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Les survivants sont épuisés et traumatisés; les médias sont désarticulés

L’environnement médiatique haïtien a été anéanti par le tremblement de terre, qui empêche le flux des informations sur l’aide humanitaire.
L’environnement médiatique haïtien a été anéanti par le tremblement de terre, qui empêche le flux des informations sur l’aide humanitaire.

via Reuters

Non seulement le tremblement de terre dévastateur du 12 janvier en Haïti a-t-il laissé les survivants sans eau ni nourriture, sans abri et nulle part où enterrer leurs morts, mais il les a aussi laissés sans informations, selon ce que rapportent les membres de l'IFEX. Les médias ont subi eux aussi des pertes importantes à un moment où les gens ont d'urgence besoin de renseignements sur les secours.

Chez les journalistes, le bilan des morts est inconnu. Les journalistes haïtiens qui ont survécu sont incapables de travailler parce qu'ils ont perdu des membres de leur famille et leurs domiciles, indique le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) après avoir parlé au journaliste haïtien Guylar Delva. Delva, 43 ans, est le fondateur de SOS Journalistes, créé afin de protéger les reporters locaux et de promouvoir le journalisme professionnel. Les bureaux de SOS sont en ruines. « Reporter d'expérience ayant couvert tant les désastres naturels que la violence politique, Delva dit n'avoir jamais rien vu de pareil. »

Le CPJ tente de déterminer ce dont les journalistes haïtiens ont besoin immédiatement et commencent à recueillir des fonds. RSF et l'AMARC sollicitent des dons pour la reconstruction des médias, notamment de l'équipement.

La Société interaméricaine de la presse (SIP) fait remarquer que les médias et les communications qui ont suivi le séisme ont été presque entièrement coupés, à l'exception de Skype.

La coordination des secours est impossible sans nouvelles précises et sans que les informations ne soient retransmises par des médias qui fonctionnent. Reporters sans frontières (RSF) travaille avec le groupe canadien de médias Quebecor afin de mettre sur pied un centre des médias pour les journalistes haïtiens à Port-au-Prince, pour qu'ils puissent couvrir la situation et contribuer à l'aide humanitaire apportée à la population.

Le centre servira aussi aux médias d'informations internationaux qui recherchent des informations sur Haïti, et servira à terme à produire et à répandre les nouvelles par l'embauche de journalistes de la presse écrite haïtienne. Le centre disposera aussi d'installations pour journalistes en détresse.

Les installations des stations de télévision « Tele Ginen » et « Canal 11 » et de la station de radio « Magik 9 », de Port-au-Prince, ont été détruites, rapporte RSF. Un caméraman de Tele Ginen a perdu la vie, disent le CPJ et RSF. D'après RSF, « Radio Ibo » a subi des dommages et est incapable de radiodiffuser, mais trois autres stations de radio continuent à fonctionner après le tremblement de terre. Les bureaux des journaux « Le Nouvelliste » et « Le Matin » sont toujours debout, et le personnel a survécu, mais le rédacteur en chef du « Nouvelliste » est porté manquant. On croit qu'un journaliste qui collabore au « Ticket Magazine » a perdu la vie.

Une semaine après le tremblement de terre, 20 stations de radio fonctionnent de nouveau, dont celle de la mission de l'ONU, grâce à l'aide de techniciens étrangers et de Radio France, rapporte RSF. D'autres stations de radio dans le pays ont survécu mais leur équipement a été gravement endommagé. De nombreuses stations de radio communautaire ont été entièrement détruites.

L'Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC) procède à une évaluation urgente de la situation de la radiodiffusion communautaire dans les zones en crise et s'occupe de mobiliser des ressources et de l'aide technique. L'AMARC appelle les radiodiffuseurs communautaires à soutenir l'effort d'aide internationale en organisant des appels en ondes.

Une équipe de spécialistes des médias d'Internews, de techniciens radio et d'experts de la liaison humanitaire se dirige vers Haïti afin de déterminer les dommages qui ont été infligés à l'infrastructure médiatique. Ils apportent aussi de l'équipement portatif de radiodiffusion qu'il est possible d'utiliser pour transmettre rapidement des informations d'urgence. Internews a collaboré récemment à un projet avec 40 stations de radio communautaire à travers le pays.

La Fédération internationale des journalistes (FIJ) mobilise ses membres dans les Amériques afin d'apporter de l'aide aux travailleurs des médias en Haïti. Le « Sindicato Nacional de Trabajadores de la Prensa » (SNTP), groupe de la République dominicaine affilié à la FIJ, aide à enquêter sur la situation des journalistes en Haïti.

RSF « espère faire entrer dans le pays des médias d'informations qui apportent une aide importante à Haïti, comme le Canada, le Brésil, les États-Unis et la France, pour qu'ils deviennent les commanditaires financiers et logistiques des médias haïtiens qui doivent être reconstruits ».

Pour faire un don au CPJ, prière d'aller à : http://cpj.org/blog/2010/01/how-to-help-journalists-in-haiti.php

Pour donner de l'équipement à l'AMARC, contacter : secretariat (@) si.amarc.org
Pour venir en aide aux efforts de secours à la radio communautaire en Haïti, aller à : http://visa.amarc.org/?pd=Haiti%20Radios

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