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Le meurtre d'un journaliste met en lumière le statut du pays comme l'un des pires pour la presse

Un journaliste qui couvrait les affaires de corruption et les litiges fonciers locaux a été abattu la semaine dernière au Honduras. Il est le dixième journaliste assassiné depuis mars 2010, selon ce que rapportent l'Observatorio Latinoamericano para la Libertad de Expresión (OLA) et d'autres groupes membres de l'IFEX. Pas un seul de ces dix meurtres n'a été résolu, ce qui intervient dans l'évaluation du statut du Honduras comme l'un des pays les plus dangereux du monde pour les journalistes.

Héctor Francisco Medina Polanco, qui produisait et animait l'émission de nouvelles « TV9 » pour la société de télévision par câble Omega Visión, a été abattu à l'extérieur de son domicile de Morazán le 10 mai par au moins deux inconnus qui l'avaient suivi. Il a succombé le lendemain à des complications.

Le journaliste de 35 ans était connu de la communauté locale pour ses révélations sur la corruption qui auraient impliqué le bureau du maire de Morazán. Il couvrait également les litiges fonciers impliquant des propriétaires locaux de ranches.

Le frère de Medina Polanco, Carlos Alberto, a déclaré à l'OLA que Héctor Francisco avait été menacé à plusieurs reprises au cours des six derniers mois et avait signalé les menaces aux autorités, tant nationales qu'internationales.

« Il est inacceptable que Medina Polanco ait rapporté avoir été menacé et qu'il n'ait pas reçu de protection », dit le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

L'an dernier, la Société interaméricaine de la presse (SIP) avait recommandé que le gouvernement hondurien adopte des mesures spéciales pour combattre la violence contre la presse et l'impunité, comme la mise sur pied du bureau d'un procureur public spécial chargé de s'occuper des délits commis contre les journalistes, des pressions en faveur d'une compétence judiciaire spéciale, et l'application de peines plus sévères pour ce type de crimes.

Aucune information n'a été divulguée non plus concernant les résultats des enquêtes sur les meurtres des dix journalistes, indique Reporters sans frontières (RSF).

« Sans mesures efficaces, non seulement le problème de l'impunité n'est-il pas résolu, mais cette spirale de la violence qui restreint la liberté de la presse se poursuivra », dit la SIP.

Le CPJ a recensé récemment une série d'attaques contre les journalistes à travers le pays. En avril, Arnulfo Aguilar, directeur de Radio Uno, basée à San Pedro Sula, a été pris dans une embuscade par un groupe d'hommes armés à l'extérieur de chez lui. En mars, au moins sept journalistes, qui couvraient une protestation d'enseignants qui durait depuis des semaines, ont dû subir du harcèlement, des attaques et la détention. Plus tôt au début de mars, le directeur de Radio Voz de Zacate Grande, Fanklin Mendez, a reçu un projectile à la jambe à cause de la couverture critique par la station de disputes foncières dans la région.

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