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DE NOMBREUX JOURNALISTES RISQUENT DES POURSUITES PÉNALES

L'Allemagne a entamé récemment des procédures judiciaires contre 17 journalistes qui ont publié des informations sur les transferts par avion de prisonniers effectués par les États-Unis, et sur les activités des services secrets allemands pendant l'invasion de l'Irak en 2003, indique le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Un comité allemand qui enquête sur ces transferts (mouvements de prisonniers déplacés par la Central Intelligence Agency, avec escales en Allemagne) et sur le comportement suspect du service de renseignement intérieur, le BND, s'efforce de tenir secrets des documents cités par les reportages.

Les procureurs de Berlin ont confirmé qu'une enquête avait été ouverte, indique le réseau Ard Télévision, qui a le premier rapporté la nouvelle. Les journalistes suspects travaillent pour d'importantes publications nationales comme les magazines hebdomadaires « Der Spiegel » et « Stern », le journal hebdomadaire « Die Zeit » et les quotidiens « Suddeutsche Zeitung » et « Die Welt », précisent les dépêches internationales.

Un procureur de Munich a suspendu le 13 août 2007 une enquête qui portait sur quatre journalistes soupçonnés de « complicité dans la divulgation de secrets d'État ». Le procureur a déclaré que les journalistes avaient le droit légitime de ne pas identifier les fonctionnaires qui leur ont coulé l'information.

« Nous nous joignons à la Fédération des journalistes d'Allemagne pour demander une décision similaire dans les cas des treize autres journalistes », a fait savoir Reporters sans frontières (RSF). Les procureurs de Berlin, Hambourg et Francfort n'ont pas encore indiqué s'ils allaient suspendre leurs enquêtes sur les autres journalistes.

RSF et le CPJ se sont joints au Représentant de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pour la liberté des médias afin de demander à l'Allemagne de mettre fin aux poursuites pénales contre les journalistes qui publient des informations soi-disant classifiées.

Le Représentant de l'OSCE, Miklos Haraszti, a souligné que les journalistes ne peuvent être poursuivis pour publication d'informations d'intérêt public, et qu'ils ne devraient pas être poursuivis parce qu'ils publient des informations classifiées sans qu'il y ait un doute raisonnable que les journalistes auraient pu commettre un crime en les obtenant. Rappelant, dans une lettre au ministre de la Justice d'Allemagne, une décision rendue récemment dans l'affaire du « Cicero », Haraszti a déclaré que « la décision historique de la cour dans cette affaire a créé une protection fédérale pour les journalistes lorsqu'ils publient des informations classifiées, ce que l'enquête en cours néglige et va même jusqu'à contredire ».

En septembre 2005, la police de Berlin avait confisqué les archives de recherche de Bruno Schirra, journaliste pigiste, après que celui-ci eut dressé, dans l'édition d'avril 2005 du mensuel « Cicero » de Potsdam, le portrait du dirigeant d'al-Qaïda Abou Moussab al-Zarqaoui. Les autorités ont accusé Schirra d'avoir recruté un fonctionnaire fédéral pour qu'il viole les lois sur les secrets.

En février, remarque RSF, la cour constitutionnelle a « condamné » la fouille effectuée au « Cicero ». « La cour a souligné que la liberté de la presse est enchâssée dans la constitution et que celle-ci dispose que "les fouilles et les saisies contre des journalistes dans une enquête sont illégales si leur seul ou leur principal objectif est d'identifier une source" ».

Selon l'Association des journalistes allemands (DJV), 180 poursuites judiciaires ont été entreprises depuis 1986 contre des journalistes pour « complicité dans la trahison de secrets d'État ».

Consulter les sites suivants :
- CPJ : http://www.cpj.org/news/2007/europe/germany07augr07na.html
- RSF : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=23155
- OSCE : http://www.osce.org/item/25893.html
(14 août 2007)

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