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Des journalistes sont empêchés de couvrir les manifestations; un journaliste est assassiné

Les troupes indiennes s’en prennent aux journalistes cachemiris.
Les troupes indiennes s’en prennent aux journalistes cachemiris.

via AP

Des semaines de manifestations anti-indiennes ont fait 15 morts dans la partie du Cachemire contrôlée par l'Inde, et les autorités frappent fort par le black-out total de toute couverture locale des troubles. Les journalistes locaux sont passés à tabac par la police et empêchés de couvrir la répression des manifestants par le gouvernement, et des milliers de policiers sont déployés dans la région afin de faire respecter le couvre-feu, selon ce que rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Les autorités tentent aussi de contrôler le flux de l'information en fermant des publications et en confisquant les journaux avant leur distribution. En même temps, dans deux autres États, un journaliste a été tué et un rédacteur en chef arrêté.

Des manifestations de grande ampleur ont commencé début juin dans la vallée du Cachemire, et les villes ont été placées sous un couvre-feu pendant plusieurs jours. Les laissez-passer émis pour les journalistes la semaine dernière ont été annulés. De nouveaux laissez-passer ont été délivrés à un petit nombre de rédacteurs et à des journalistes d'expérience.

Le 9 juillet, cependant, le journaliste Riaz Masroor, du service de la BBC en langue ourdoue, a été intercepté à un point de contrôle de la police et passé à tabac tandis qu'il se rendait prendre livraison de son laissez-passer. Puis, le 6 juillet, au moins 12 photographes et cameramen qui travaillent pour des médias locaux, nationaux et internationaux ont subi de graves blessures lorsqu'ils ont été agressés par les forces de sécurité qui tentaient de les empêcher d'enregistrer les manifestations. Quelques-uns d'entre eux se sont fait confisquer leur équipement. « On a entendu des officiers supérieurs de la police remarquer que sans l'attention des médias, les manifestations perdraient rapidement de leur élan », rapporte la FIJ.

Un grand nombre des 60 journaux et plus de la région ont décidé de suspendre leur publication à cause du petit nombre de laissez-passer émis pour les employés et des attaques incessantes contre les médias.

Dans la région de Jammu, les autorités ont bouclé le 2 juillet les installations de trois publications, sous prétexte qu'elles avaient publié de faux reportages qui avaient eu pour effet d'aggraver les tensions entre les communautés religieuses. Le lendemain, deux journaux en anglais et en ourdou ont été saisis. Les services de message texte demeurent interrompus et le service téléphonique est fréquemment perturbé dans la région du Cachemire.

Mais ce ne sont pas tous les journalistes qui se voient nier l'accès à la région. Les journalistes arrivant de Delhi, la capitale, bénéficient d'une protection armée et d'une liberté de mouvement considérable, tandis que les journalistes locaux sont confinés chez eux en vertu du couvre-feu, indiquent la FIJ et le CPJ. « Les troubles en cours au Cachemire doivent être rapportés », dit la FIJ. « Mais ils doivent l'être aussi par les journalistes basés au Cachemire. »

Les forces gouvernementales ont arrêté des dizaines de personnes soupçonnées d'être des séparatistes et des activistes, disent les reportages.

Par ailleurs, dans l'État d'Andhra Pradesh, dans le sud de l'Inde, le journaliste pigiste Hem Chandra Pandey a été tué le 2 juillet tandis qu'il couvrait un conflit armé entre la police et des cadres maoïstes du Parti communiste de l'Inde. Pandey s'était rendu à Nagpur interviewer le dirigeant du parti. Il « était tout à fait dans son droit de chercher à interviewer un dirigeant insurgé, surtout dans le contexte des démarches de paix en cours », dit la FIJ.

Et dans un autre État du sud, Kerala, le rédacteur en chef d'un magazine, T.P. Nandakumar, a été arrêté le 3 juillet pour diffamation après avoir écrit un article sur un homme d'affaires indien qui réside dans l'émirat d'Abu Dhabi, dans le Golfe persique. Nandakumar était sous le coup d'une injonction du tribunal de ne rien publier sur cet homme d'affaires, le plaignant. Son arrestation est survenue après la parution d'un article sur le site web de « Crime Magazine ». Nandakumar a été remis en liberté sous caution le lendemain.

« Crime Magazine » connaît une grande diffusion à cause de sa couverture des méfaits présumés de plusieurs importants partis politiques de l'État, qui ont d'importantes répercussions politiques.

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