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Assassinat de Brignol Lindor: deux condamnations à la perpétuité et un acquittement

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières salue le verdict la cour d'assises de Petit-Goâve (Sud-Est), le 12 décembre 2007, à l'issue du procès de quatre des dix miliciens inculpés de l'assassinat de Brignol Lindor, journaliste de Radio Echo 2000, le 3 décembre 2001. L'organisation estime néanmoins que le sort de deux des accusés - l'un, victime d'une erreur sur la personne et l'autre enregistré sous un prénom erroné dans les procès-verbaux - sont révélateurs des carences de la procédure.

"Les deux condamnations à la réclusion criminelle à perpétuité sont proportionnées aux circonstances, particulièrement atroces, de l'assassinat de Brignol Lindor. Néanmoins, une procédure complète, solide et réunissant tous les acteurs d'un dossier constitue le préalable nécessaire à tout débat contradictoire, a fortiori dans une affaire de cette ampleur. Nous doutons que l'injonction du doyen du tribunal de Petit-Goâve ait un effet persuasif sur les six miliciens inculpés et toujours recherchés. Leur arrestation doit intervenir rapidement. Nous attendons surtout de savoir quel a été le degré d'implication de l'ancienne équipe municipale de Petit-Goâve dans l'assassinat barbare de Brignol Lindor", a déclaré Reporters sans frontières.

A l'issue de deux jours d'audience, deux des quatre accusés qui comparaissaient devant la cour d'assises de Petit-Goâve pour l'assassinat de Brignol Lindor ont été reconnus coupables et condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité, le 12 décembre. Il s'agit de Joubert Saint-Juste et de Jean-Rémy Démosthène. Les deux hommes restent détenus à Petit-Goâve, mais pourraient être transférés au pénitencier national de Port-au-Prince.

Simon Cétoute, âgé de 56 ans, a été acquitté. Les témoins ne l'ont pas identifié et la cour a admis qu'il avait été arrêté en lieu et place d'un de ses fils, récemment décédé à Léogâne (Est). Le quatrième inculpé présent dans le box, connu sous le nom de Fritznel Doudoute, a bénéficié d'un vice de forme. En effet, le prénom "Fritznel" mentionné dans les procès-verbaux d'instruction ne correspondait pas à son prénom véritable: "Lionel". Néanmoins, l'individu a été formellement reconnu par les témoins pour sa participation aux faits et reste à la disposition de la justice. Le commissaire du gouvernement de Petit-Goâve, Kébreau Zamor, a annoncé l'ouverture d'une nouvelle instruction le concernant. Cette procédure pourrait également concerner Bony Dumay, adjoint au maire de Petit-Goâve à l'époque des faits et soupçonné d'avoir incité à la violence contre Brignol Lindor. Entendu lors du procès, l'ancien élu n'a jamais fait l'objet d'aucune poursuite.

Le doyen du tribunal de Petit-Goâve, Emmanuel Tataye, a fixé au 16 décembre le délai de reddition des six autres membres de la milice armée Domi nan Bwa, inculpés en 2002 pour l'assassinat du journaliste et sous le coup d'un mandat d'arrêt. Passé cette date, les six hommes, déclarés "rebelles à la loi", verront "leurs droits de citoyens suspendus et leurs biens saisis", a déclaré le magistrat à la presse haïtienne.

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