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Autre ronde de violence contre les médias dans le sillage du coup d'État

Les Honduriens continuent de protester contre le coup d'État du 28 juin
Les Honduriens continuent de protester contre le coup d'État du 28 juin

Indymedia Honduras

Près de deux mois après l'enlèvement du palais présidentiel et l'expulsion du pays du président de gauche du Honduras, Manuel Zelaya, les journalistes et les activistes continuent de payer le prix, disent le Comité por la Libre Expresión (C-Libre), la Société interaméricaine de la presse (SIP) et d'autres groupes membres de l'IFEX.

La police et des officiers de l'armée ont une nouvelle fois attaqué des journalistes et des opérateurs de caméra le 12 août à Tegucigalpa tandis que ceux-ci couvraient une manifestation de protestation contre le coup d'État, rapporte C-Libre.

Richard Esmith Cazula, opérateur de caméra pour « Canal 36 », a été frappé et son appareil a été détruit. « Je filmais la manifestation de partisans de la résistance lorsqu'une unité de commando et des officiers de l'armée m'ont frappé à la jambe gauche avec un bâton puis ont frappé ma caméra vidéo », a-t-il dit à C-Libre.

La journaliste de Telesur Madelin García a rapporté à C-Libre qu'un officier supérieur de la police l'a menacée et prévenue de ne publier ni photographier quoi que ce soit. « Il a dit que c'était la faute aux journalistes si le pays se trouvait dans la situation actuelle », a-t-elle dit.

Lors d'un autre incident survenu le 14 août, Gustavo Cardoza, reporter à la station « Radio Progreso », une station de radio dirigée par les Jésuites, a été agressé par une demi-douzaine d'officiers de police, tandis qu'il couvrait l'éviction de partisans de Zelaya de leurs domiciles de Choloma, dans le nord-est du pays, indique Reporters sans frontières (RSF).

D'autres journalistes se sont plaints d'avoir subi des violences physiques, d'avoir été arrêtés sans raison, de s'être fait confisquer leur équipement et de s'être vu refuser l'accès aux dirigeants depuis le coup d'État du 28 juin.

Des adversaires du coup d'État se trouvent aussi derrière certains attentats. Le 15 août, des inconnus, qui seraient des militants de l'opposition, ont lancé cinq cocktails Molotov sur l'immeuble qui abrite le journal « El Heraldo », partisan déclaré du président de facto Roberto Micheletti, provoquant des dommages à la structure. D'après C-Libre, quatre autres médias ont subi des attentats à la bombe.

Par ailleurs, la veille, des hommes masqués et lourdement armés ont mis le feu à la camionnette de « La Tribuna » tandis qu'elle distribuait des exemplaires de ce journal favorable à Micheletti, dit la SIP.

« Le gouvernement de facto récolte ce qu'il a semé quand il a déclaré la guerre aux médias au moment du coup », dit RSF, qui invite aussi les groupes d'opposition à s'abstenir de se livrer à « la violence physique contre les médias qui soutiennent le gouvernement de facto ou contre les employés de ces médias ».

Plus tôt ce mois-ci, des membres du bureau d'Amérique latine et des Caraïbes de l'Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC-ALC) sont partis, conjointement avec le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la libre expression, Frank La Rue, en mission internationale afin d'évaluer directement la situation des médias communautaires et des autres mouvements sociaux depuis le coup d'État.

« Nous pensons qu'il est urgent de faire savoir au monde que les autorités sont en train de dépouiller les Honduriens de leurs droits de communication et à la liberté d'expression », a déclaré au président Zelaya la présidente de l'AMARC-ALC, María Pía Matta, lorsqu'elle lui a présenté les conclusions de l'AMARC-ALC.

« Cette situation est encore aggravée du fait de la complicité des grands médias, qui travaillent pour les intérêts du gouvernement illégitime », a-t-elle ajouté.

Zelaya a déclaré qu'il s'assurerait que le rapport de l'AMARC-ALC serait déposé devant la Commission interaméricaine des droits de l'homme.

D'après un article d'opinion publié dans le « Guardian », bien qu'officiellement la condamnation internationale ait été presque universelle, personne à l'extérieur de l'Amérique latine n'a levé le petit doigt afin de restaurer la direction légitimement élue du Honduras.

Cette situation résulte en grande partie du refus des États-Unis de suspendre l'aide militaire et d'imposer des sanctions, fait valoir l'article, en raison des liens étroits qui existent entre le Honduras et l'armée et l'État américains, ainsi qu'avec des intérêts commerciaux privés.

Des journalistes et des représentants de la société civile du Honduras étaient invités à une réunion en juillet à Ciudad Guatemala, où ARTICLE 19 et d'autres groupes de défense des droits basés en Amérique centrale ont inauguré la toute première plate-forme d'action destinée à renforcer la liberté d'expression dans la région. Cette plate-forme demande une action coordonnée autour d'initiatives locales, la promotion de la réforme juridique et des mécanismes en vue de rapporter et de condamner les violations de la libre expression.

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  • Nouveau pic d'agressions contre la presse

    Les attaques contre des médias communautaires ou éducatifs sont un signe de plus de l'aggravation de la situation générale de la liberté de la presse, a déclaré RSF.



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