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Les membres de l'IFEX appellent à la protection des journalistes à la suite d'une semaine meurtrière pour les médias

Le vétéran chroniqueur judiciaire Jyotirmoy Dey, de l’Inde, est un des quatre journalistes tués dans la région la semaine dernière
Le vétéran chroniqueur judiciaire Jyotirmoy Dey, de l’Inde, est un des quatre journalistes tués dans la région la semaine dernière

Les journalistes viennent de traverser une autre semaine meurtrière en Asie, alors qu'au moins trois d'entre eux ont été tués dans des incidents distincts au Pakistan, en Inde et aux Philippines. Avec un bilan catastrophique quand il est question de traduire en justice les assassins de journalistes - ces trois pays sont classés dans l'Index de l'Impunité du Comité pour la protection des journalistes (CPJ) - les perspectives sont lugubres pour ces dernières victimes, disent les membres de l'IFEX, qui demandent de nouveaux moyens pour s'attaquer au problème de la sécurité des journalistes et contrer l'impunité.

Suivant un modus operandi devenu par trop familier dans les provinces des Philippines, le commentateur radio Romeo Olea a été abattu de deux projectiles dans le dos le 13 juin à Iriga City, province de Camarines Sur, tandis qu'il se rendait au travail à motocyclette, selon ce que rapporte le Centre pour la liberté et la responsabilité des médias (Center for Media Freedom and Responsibility, CMFR). Olea animait l'émission de nouvelles « Anything Goes » à la radio dwEB, et abordait souvent des questions portant sur le gouvernement municipal.

D'après les dépêches, la femme d'Olea a rapporté qu'il avait reçu des menaces de mort récemment.

L'assassinat d'Olea, s'il est relié à son travail, serait le quatrième d'un journaliste ou d'un artisan des médias tué dans l'exercice de ses fonctions sous le gouvernement de Benigno Aquino III, précise le CMFR. Le premier homicide lié au travail sous Aquino a été celui d'un autre communicateur de dwEB, Miguel Belen, blessé le 9 juillet 2010 et décédé le 31 juillet suivant.

Le Syndicat national des journalistes des Philippines (National Union of Journalists of the Philippines, NUJP), affilié à la Fédération internationale des journalistes (FIJ), a critiqué le gouvernement, lui reprochant de ne pas s'attaquer aux agressions incessantes contre les journalistes, en dépit de l'engagement personnel d'Aquino de protéger les droits de la personne.

Par ailleurs, dans des circonstances étrangement similaires à Mumbai, en Inde, le journaliste d'expérience et rédacteur au quotidien « Midday » chargé des enquêtes spéciales, Jyotirmoy Dey, a été abattu en plein jour le 11 juin par quatre hommes circulant à moto tandis qu'il rentrait lui-même chez lui à motocyclette, selon ce que rapportent les membres de l'IFEX de l'Asie du Sud.

Dey était un vétéran de la scène judiciaire à Mumbai et avait publié récemment plusieurs reportages exclusifs dans lesquels il avait mis à nu la puissante mafia pétrolière de Mumbai et des blanchisseurs d'argent sale, ce qui selon ses collègues pourrait lui avoir valu la colère de puissantes organisations criminelles.

D'après le CPJ, le Premier ministre de l'État de Maharashtra a rejeté les demandes des collègues de Dey de retirer l'enquête sur sa mort des mains de la police de Mumbai et de la confier au Bureau central d'enquête de l'État. Le CPJ se dit troublé par le fait que l'enquête ne prenne pas plus d'ampleur.

« Trop de journalistes indiens peuvent être assassinés sans les moindres répercussions : c'est devenu une honte nationale », dit le CPJ. « Les autorités indiennes doivent agir rapidement et s'attaquer à cette impunité. »

Et puis il y a le Pakistan, le pays le plus meurtrier pour les journalistes l'an dernier, où Asfandyar Abid Naveed, reporter au quotidien « Akhbar-i-Khyber », a été tué et où au moins six autres journalistes ont été blessés lorsque deux explosions ont ravagé le 11 juin le Supermarché Khyber, un secteur commercial et résidentiel de Peshawar, selon ce que rapporte le CPJ.

Selon la Fondation de la presse du Pakistan (Pakistan Press Foundation, PPF), 39 personnes ont été tuées et plus de cent autres blessées dans ces deux explosions. Les enquêteurs de la police croient que le premier engin, de faible intensité, était destiné à piéger et attirer la police et les journalistes qui devaient se rendre sur les lieux pour couvrir l'histoire. La deuxième explosion, selon toute vraisemblance un attentat-suicide, est survenue après que la foule se fut rassemblée.

La FIJ presse les employés des médias et leurs employeurs de prendre « des mesures urgentes » afin d'assurer la réalisation de reportages en toute sécurité au Pakistan, des mesures comme de la formation sur « le recours fréquent à la stratégie du double attentat » dans la région, et la connaissance des zones susceptibles d'être attaquées. Rien que le mois dernier, le journaliste d'enquête Nasrullah Khan Afridi a perdu la vie dans l'explosion d'une bombe qui semblait le viser, explosion survenue au même marché, indique la PPF.

Cette double explosion s'est produite au lendemain de l'échéance du 10 juin, que le Syndicat fédéral des journalistes du Pakistan (Pakistan Federal Union of Journalists, PFUJ) avait fixée au gouvernement du Pakistan pour mettre sur pied une commission judiciaire chargée de faire enquête sur l'enlèvement et le meurtre, le mois dernier, du journaliste Syed Saleem Shahzad, selon ce que rapporte le CPJ.

Le coordonnateur du programme asiatique du CPJ, Bob Dietz, recommande que l'industrie des médias tente de corriger elle-même le problème. « Le gouvernement est incapable de protéger les journalistes contre les attentats. Les propriétaires de médias, les administrateurs et les journalistes sur le terrain doivent donc s'unir rapidement et collaborer afin d'établir et d'assurer leur sécurité. »

Dietz recommande d'essayer de prévenir en tout premier lieu les décès - au moyen d'une organisation pakistanaise conçue pour compiler et surveiller les données sur les journalistes menacés ou en situation de danger immédiat.

« L'objectif serait de créer un noyau d'experts et de réunir des connaissances sur les agressions, les enlèvements et les assassinats de journalistes survenus depuis des années », indique Dietz.

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