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PAS D'ENGAGEMENT PUBLIC EN FAVEUR DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE ET ENCORE PLUS DE VIOLENCE CONTRE LES MÉDIAS EN 2008, DIT RSF

Au moment où les journalistes sont, plus que jamais, les cibles de la violence et de la répression - l'an dernier, 86 journalistes ont été tués - les responsables publics partout dans le monde font preuve « d'impuissance, de veulerie et de duplicité » lorsque vient le temps de les défendre, dit Reporters sans frontières (RSF). Et les reporters qui couvrent les élections cette année en particulier vont en payer le prix.

« La couardise certains pays occidentaux, de grandes institutions internationales nuit à la liberté d'expression », déclare le secrétaire-général de RSF, Robert Ménard, dans le rapport de 2008 de RSF sur la liberté de la presse, qui couvre près de 100 pays. « Le manque de détermination des démocraties à défendre les valeurs qu'elles sont censées incarner est inquiétant. »

Selon Ménard, les gouvernements occidentaux s'empressent de condamner les pays en développement qui n'ont que « peu de valeur stratégique ». Mais lorsqu'il s'agit de traiter avec la Chine et la Russie, les dirigeants occidentaux se transforment en « vendeurs », et les droits de la personne figurent rarement à l'ordre du jour.

Le rapport de RSF prévoit des agressions contre les journalistes pendant les élections au Pakistan (18 février), en Iran (14 mars) et au Zimbabwe (29 mars) - élections clés dans des pays dont les dirigeants se méfient des journalistes indépendants et qui sont invulnérables aux critiques de l'extérieur.

La semaine dernière au Pakistan, cinq journalistes ont été blessés gravement par l'explosion d'une bombe à Khuzdar, au Baloutchistan, à l'extérieur du quartier général d'un candidat indépendant. Les dernières dépêches en provenance du Pakistan montrent qu'en dépit des limites imposées à la couverture en direct des nouvelles par les organisations privées, et d'allégations de nombreuses irrégularités dans le déroulement du scrutin, le parti du président Moucharraf se dirige vers la défaite.

En Russie, où les élections présidentielles auront lieu le 2 mars, RSF s'attend à ce que les journalistes vont soit se rallier au choix du président Vladimir Poutine ou être réduits au silence par des pots-de-vin, des menaces ou la violence. Par ailleurs, les pays de l'UE, qui dépendent du pétrole et du gaz naturel du pays, vont fermer les yeux.

Et puis il y a la duplicité de certains « défenseurs officiels » - l'ONU étant le pire délinquant, dit Ménard.

À Genève, le Conseil des Nations Unies sur les droits de la personne a capitulé face à des pays comme l'Iran ou l'Ouzbékistan, dont il n'a même pas discuté les violations des droits de la personne. Quelques mois plus tard, le Conseil n'a pas renouvelé les mandats de deux experts indépendants qui enquêtent sur les violations des droits, à savoir les rapporteurs spéciaux pour le Bélarus et Cuba.

« En 2008, dit Ménard, ce sera au tour du Soudan, de la Somalie et du Congo démocratique de congédier du revers de la main ces embarrassants inspecteurs ».

RSF fait part également de sa préoccupation en ce qui concerne les journalistes qui travaillent dans les zones de guerre, en particulier au Sri Lanka, dans les Territoires palestiniens, en Somalie, au Niger, au Tchad et, bien sûr, en Irak, où « on continue d'enterrer des journalistes chaque semaine ou presque ».

Le rapport met en garde contre un nouveau genre de censure en 2008, qu'il s'agisse de porter de nouvelles accusations pour mettre les journalistes derrière les barreaux, comme de se livrer à la « subversion » ou de « troubler la paix », ou encore d'interdire de nouvelles formes de médias, comme les photos prises au moyen de téléphones cellulaires ou les sites de partage de vidéos.

La Chine est le pays le plus important à se rendre coupable de cette nouvelle forme de censure, dit RSF, en dépit de l'engagement qu'elle a pris d'améliorer la situation des droits de la personne lorsqu'elle a reçu le mandat de tenir les Jeux Olympiques de 2008. « Chaque journaliste libéré est immédiatement remplacé par un autre », fait remarquer RSF. « Il est à parier que les dissidents chinois ne seront pas à la fête, eux, pendant l'été. »

Mais l'avenir n'est pas tout sombre. Cette année, RSF espère que des progrès véritables seront réalisés dans la lutte contre l'impunité lorsque les assassins du journaliste Hrant Dink en Turquie et de la reporter Anna Politkovskaïa en Russie subiront leur procès. Au moins trois journalistes devraient être remis en liberté en Éthiopie après avoir purgé leur peine, et des négociations sont en cours pour faire libérer dans les prochains mois le caméraman soudanais d'Al Jazirah Sami al-Haj, détenu à la prison américaine de Guantánamo.

Lire le « Rapport annuel de 2008 de Reporters sans frontières » ici :
http://www.rsf.org/IMG/pdf/rapport_fr-3.pdf
(19 février 2008)

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