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Une loi répressive sur les médias musèle la presse; des milliers de personnes descendent dans la rue pour protester

Trente mille personnes sont descendues dans la rue hier à Budapest pour exprimer leur soutien à la liberté de la presse après que le parlement hongrois eut modifié le 7 mars une loi controversée sur les médias. Cette loi permet de condamner les gens à une amende de 100 000 euros, d'interdire les médias et de dicter leur contenu - et elle est placée sous le contrôle d'un Conseil des médias composé de personnes désignées par le parti au pouvoir, selon ce que rapportent le Réseau du Sud‑Est de l'Europe pour la professionnalisation des médias (South East European Network for Professionalization of Media, SEENPM), l'Organisation des médias du Sud‑Est de l'Europe (South East Europe Media Organisation, SEEMO), groupe affilié à l'Institut international de la presse (IIP), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF).

Vue panoramique de la marche du 15 mars à Budapest
Szigeti Àdàm / www.szigetiadam.hu

La loi est entrée en vigueur le 1er janvier, le même jour où la Hongrie assumait la présidence de l'Union européenne. Ce jour-là l'éminent quotidien hongrois « Népszabadság » n'a publié sur sa une qu'une seule phrase dans les 22 langues officielles de l'Union européenne : « La liberté de la presse en Hongrie a cessé d'exister », écrit Péter Zilahy dans « The Guardian ». Le 14 janvier, disent les dépêches, environ 10 000 manifestants sont sortis pour protester contre la loi sur les médias.

Bien que les modifications aient été apportées à la loi pour répondre aux critiques formulées par l'Union européenne, les changements ne sont pas conformes aux engagements pris par la Hongrie au chapitre de la liberté de la presse en tant que membre de l'UE, du Conseil de l'Europe et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), disent les membres de l'IFEX.

Les changements ont été apportés de façon que les droits restrictifs des autorités hongroises à l'égard des médias internationaux présents en Hongrie sont amoindris. La loi a éliminé l'exigence que les services offerts sur demande, tels que les sites Internet et les blogues, présentent une couverture équilibrée des nouvelles; mais cette exigence demeure pour la presse écrite et la radiotélédiffusion. De plus, un interdit concernant le contenu offensant a été amoindri - mais non pas éliminé.

« En dépit des changements, certains éléments de la législation qui restent en place continuent de menacer la liberté de la presse », dit l'IIP-SEEMO. Au cours de la dernière année, l'IIP-SEEMO et le SEENPM ont suivi de près les mesures successives mises en place pour restreindre la liberté des médias.

« La législation peut toujours être mal utilisée pour limiter les voix alternatives et divergentes en dépit des modifications adoptées à la suite d'une requête de la Commission européenne », dit Dunja Mijatovic, Représentante de l'OSCE pour la liberté des médias.

L'analyse du CPJ conclut que la loi contient une terminologie ambiguë destinée à être interprétée et appliquée par l'Autorité des médias de Hongrie. La loi dispose que les journalistes doivent respecter la « moralité publique » et la « dignité humaine » sinon ils risquent de lourdes amendes, rapporte RSF.

La loi, qui couvre la presse écrite et la radiotélédiffusion, prévoit de très fortes amendes et pénalités (qui vont jusqu'à la suspension de la programmation) pour divers médias contrevenants, et impose des exigences excessives en matière d'enregistrement, dit le CPJ. Elle réglemente le contenu des médias nationaux, et vise également le contenu « destiné au territoire de la Hongrie ».

RSF fait remarquer que les amendements à la loi n'assurent toujours pas la protection des sources des journalistes. Les médias peuvent en outre être suspendus en cas de violation de la loi.

L'Autorité des médias se compose de personnes désignées par le parlement hongrois, actuellement composé lui-même aux deux tiers de députés du parti du Premier ministre Viktor Orban, le parti Fidesz. Aux termes de la loi, cet organisme a le droit d'exiger des médias n'importe quel document confidentiel - et si ces documents ne sont pas remis ils s'exposent à une amende de 100 000 euros, selon ce que rapporte RSF.

Une coalition de groupes comprenant notamment l'IIP-SEEMO et le SEENPM vient de créer un site web destiné à fournir des renseignements pertinents sur la situation des médias en Hongrie, grâce à une liste d'événements reliés à la loi sur les médias. Veuillez consulter : la liberté de la presse en Hongrie : http://www.hungarypressfreedom.org/

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