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Le CPJ publie un rapport sur les "États rétrogrades", les dix pays où la liberté de la presse s'est le plus détériorée

(CPJ/IFEX) - Ci-dessous, un communiqué de presse abrégé du CPJ daté du 2 mai 2007:

États Rétrogrades
Rapport spécial du CPJ: les dix pays où la liberté de la presse s'est le plus détériorée

New York, le 2 mai 2007 - Trois États d'Afrique sub-saharienne figurent parmi les endroits du monde où la liberté de la presse s'est le plus détériorée ces cinq dernières années, indique une nouvelle étude du Comité pour la protection des journalistes (CPJ). L'Éthiopie, où le gouvernement a lancé une répression massive de la presse privée en fermant des journaux privés et en emprisonnant des journalistes, est en tête de la liste de la honte du CPJ. Les États africains de la Gambie et de la République démocratique du Congo (RDC) rejoignent ensuite la Russie et Cuba dans le groupe des plus grands "états rétrogrades " dans le monde en matière de liberté de la presse.

"La portée de la démocratie en Afrique s'avère superficielle lorsqu'il s'agit de liberté de la presse", déclare le directeur du CPJ, Joël Simon. "Ces trois États africains, aussi divers soient-ils, ont parfois reçu des éloges pour leur transition démocratique - mais ils font actuellement marche arrière dans le domaine de la presse. En Éthiopie, en Gambie et en RDC des journalistes sont emprisonnés, attaqués et censurés, d'une façon bien pire que ce que nous pouvions voir il y a seulement quelques années".

En publiant ce rapport à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai, le CPJ attire l'attention cette année sur une érosion à long terme de la situation de la presse. Le Pakistan, l'Égypte, l'Azerbaïdjan, le Maroc et la Thaïlande complètent la liste du "Top 10 des états rétrogrades" dressée par le CPJ.

Les états rétrogrades forment un mélange de pays relativement ouverts devenus plus répressifs et d'États traditionnellement répressifs où la situation de la presse s'est significativement aggravée. Ainsi, des pays comme la Thaïlande et le Maroc, considérés comme des leaders de la liberté de la presse dans leurs régions, ont enregistré un déclin brutal durant ces cinq dernières années. D'autres pays, comme Cuba, qui détiennent de longue date une piètre réputation ont encore accru la répression par des emprisonnements massifs, des expulsions et des harcèlements.

"Le comportement de tous ces pays est profondément troublant, mais le recul rapide dans les États où la presse s'était développée montre comment il est facile de retirer ce droit fondamental à la liberté de la presse", ajoute Simon.

Pour déterminer les tendances de l'état de la presse, le CPJ a analysé des données recueillies dans le monde entier de 2002 à 2007. Ses analystes ont évalué la situation selon sept catégories: la censure gouvernementale, le harcèlement judiciaire, les poursuites pénales pour diffamation, les assassinats de journalistes, les attaques physiques contre la presse, les emprisonnements de journalistes et les menaces contre la presse. Les analystes du CPJ ont exclu de ce champ les zones majeures de conflit comme l'Irak ou la Somalie, où l'autorité gouvernementale et le reportage d'informations sont hors de la norme.

Les tendances émergeant de l'analyse du CPJ comprennent:

- Dans plusieurs pays, les autorités font taire l'information critique en emprisonnant les journalistes. Cuba et l'Éthiopie sont devenus en cinq ans les deux plus grands leaders de l'emprisonnement de journalistes. Le Maroc, souvent cité comme un modèle régional en matière de liberté de la presse, est maintenant au coude à coude avec la Tunisie comme le pays arabe où l'on condamne le plus de journalistes à la prison.

- De violentes attaques restent impunies dans un nombre de ces pays. Au Pakistan, huit meurtres de journalistes ont été enregistrés en cinq ans, mais un seul d'entre eux a été suivi d'arrestation et de condamnation. En Russie, onze journalistes ont été tués en cinq ans, aucun cas n'a été résolu.

- La pratique du harcèlement judiciaire a augmenté dans nombre de ces pays. En Égypte, 85 poursuites pénales ont été engagées contre des journalistes entre 2004 et 2006. En RDC et en Azerbaïdjan, les poursuites pénales pour diffamation augmentent. Et au Maroc, les poursuites judiciaires motivées par des considérations politiques ont de fait mis sur la touche plusieurs des éditeurs aux tons les plus critiques.

- La censure et des législations restrictives sont en place dans plusieurs pays. En Thaïlande, la nouvelle junte militaire a imposé des mesures de censure étendues contre les médias audiovisuels. En Gambie, les autorités ont fermé un important journal indépendant. En Russie, le président a signé une loi assimilant l'information critique à de l'"extrémisme".

- La presse indépendante est de plus en plus montée aux créneaux au devant de croissantes répressions gouvernementales au Maroc et en Égypte.

Pour lire le rapport complet, voir: http://www.cpj.org

Pour en savoir plus sur les États Rétrogrades, veuillez consulter le rapport annuel du CPJ sur la liberté de la presse dans le monde intitulé Attaques contre la Presse en 2006 ( http://www.cpj.org/attacks06/lang/attacks2006fr.pdf ).

Le CPJ est une organisation non gouvernementale à but non lucratif qui défend la liberté de presse dans le monde depuis 1981.

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