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Un journaliste accusé de sédition après avoir exposé la police locale

(RSF/IFEX) - Depuis plus de trois semaines, Laxman Choudhury, journaliste du quotidien "Sambad", est emprisonné à Bhubaneswar dans la province d'Orissa (Est). Arrêté en possession de tracts maoïstes par les forces de police locale, dont il a dénoncé le lien avec le crime organisé, le journaliste risque d'être jugé pour "sédition".

"L'arrestation du journaliste par la police de Gajapati est arbitraire et injustifiable. Elle constitue une violation de la Constitution indienne. Laxman Choudhury est victime d'un acte de vengeance des autorités locales, inquiétées par les révélations du journaliste. Nous appelons les autorités indiennes à le libérer immédiatement et à ne pas retenir de charges à son encontre," a déclaré Reporters sans frontières.

Le 20 septembre 2009, Laxman Choudhury a été arrêté en possession de tracts maoïstes qui lui avaient été envoyés par la poste.

Contacté par Reporters sans frontières, Sampad Mohapatra, chef de bureau de la chaîne de télévision privée NDTV en Orissa, a déclaré : "Avec cette arrestation, la police a tenté de lui donner une leçon pour avoir dénoncé ses connivences avec la mafia locale. En vérité, Laxman avait reçu des tracts comme une douzaine d'autres journalistes, moi y compris. Les maoïstes envoient régulièrement leurs communiqués de presse et leurs tracts aux reporters. Le fait d'en posséder ne peut en aucun cas être considéré comme preuve de liens avec les maoïstes."

Le 9 octobre, une délégation de quatre journalistes avait pu rencontrer le ministre en chef de l'Etat d'Orissa (chief minister), Naveen Patnaik, qui avait promis qu'une enquête serait ouverte sur la base des déclarations du journaliste. Laxman Choudhury a été accusé de "sédition" et de "mener une guerre contre l'Etat". L'affaire a été portée devant la Haute Cour de l'Etat d'Orissa.

Pour sa part, Sampad Mohapatra estime que : "Laxman n'a fait que son travail de journaliste et (qu'il) ne mérite pas un tel traitement." Il a ajouté : "Nous condamnons les actions de la police et attendons du gouvernement qu'il fasse preuve de responsabilité envers les professionnels des médias."

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