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L'Europe proteste contre la nouvelle loi sur les médias

Lors d’une séance plénière de l’UE du 19 janvier, les députés du Parlement européen ont montré leur désapprobation de la nouvelle loi hongroise sur les médias en se couvrant la bouche avec du ruban et en tenant des banderoles sur lesquelles on pouvait lire « censuré ».
Lors d’une séance plénière de l’UE du 19 janvier, les députés du Parlement européen ont montré leur désapprobation de la nouvelle loi hongroise sur les médias en se couvrant la bouche avec du ruban et en tenant des banderoles sur lesquelles on pouvait lire « censuré ».

European Union 2011 PE-EP

Tandis que la Hongrie assume la présidence par alternance de l'Union européenne, les politiciens de l'Union, les journalistes et un certain nombre de membres de l'IFEX se sont groupés contre le refus obstiné du pays d'abolir sa nouvelle loi sur les médias, rapportent l'Institut international de la presse (IIP), son groupe affilié, l'Organisation des médias du Sud‑Est de l'Europe (South and East Europe Media Organisation, SEEMO), et d'autres membres de l'IFEX.

Lors d'une séance plénière à Strasbourg la semaine dernière où on discutait des priorités du président de la Hongrie pour les six prochains mois, le Premier ministre de la Hongrie Viktor Orban a fait face à quelques députés européens qui ont marqué leur désapprobation en se couvrant la bouche avec un ruban et en brandissant des banderoles sur lesquelles on pouvait lire « censuré ».

C'était la dernière en date d'une série d'actions conçues pour alerter l'opposition à la nouvelle loi de la Hongrie sur les médias, qui est entrée en vigueur le 1er janvier.

La loi prévoit la mise sur pied d'un conseil des médias désigné par le gouvernement et chargé d'assurer un journalisme « équilibré », et exige que tous les types de médias soient enregistrés, y compris les médias en ligne comme les forums et les blogues. Les stations de radio et de télévision qui contreviennent à la loi sont passibles d'amendes pouvant atteindre 730 000 euros (975 000 $US), dit l'IIP.

Des milliers de Hongrois ont protesté contre la loi le 14 janvier devant le parlement, exigeant que le gouvernement retire la législation. D'après les dépêches, les organisateurs ont aussi lancé sur Facebook un mouvement de défense de la liberté de la presse. Jusqu'à maintenant, plus de 70 000 personnes se sont joints sur la page.

Les pays d'Europe - soucieux que la loi n'entraîne un effet domino - se sont emparés de l'affaire. Des Slovaques qui protestaient devant l'ambassade de Hongrie à Bratislava le 18 janvier ont projeté les faisceaux de lampes de poche dans les fenêtres de l'ambassade afin de « repousser les nuages » qui pèsent sur la démocratie hongroise et d'apporter la lumière sur « l'éclipse actuelle de la liberté de la presse », rapporte l'IIP.

En Autriche, le 13 janvier, onze grands journaux autrichiens ont publié un encart produit par l'IIP, Reporters sans frontières (RSF) et le syndicat autrichien des journalistes (GPA) - qui demande au gouvernement hongrois de retirer la législation.

« Cette déclaration constitue également un message à tous les politiciens autrichiens qui tentent de temps en temps de promouvoir des lois qui réduisent la liberté des médias », dit l'IIP.

D'après le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), la Commissaire de l'Union européenne en charge de la société numérique, Neelie Kroes, s'est révélée une alliée inattendue. Lors d'une réunion des députés européens, elle a déclaré qu'« à part certaines questions spécifiques concernant la directive sur les services des médias audiovisuels, la nouvelle loi sur les médias soulève des questions politiques plus vastes concernant la liberté d'expression ».

« J'ai pleinement confiance », a-t-elle ajouté, « que la Hongrie, étant un pays démocratique, prendra toutes les mesures nécessaires pour assurer que la nouvelle loi sur les médias sera mise en oeuvre dans le respect entier des valeurs européennes concernant la liberté des médias et les lois pertinentes de l'Union européenne. »

Le Premier ministre Orban - qui a pu faire adopter la législation au parlement avec l'appui de son parti Fidesz, qui dispose des deux tiers des sièges - a défendu vigoureusement la nouvelle loi sur les médias, faisant valoir qu'elle était d'une importance vitale pour remplacer l'ancienne, qui avait été conçue sous le régime communiste.

Après des pourparlers avec le Président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso ce mois-ci, Orban a dit qu'il était disposé à modifier la loi si les experts juridiques de l'Union y relevaient des carences. Mais Orban a dit avoir confiance que la loi ne violait aucune des lois de l'Union européenne. Bruxelles entame actuellement une révision juridique.

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