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Deux journaux suspendus dont les journalistes sont interdits d'exercer suite à la publication d'articles critiquant certains hauts responsables du gouvernement

(CPJ/IFEX) - Ci-dessous, un communiqué de presse du CPJ daté du 4 janvier 2008:

Deux journaux privés guinéens suspendus, des journalistes interdits d'exercer

New York, le 4 janvier, 2008 - L'organisme chargé de la réglementation de la presse en Guinée sise à sa capitale, Conakry, a sommairement suspendu lundi dernier deux journaux privés et frappé leurs journalistes d'interdiction d'exercer leur profession pour une durée de trois mois. Selon les journalistes et les médias, ces suspensions sont liées à des articles publiés en décembre et qui étaient critiques à certains hauts responsables du gouvernement guinéen.

En effet, le Conseil National de la Communication (CNC) de la Guinée a accusé deux hebdomadaires, notamment La Vérité et L'Observateur, de "publications incessantes d'articles injurieux, irrévérencieux et diffamatoires" de nature à "manipuler l'opinion publique", selon les mêmes sources. Ainsi, sans citer les articles incriminants, le CNC a menacé de retirer les cartes professionnelles des journalistes de ces deux hebdomadaires en cas de récidive.

"Le CPJ appelle le CNC à immédiatement lever ses suspensions arbitraires", a déclaré le directeur exécutif du CPJ, Joel Simon. "Il y a une inquiétante tendance en Guinée à sanctionner les journaux qui osent dévoiler des malversations politiques", a-t-il souligné.

Selon l'éditeur de La Vérité, Baïla Ba, cette décision est liée à des articles publiés la semaine dernière et qui ont accusé le secrétaire général de la présidence de la Guinée, Sam Mamadi Soumah, d'avoir falsifié le décret de restructuration du gouvernement. Ce décret a attribué à son propre cabinet des pouvoirs absolus sur les affaires du gouvernement, soulevant ainsi une controverse publique après sa signature le 5 décembre par le président guinéen Lansana Conté, selon les médias. M. Soumah n'a pas répondu publiquement à ces allégations, cependant le gouvernement a déclaré qu'une "erreur" par rapport aux pouvoirs attribués à M. Soumah s'est "glissée" dans le décret, selon un communiqué officiel rendu public mardi dernier.

Le directeur de la rédaction de L'Observateur, Mouctar Diallo, a déclaré au CPJ que cette décision est une réplique politique par rapport à la couverture critique par le journal du gouvernement du premier ministre guinéen Lansana Kouyaté, notamment un article daté le 17 décembre dernier qui a claironné un grand scandale impliquant le gouverneur de Conakry, Malick Sankhon.

Ces dernières années, le CNC a usé de suspensions sommaires pour faire taire les couvertures critiques à l'égard du gouvernement guinéen, selon des recherches du CPJ.

Il faut rappeler qu'en octobre dernier le CNC avait suspendu le bimensuel La Nouvelle pendant un mois pour un article intitulé "l'armée nationale vers une autre mutinerie", selon un organisme de défense de la liberté de la presse basé au Ghana, Media Foundation of West Africa. En 2006 seulement, le CNC avait suspendu quatre journaux privés pour deux mois.

La presse privée en Guinée, premier pays exportateur de bauxite au monde, est affaiblie par des pressions politiques et financières, y compris les écrasants coûts d'impression, les divisions ethniques, et le faible niveau de formation, selon les recherches du CPJ. Il faut par ailleurs noter que jusqu'en 2006, les autorités guinéennes n'avaient pas autorisé les chaînes de radio et télévision privées à émettre.

Le CPJ est une organisation indépendante, à but non lucratif basée à New York qui oeuvre à préserver la liberté de presse partout dans le monde. Pour de plus amples informations, veuillez visiter http://www.cpj.org

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