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Les violations de la liberté de la presse continuent dans le sillage du coup d'État

Le 5 juillet 2009, des milliers de manifestants se sont rassemblés autour de l'aéroport de Tegucigalpa pour accueillir le président Manuel Zelaya, évincé du pouvoir. Les troupes de l'armée ont bloqué les pistes, empêchant Zelaya d'atterrir
Le 5 juillet 2009, des milliers de manifestants se sont rassemblés autour de l'aéroport de Tegucigalpa pour accueillir le président Manuel Zelaya, évincé du pouvoir. Les troupes de l'armée ont bloqué les pistes, empêchant Zelaya d'atterrir

Stephen Ferry/Human Rights Watch

Tandis que règne une atmosphère de harcèlement continu des médias depuis le coup d'État, un correspondant de Radio América a été tué par un inconnu le 3 juillet dans le nord du Honduras, rapportent le Comité por la Libre Expresión (C-Libre), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF). Bien que l'homicide puisse ne pas être relié à la crise, la liberté de la presse continue de pâtir dans le sillage du coup d'État, disent les membres.

Gabriel Fino Noriega, qui travaillait aussi pour la Chaîne 9 et la station de radio locale Estelar, a été abattu tandis qu'il quittait Estelar à San Juan Pueblo, département d'Atlántida, dit C-Libre. Selon la police locale, il a été atteint de onze projectiles d'arme à feu et il a succombé pendant son transport à l'hôpital.

La crise politique qui suit l'éviction du pouvoir du président Manuel Zelaya le 29 juin affecte gravement le climat de la liberté de la presse au Honduras mais, dit le CPJ, les premières dépêches n'ont pas établi de lien entre le meurtre et le coup d'État, d'après la station hondurienne Radio América.

Le bureau de Radio América à Tegucigalpa a cependant été lui-même attaqué à coups d'explosifs la semaine dernière, et une grenade a été lancée contre le quartier général de la Chaîne 11, le 4 juillet dans la capitale, indiquent C-Libre et RSF.

« La pression est tellement forte que si nous faisons même une erreur dans le nombre de personnes qui participent à une marche, nous devenons la cible de menaces par messages et appels téléphoniques. La situation est difficile, sans comparaison avec ce que nous avons connu auparavant dans notre vie comme journalistes », dit Nancy Jhon, journaliste à la Chaîne 11.

Un grand nombre des stations qui n'ont pas appuyé le coup d'État ont été retirées des ondes, forcées de consacrer une couverture importante aux manifestations en faveur du nouveau gouvernement, ou sont harcelées par l'armée.

Nahún Palacios, directeur de la Chaîne 5 à la télévision, a déclaré que les forces de sécurité l'avaient agressé lors d'une descente à sa station le 30 juin, tandis qu'elles saisissaient son équipement et détruisaient les installations, après qu'il eut retransmis des images de manifestations en faveur de Zelaya, rapporte C-Libre.

Palacios craint pour sa vie. « Des individus armés ont pris mes enfants, ils ont investi ma maison », a-t-il dit. « Au Honduras, nous avons perdu les garanties constitutionnelles reconnues aux citoyens. La personne ne vaut rien. Personne ne peut parler de quoi que ce soit. »

Plus tard, les forces armées ont convoqué les journalistes locaux pour les mettre en garde de ne pas parler du coup d'État.

Le reporter Luis Galdamez, qui anime une émission à la station indépendante Radio Globo Honduras, est de retour en ondes mais l'armée lui a dit de ne pas critiquer le nouveau gouvernement. D'après RightsAction.org, il refuse de rester silencieux, mais il a peur. « Chaque jour je reçois des menaces de mort. Je ne lis même plus mes messages textes, ils sont si grotesques », dit-il.

La réprobation internationale du coup d'État a été prompte et quasi unanime, tandis que les pays ont isolé la direction intérimaire. L'Organisation des États américains a adopté le 4 juillet une résolution par laquelle le Honduras est suspendu de l'OEA.

Zelaya a tenté le 5 juillet de rentrer au pays, mais l'armée a empêché son avion d'atterrir et a tenu à l'écart plus de 100 000 de ses partisans. Deux manifestants ont été tués et au moins dix autres personnes ont été blessées dans les affrontements, selon ce que rapporte Human Rights Watch.

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