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La libre expression est en danger depuis le coup d'État

Les journalistes sont harcelés depuis le coup d'État au Honduras
Les journalistes sont harcelés depuis le coup d'État au Honduras

AP via CPJ

Depuis l'expulsion du pouvoir du président Manuel Zelaya le 28 juin, les nouvelles autorités harcèlent les journalistes et en ont brièvement détenu quelques-uns; elles sont intervenues auprès de plusieurs médias électroniques et ont imposé un couvre-feu de 48 heures, ce qui fait courir de graves dangers à la libre expression, disent le membre de l'IFEX au Honduras, le Comité por la Libre Expresíon (C-Libre), la Société interaméricaine de la presse (SIP) et d'autres groupes membres de l'IFEX.

Après l'arrestation de Zelaya par l'armée et son expulsion hors du pays, Roberto Micheletti a été assermenté au Congrès comme président du Honduras et on a décrété un couvre-feu de deux jours. Zelaya voulait tenir un référendum pour modifier la constitution, afin d'éliminer la limite aux mandats présidentiels et de lui permettre de tenter d'être réélu pour un second mandat.

Dès la proclamation de l'état d'urgence, la Commission nationale des télécommunications (CONATEL) a bloqué les transmissions de télévision par câble, ce qui a eu des répercussions sur les stations de télévision internationales, comme CNN Español, Telesur et Cubavisión Internacional, indique C-Libre.

La chaîne de télévision Canal 8 a quitté les ondes tôt dimanche matin jusqu'à tard lundi soir, tandis que la chaîne de télévision privée Canal 36, qui appuyait Zelaya, n'était pas revenue en ondes mardi après-midi, rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

D'après C-Libre, les délestages de courant ordonnés par le gouvernement ont empêché la retransmission des émissions de radio et de télévision, comme celles de la populaire station nationale Radio Cadena Voces. Les lignes téléphoniques et l'accès à l'Internet ont également été coupés, et les signaux des téléphones mobiles ont été constamment interrompus.

Par ailleurs, des journalistes rapportent avoir été agressés pendant qu'ils travaillaient. Selon Reporters sans frontières (RSF), dans la ville septentrionale d'El Progreso, environ 25 soldats ont fait irruption dans les studios de Radio Progreso, une station affiliée à l'Association latino-américaine d'éducation radiophonique, quatre heures après le coup d'État, et ont forcé les employés à cesser de travailler. Le directeur de la station, Ismael Moreno, a indiqué dans une déclaration que l'intervention de résidents locaux avait empêché une violence plus grave. Radio Progreso n'est toujours pas revenue en ondes.

D'autres journalistes sont détenus arbitrairement. Le 29 juin, au moins 10 soldats armés de fusils ont détenu trois journalistes du réseau de télévision régionale Telesur, basé au Venezuela, et quatre journalistes et travailleurs des médias de l'Associated Press, dans leur hôtel de Tegucigalpa, selon ce que rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). On les a emmenés dans un bureau de l'immigration, puis on les a libérés quelque temps plus tard.

D'après le CPJ, Telesur rapporte que certains hauts responsables de l'armée hondurienne ont dit que les journalistes étaient détenus par « mesure de sécurité ».

Adriana Sivori, journaliste de Telesur, a déclaré à ARTICLE 19 après avoir été relâchée « Ils nous ont arrêtés sans aucune provocation et n'ont fourni aucune explication; on avait l'impression d'être revenus aux dictatures des années 1980. »

À l'heure actuelle, au moins sept travailleurs des médias sont portés disparus, dit ARTICLE 19, et d'autres ont été menacés, dont Gustavo López, de C-Libre.

La SIP demande que les autorités honduriennes annulent le couvre-feu pour les journalistes locaux et étrangers, « dont le travail doit être respecté, pour que les citoyens et la communauté internationale puissent être vraiment informés ».

Par ailleurs, les médias locaux se sont plaints que des manifestants à Tegucigalpa et à San Pedro Zula, opposés au renversement de Zelaya, ont attaqué et insulté des reporters et des photographes et ont détruit des kiosques à journaux.

« La Prensa » de San Pedro Sula a déclaré qu'« un groupe composé de reporters, de photographes et de chauffeurs du journal a été menacé tandis qu'il s'affairait à couvrir la crise dans le pays » et qu'ils ont été photographiés par des manifestants qui ont tenté de s'emparer de leur équipement, pendant que la foule s'attaquait à une camionnette de distribution, dit la SIP.

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