RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Une mission internationale dénonce la législation et la réglementation injustes sur les médias

Aidan White, qui présidait la mission internationale
Aidan White, qui présidait la mission internationale

SEENPM

Le Réseau du Sud Est de l'Europe pour la professionnalisation des médias (South East European Network for Professionalization of Media, SEENPM) et onze autres groupes membres et partenaires de l'IFEX ont effectué une mission internationale en Hongrie du 14 au 16 novembre, quelques semaines à peine après qu'une foule estimée à près de 100 000 personnes se fut rassemblée dans les rues pour exiger le pluralisme dans les médias.

Lors d'une conférence de presse publique tenue le 16 novembre, les délégués de la mission ont conclu que la législation du pays sur les médias ne répond pas aux normes européennes et internationales de base, et que sa réglementation et son régime d'attribution des permis pourraient miner la diversité et la qualité du paysage médiatique.

Les membres de l'IFEX et les groupes affiliés, dont l'Organisation des médias du Sud Est de l'Europe (South East Europe Media Organisation, SEEMO), un groupe affilié à l'Institut international de la presse (IIP), ARTICLE 19, Freedom House, le Centre du journalisme indépendant (IJC) de Moldavie, Index on Censorship et la Fédération européenne des journalistes (FEJ) ont tous participé à la mission, qui était organisée par le SEENPM, et qui incluait en outre de nombreux groupes de la société civile hongroise. En Hongrie les participants ont rencontré des journalistes ainsi que des avocats, des défenseurs de la liberté d'expression et des représentants de l'autorité des médias et du gouvernement.

La législation hongroise sur les médias, en vigueur depuis janvier, s'est attiré de fortes critiques à l'échelle internationale, y compris de la part de politiciens de l'Union européenne et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), ont constaté les délégués de la mission. Aux termes de la législation, l'organisme de contrôle des médias, dont les membres sont désignés par le parti au pouvoir, peut imposer de lourdes amendes à partir de vagues allégations, notamment une couverture médiatique « non équilibrée » ou « insultante ». Entre autres insuffisances, la nouvelle législation hongroise sur les médias limite les possibilités de revue des décisions prises par l'autorité des médias et le conseil des médias. Elle habilite en outre les autorités – contrairement aux normes juridiques internationales – à contraindre les journalistes à révéler leurs sources, a conclu la mission.

D'après Aidan White, qui présidait la mission internationale, le strict environnement réglementaire, ainsi que la « détérioration des conditions économiques, les changements technologiques et la concentration de la propriété des médias », ont créé « une tempête parfaite qui menace le journalisme indépendant » en Hongrie.

Le 25 octobre, près de 100 000 personnes ont défilé au cours d'une manifestation organisée sous le thème « Un million de personnes pour la liberté de la presse » pour dénoncer la réglementation et la législation hongroises hostiles à la libre expression, selon ce que rapporte la Fédération européenne des journalistes, qui appuyait les manifestants. Les organisateurs ont distribué environ 50 000 « cartes de presse » symboliques afin de sensibiliser les gens à l'importance de l'indépendance, de la liberté et de la diversité dans les médias.

La FEJ a également condamné la position « timide jusqu'à présent » de l'UE face à la non-observation par la Hongrie des normes européennes en matière de libre expression.

Dernier Tweet :

Press freedom violations recounted in real time January 2018 https://t.co/1zydy5aoyg @RSF_inter https://t.co/Y5s0fs4g3n