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Black-out des médias après le coup d'État

 Une affiche du parti politique au pouvoir en Guinée-Bissau, le PAIGC, le jour de l'élection en mars, quelques semaines à peine avant qu'un coup d'État n'eut plongé le pays dans l'instabilité
Une affiche du parti politique au pouvoir en Guinée-Bissau, le PAIGC, le jour de l'élection en mars, quelques semaines à peine avant qu'un coup d'État n'eut plongé le pays dans l'instabilité

Joe Penney/Reuters

Le coup d'État qui a renversé le gouvernement de Guinée-Bissau a été suivi de « graves » violations de la liberté des médias, notamment de menaces contre les journalistes, d'un black-out de l'information et de la censure des médias, disent la Fondation pour les médias en Afrique de l'Ouest (Media Foundation for West Africa, MFWA), Reporters sans frontières (RSF) et Freedom House.

D'après RSF, le haut commandement militaire a suspendu l'activité de tous les médias pendant le week-end qui a suivi le coup du 12 avril, au nom de la « cohésion nationale ».

Lors d'une rencontre avec les cadres supérieurs des médias le 16 avril, l'armée a déclaré que les médias pourraient reprendre leurs opérations dans la mesure où ils ne feraient pas mention des protestations dans la capitale. RSF qualifie cette mesure d'« instauration de la censure militaire ».

« Quiconque contrevient à ces ordres s'exposerait à de graves représailles ou devrait entrer dans la clandestinité », a indiqué à RSF une source proche des médias. Seule « Radio Nacional », propriété de l'État de Guinée-Bissau, qui est occupée par des soldats, continue à diffuser de la musique et les communiqués dans lesquels l'armée lance des appels au calme.

António Aly Silva, blogueur bien connu de Didatura do Consenso (Dictature du Consensus), a été arrêté le 13 avril et passé à tabac par des soldats tandis qu'il prenait des photos des installations militaires, selon ce que rapportent la MFWA et RSF. Il a été relâché quelques heures plus tard, mais s'est fait confisquer son équipement.

Les soldats se sont aussi emparés des installations du radiodiffuseur portugais RTP-Africa, ont menacé les employés à la pointe du fusil et leur ont volé des caméras et autres éléments d'équipement, rapporte RSF.

De fréquentes interruptions de courant et des communications ont également empêché les journalistes de travailler adéquatement, ajoute RSF.

Le petit pays d'Afrique de l'Ouest n'était qu'à quelques semaines d'une élection présidentielle lorsque, le 12 avril, des soldats ont attaqué la résidence du Premier ministre Carlos Gomes Jr., qui était favori pour l'emporter. Gomes a été arrêté en même temps que le Président Raimundo Pereira.

Le commandement militaire auto-proclamé a déclaré être entré en action à cause d'une entente secrète qui serait intervenue entre Gomes et le gouvernement angolais afin d'« annihiler les forces armées de Guinée-Bissau », dit Freedom House. L'Angola a des troupes stationnées dans le pays depuis un an dans le cadre d'une entente militaire bilatérale.

D'après Freedom House, le pays est aux prises avec l'instabilité politique, ayant été le théâtre de trois coups d'État depuis 1998 et de l'assassinat d'un président en 2009. Des élections généralement libres et équitables sont fréquemment minées par l'intervention de l'armée et l'influence qu'exerce le trafic de drogue. La Guinée-Bissau constitue un relais clé pour la cocaïne qui transite entre l'Amérique latine et l'Europe.

« En raison de la violence des forces de sécurité et d'individus liés au trafic de drogue, le climat est plutôt hostile au journalisme et à la liberté des médias », dit RSF.

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