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De nouvelles lois positives sur les médias sont bien accueillies

Le chef militaire de la Guinée, le général Sékouba Konaté, vient d'enchâsser la liberté de la presse dans la nouvelle constitution du pays. Il a réformé les lois sur les médias afin de protéger les journalistes contre les peines de prison et d'assurer la liberté de créer des journaux indépendants, selon ce que rapportent Reporters sans frontières (RSF) et ARTICLE 19. Adoptée le 22 juin, la nouvelle législation est entrée en vigueur à un moment historique : les premières élections présidentielles libres en 52 ans.

Une commission de transition, composée de sept journalistes, a rédigé les deux lois en avril et mai après consultation auprès d'administrateurs de médias, d'éducateurs et d'experts internationaux.

La première loi dépénalise les délits de presse et définit la diffamation avec beaucoup plus de précision, contrairement aux termes vagues qui pouvaient englober n'importe quoi afin de poursuivre les journalistes. La loi contient toujours une disposition qui prévoit de fortes amendes contre les journalistes reconnus coupables de délits de presse, mais pas de peines de prison. Elle garantit également la liberté de créer des journaux.

Une deuxième loi prévoit la création d'un organisme de réglementation des médias, dont cinq des onze membres sont désignés par les entreprises de médias - au lieu d'être nommés par le président du pays, comme c'était le cas jusque-là.

« Nous saluons le fait que le gouvernement de transition, en coordination avec les journalistes, a éliminé les lois dépassées et répressives. Le progrès que ces nouvelles lois représentent va maintenant subir le test de la mise en oeuvre », dit RSF.

La Guinée a fait les manchettes à travers le monde en septembre dernier après un brutal massacre de manifestants de l'opposition et la violence déchaînée contre les journalistes. ARTICLE 19 a publié un rapport cette semaine, « Guinea: Journalists are the Forgotten Victims of Violence » (Guinée : Les journalistes, victimes oubliées de la violence), qui énonce les conclusions d'une mission entreprise après le massacre, quand plus de 150 personnes ont été tuées, et des femmes et des filles ont été violées lors d'une manifestation de protestation non violente contre les velléités présidentielles du capitaine Moussa Dadis Camara. Le rapport se penche sur l'intimidation et la violence contre les journalistes à ce moment-là. Il se réjouit également des nouvelles lois sur les médias.

En outre, le rapport formule plusieurs recommandations au nouveau gouvernement sur le point d'être élu. « Les délits de diffamation contre le Chef de l'État, de diffamation et de fausses nouvelles ne devraient pas faire partie d'une loi moderne. Les autorités guinéennes devraient saisir l'occasion que leur offre la transition démocratique pour abroger toutes les dispositions qui limitent indûment la liberté des médias. »

Les médias ont eu la liberté de couvrir le premier tour des élections présidentielles, qui s'est déroulé le 27 juin, sans aucun problème, rapporte RSF.

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