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Deux journalistes condamnés pour diffamation

(MFWA/IFEX) - Le 13 août 2007, deux journalistes ont été déclarés coupables de diffamation contre la personne de Bahna Sidibé, ancien ministre des Travaux Publics de la Guinée, par le Tribunal de Première Instance de Conakry.

Thiernodjo Diallo et Abdoul Aziz Camara, respectivement directeurs de publication des journaux "La Vérité" et " Libération", ont été condamnés à 6 mois de prison avec sursis et aux dépens de 50 millions de francs guinéens (environ 12 781 euros).

Les deux journalistes ont également été condamnés à une amende obligatoire de 1 million de francs guinéens (environ 256 euros) à verser au plaignant.

Le correspondant de la Fondation des Médias pour l'Afrique de l'Ouest (MFWA) a rapporté que les journalistes avaient accusé l'ancien ministre d'avoir détourné des fonds du ministère dans leurs journaux respectifs.

"La Vérité" a publié l'allégation dans sa livraison du 20 mars. Dans l'article titré "Ministère des Travaux Publics/l'autre visage de Bahna Sidibe" Thiernodjo a prétendu que l'ancien ministre a détourné la somme de 1 milliard de francs guinéens (environ 255 624 euros) destinés à des travaux d'infrastructures routières pour construire un appartement privé.

Dans sa livraison numéro 49 du mois d'avril, "Libération" confirmait les allégations de "La Vérité"

Mécontent de la publication, l'ancien ministre a intenté un procès de diffamation contre les journalistes.

En prononçant le verdict, le président du tribunal, N'Fansoumane Toure, a jugé que les deux journalistes n'ont pas apporté des pièces justificatives de leurs allégations contre l'ancien ministre. Depuis lors, les journalistes ont condamné le verdict. "C'est une parodie de justice. Le Président du Tribunal a été corrompu par Bahna Sidibe. Nous l'avons récusé, mais il s'est entêté à juger", a déclaré Thiernodjo. Les journalistes ont interjeté appel contre le verdict.

La MFWA est inquiète du montant excessif des dommages-intérêts et des dépens infligés aux journalistes. L'organisation est persuadée que tandis que les dommages pour atteinte à la réputation peuvent avoir un effet dissuasif, la nature d'une telle peine ne devrait pas compromettre l'existence ou la viabilité même des médias.

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