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Des soldats tuent des manifestants papous en faveur de l'indépendance avec leurs fusils d'assaut

La police arrête des gens qui assistaient au Troisième Congrès du peuple papou à Abepura
La police arrête des gens qui assistaient au Troisième Congrès du peuple papou à Abepura

Stringer Indonesia/REUTERS

Des soldats indonésiens ont interrompu violemment un rassemblement pacifique d'environ 1 000 Papous qui manifestaient en faveur de l'indépendance, tuant au moins trois personnes, rapporte Human Rights Watch.

De nombreuses autres personnes ont été blessées par balle après que le gouvernement eut fait tirer l'armée au hasard dans la foule avec des fusils d'assaut. Environ 300 autres personnes, dont des enfants, ont été arrêtées. Déjà, le gouvernement a publié une déclaration dans laquelle il affirme avoir traité la manifestation de manière appropriée, ce qui a poussé Human Rights Watch à demander la tenue d'une enquête indépendante.

« Que des Papous demandent pacifiquement l'indépendance ne justifie pas une répression meurtrière », dit Elaine Pearson de Human Rights Watch.

Après des décennies d'appels par les Papous à la tenue d'un référendum sur l'indépendance face à l'Indonésie, le président du Conseil coutumier papou, Forkorus Yaboisembut, a proclamé la Papouasie « République démocratique de Papouasie occidentale ». Dans l'après-midi du 19 octobre il a lu une Déclaration d'indépendance de la Papouasie datant de 1961.

Les tirs et les arrestations de masse ont suivi une heure plus tard, les personnes arrêtées ont été forcées de se dévêtir et de subir des passages à tabac à coups de pistolet et de canne, selon ce qu'indiquent certains témoins qui se sont adressés à Human Rights Watch.

D'après les Papous qui se trouvaient sur les lieux, Daniel Kadepa, un étudiant en droit âgé de 25 ans, a été abattu d'une balle à la tête tandis qu'il courait se mettre à l'abri des forces de sécurité. Max Asa Yeuw et Yakobus Amansabra, tous deux membres de l'association de défense des droits terriens Penjaga Tanah Papua, ont aussi été tués.

Cinq des personnes arrêtées en rapport avec les protestations sont toujours en prison et attendent d'être inculpés de trahison, dit Human Rights Watch. Il s'agit de Yaboisembut, Edison Waromi, président de l'Autorité nationale de Papouasie occidentale; Dominikus Surabut, secrétaire du Conseil coutumier papou dans la région de La Pago, et de Selpius Bobii, un militant des médias sociaux qui a organisé le Congrès papou.

Cette violente répression fait suite à de nombreux homicides et tabassages de civils papous ces derniers mois, indique Human Rights Watch.

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