'Etat, victime d'un accident vasculaire cérébral, et absent du pays depuis plus de deux mois et demi, avait tenté de rassurer l'opinion publique sur son état de santé et sa capacité à diriger le pays à l'occasion d'une allocution pour présenter ses voeux de nouvelle année.

Les autorités gabonaises ont rapidement annoncé l'arrestation du chef du commando des mutins et assuré que la situation était "sous contrôle". Cependant, Internet, coupé dès les premières heures de la journée, n'avait toujours pas été rétabli en fin de journée et la RTG n'avait pas non plus repris ses programmes en fin d'après-midi.

"Nous condamnons sans réserve la séquestration des journalistes et dénonçons cette prise en otage de l'information, déclare Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF. Il est essentiel que le rétablissement de l'ordre indiqué par les autorités s'accompagne d'une reprise effective de l'activité de la RTG et du rétablissement de la connexion internet dans le pays. Dans ce contexte mouvementé, les Gabonais ont plus que jamais besoin de pouvoir accéder à des informations crédibles et les journalistes doivent pouvoir effectuer librement leur mission d'information".

Le Gabon occupe la 108e place dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2018 établi par RSF.

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