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Un nombre sans précédent d'arrestations de suspects en rapport avec le meurtre d'un journaliste

Reporters sans frontières (RSF) et le Comité por la Libre Expresión (C-Libre), membre de l'IFEX au Honduras, saluent l'arrestation sans précédent de 10 suspects liés à l'enlèvement et au meurtre d'un reporter de la radio dont le cadavre a été retrouvé le mois dernier.

Alfredo Villatoro, qui était directeur de radio à HRN, l'une des plus anciennes stations de radiodiffusion du pays, avait eu les yeux bandés et avait été abattu de deux projectiles à la tête. Son corps, découvert le 15 mai dans une rue passante près de la capitale, était revêtu d'un uniforme de la police.

Dans le sillage du brutal assassinat de Villatoro, des milliers de personnes étaient descendues dans les rues à travers le pays pour protester contre une vague de meurtres de journalistes survenue au Honduras, rapporte RSF. Villatoro est le second reporter tué le mois dernier après que le journaliste et défenseur des droits des gais Erick Martinez eut été assassiné le 7 mai, dit C-Libre.

Selon les membres de l'IFEX, plus de 20 reporters ont été tués au Honduras depuis le coup d'État de 2009 qui a renversé le Président Manuel Zelaya. Aucun de ces meurtres n'a été résolu.

Devant les protestations grandissantes et la condamnation internationale, « la police et les autorités nationales ont agi promptement », dit le « Guardian ».

D'après les dépêches, cinq suspects - deux femmes et trois hommes, dont l'âge varie entre 15 et 29 ans - ont été arrêtés la semaine dernière. Un fusil-mitrailleur AK47, des fusils, des armes de poing et des munitions ont été trouvés dans leurs domiciles et deux voitures, que l'on croit être liées à l'enlèvement, ont été saisies.

Tout cela survient quelques jours après l'arrestation de trois autres personnes en rapport avec l'enlèvement et le meurtre, indiquent les membres de l'IFEX. Deux détenus sont également interrogés après un appel à la famille de Villatoro, effectué à partir d'un téléphone mobile situé dans la prison, dit RSF. Une des personnes arrêtées serait un officier de police, précise RSF.

D'après le « Guardian », ces derniers jours le gouvernement du Honduras a également annoncé son intention de mettre sur pied un plan d'urgence de protection nationale pour les journalistes qui courent des risques. La ministre de la Justice Ana Pineda a déclaré que le plan était conçu pour « assurer une sécurité convenable afin de permettre aux journalistes de travailler à l'abri des menaces et de l'intimidation ».

Les journaux, eux aussi, se sont joints à l'appel à l'action contre les trafiquants de drogue, les gangs criminels et les forces politiques qui, depuis le coup d'État, ont instauré parmi les journalistes honduriens un climat de peur et d'intimidation.

Le 28 mai, « La Prensa », un important quotidien hondurien, a publié un reportage intitulé « Assez, c'est assez ! » dans lequel il exigeait le droit d'« exercer notre vocation et la liberté de montrer aux Honduriens la réalité telle qu'elle est ».

D'après l'ONU, le Honduras avait en 2011 le taux d'assassinat le plus élevé du monde, avec 86 homicides par année par tranche de 100 000 habitants - ce qui est à peu près 20 fois supérieur à celui des États-Unis.

L'arrestation des suspects annonce peut-être un changement de volonté politique au Honduras. D'autres suspects ont aussi été arrêtés dans deux autres affaires, rapporte C-Libre. L'ancien officier de police David Lanza Valdez a été arrêté en rapport avec le meurtre, en août 2010, du journaliste Israel Zelaya Díaz. En outre, à Colón, Gabriel Menocal Vargas a été arrêté pour le meurtre du journaliste Fausto Elio Hernández, tué à coups de machette en mars.

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