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Le magazine « Time » blanchi de l'accusation d'avoir diffamé Suharto

L'Alliance des journalistes indépendants (AJI) et l'Alliance de la presse de l'Asie du Sud-Est (Southeast Asian Press Association, SEAPA) ont accueilli favorablement la semaine dernière l'« arrêt-clé » de la Cour suprême d'Indonésie en faveur du magazine « Time » dans une poursuite en diffamation de 106 millions $US intentée par l'ancien président Suharto.

Le 16 avril, la cour a renversé une décision qu'elle avait rendue antérieurement, à savoir que le « Time » avait diffamé Suharto dans un article de mai 1999 dans lequel on alléguait que lui et sa famille avaient amassé des milliards par corruption. L'article affirmait qu'une enquête de quatre mois dans 11 pays avait retracé 15 milliards $US accumulés par Suharto et ses six enfants.

Un des juges a déclaré que « tout le monde a droit à son opinion, y compris de partager des vues différentes avec les autres. Par conséquent, les médias, lorsqu'ils accomplissent leurs fonctions, pourraient peut-être (exprimer des opinions contraires). C'est une manifestation de démocratie et d'ouverture. »

La décision marque la fin du processus d'appel.

L'ancien dictateur, décédé l'an dernier et dont le régime a duré 32 ans, avait été accusé de violations généralisées des droits et de corruption, mais n'a jamais été traduit devant les tribunaux.

L'AJI, qui s'est battue sans relâche pour obtenir un appel, a déclaré que le verdict « devrait être cité en exemple d'application de la loi, en particulier pour les juges, dans les verdicts qui concernent la presse ».

L'Indonésie a de longs antécédents en fait de poursuites en diffamation pour de fortes sommes dans le but de faire taire les critiques.

Une poursuite civile en diffamation de 920 800 $US et des accusations de diffamation pénale ont été portées contre Jupriadi « Upi » Asmaradhana, un défenseur des médias, pour avoir critiqué un chef de police locale. En cas de culpabilité, il risque jusqu'à quatre ans de prison.

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