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LES MILITANTES DES DROITS DES FEMMES SONT ATTAQUÉES

L'an dernier en Iran, la brigade anti-émeute a marqué la Journée internationale des femmes par des arrestations et des passages à tabac de femmes qui s'étaient rassemblées près du Parlement pour manifester paisiblement en faveur des droits des femmes. Cette répression n'était qu'un avant-goût des nombreuses mesures à venir contre les militantes des droits des femmes, dont un grand nombre participent à la « Campagne pour l'Égalité », qui vise à amasser un million de signatures sur une pétition qui exige la fin de la discrimination juridique des femmes.

Cette année, à l'occasion de la Journée internationale des femmes, les membres de l'IFEX et d'autres groupes de défense des droits, de partout dans le monde, prenons le parti de ces femmes en Iran, ainsi que des autres femmes militantes, journalistes et blogueuses, qui défendent leurs droits devant la répression croissante des gouvernements et des groupes religieux.

« L'emprisonnement, la torture, les poursuites et les menaces de mort proférées contre elles doivent être connues », dit Reporters sans frontières (RSF). « Il est inacceptable qu'aujourd'hui, en 2008, des gens puissent encore être emprisonnés ou menacés de mort pour avoir soulevé cette question de droits. »

Un an plus tard en Iran, tandis que certaines femmes sont libérées sous caution, d'autres sont toujours condamnées parce qu'elles se battent en faveur des modestes objectifs de la campagne, dit RSF. La pétition exige l'égalité des droits pour les femmes dans les codes pénal et de la famille d'Iran, aux termes desquels les filles peuvent être lapidées à mort dès l'âge de neuf ans pour adultère, et la vie d'une femme vaut la moitié de celle d'un homme.

Encore la semaine dernière, Parvin Ardalan, membre de la campagne et rédactrice du site web WeChange, qui défend les droits des femmes en Iran, a été arrêtée et s'est fait confisquer son passeport au moment de monter à bord d'un avion, rapporte RSF. Elle devait se rendre à Stockholm, où elle avait été invitée à recevoir le Prix Olof-Palme 2007 des droits de la personne. Elle a aussi été arrêtée en juin 2006 après avoir organisé une manifestation dans le cadre de la campagne.

Selon l'Observatoire de la protection des défenseurs des droits de la personne, plus de 100 militantes des droits des femmes ont été arrêtées en Iran, interrogées ou condamnées au cours des deux dernières années, et le gouvernement a tiré plus d'un million d'euros (1 531 400 $ US) en jetant en prison les militantes et en les libérant contre de fortes cautions.

Amnistie Internationale vient de publier un rapport, « Iran: Women's Rights Defenders Defy Repression » (Iran : Les militantes des droits des femmes défient la répression), qui met en lumière les efforts de ces femmes pour réaliser l'égalité face aux lois et à la répression auxquelles elles sont confrontées à cause de leurs activités non violentes. Vérifier ici : http://tinyurl.com/ypclsx

RSF attire aussi l'attention sur l'Afghanistan, où plus tôt cette année, un homme a été condamné à mort pour avoir défendu les droits des femmes. Sayed Parwiz Kambakhsh, étudiant en journalisme âgé de 23 ans, a été condamné à mort en janvier à l'issue d'un procès tenu à huis clos, sans aucun avocat pour le défendre. Son crime? Selon les responsables du gouvernement, un article publié sur Internet, soutenant que le prophète Mahomet ignorait les droits des femmes, et qu'il avait donné à des amis, était blasphématoire et constituait une insulte pour l'islam.

En février, trois femmes journalistes de Mazar-i-Sharif ont été averties, apparemment par des hommes appartenant aux Talibans, que si elles continuaient à paraître à la télévision, elles seraient enlevées, rapporte RSF. Et personne n'a encore été arrêté pour le meurtre de Zakia Zaki, propriétaire de Radio Paix, qui dévoilait des agressions contre des femmes. Lire la déclaration de RSF à l'occasion de la Journée internationale des femmes ici : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=26046

ARTICLE 19 a mis l'accent sur les femmes dans d'autres parties du monde qui dénoncent les lois, leurs gouvernements et les questions « défendues » que sont le viol, l'inceste, la sexualité, la procréation et l'avortement, dans un dossier spécial intitulé « Confronting Taboos and Censorship: Women Speaking Out » (Contre les tabous et la censure : Les Femmes parlent) disponible à : http://tinyurl.com/2cvyqf

Jacira Melo, du Brésil, promeut le droit des femmes à la procréation dans les médias de masse du Brésil - ce qui n'est pas une mince tâche, si on considère que l'Église catholique n'hésite pas à traiter d'« assassins » les personnes qui militent en faveur de l'avortement.

Au Liban, Lina Khoury a déclenché un débat public sur la sexualité, le harcèlement, la violence familiale et « coco » - le vagin, par sa pièce « Hakeh Neswan » (« Propos de Femmes »).

Au Sri Lanka, Sunila Abeyesekera promeut activement une vaste discussion sur la dépénalisation de l'avortement, ainsi que l'abrogation des lois sur la sodomie, selon lesquelles l'homosexualité constitue un crime. Elle travaille dans un environnement difficile - une étude récente de la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et du Centre for Policy Alternatives montre que les femmes et les questions les concernant n'ont pas de voix dans les médias sri lankais. Une revue de 22 journaux étalée sur deux mois l'an dernier a révélé que les articles sur les questions concernant les femmes représentaient moins d'un pour cent de tous les reportages. La FIJ, le CPA et le groupe sri lankais membre de l'IFEX, le Free Media Movement (FMM), tiendront en avril 2008 un sommet national sur les rapports hommes-femmes. Lire les résultats de l'étude à : http://www.ifj.org/default.asp?Index=5927&Language=EN

Le Guatemala ne fait pas beaucoup mieux, conclut un rapport du Centre des informations de presse sur le Guatemala (CERIGUA). Les questions féminines reçoivent peu d'attention dans les médias grand public, et les femmes ne sont pas non plus représentées au niveau exécutif dans les salles de nouvelles. Lire les conclusions de l'étude à : http://www.ifex.org/en/content/view/full/91561/

Et au Mexique, les défenseurs de l'accès à l'information, dont ARTICLE 19-Mexique, ont allié leurs efforts à ceux des groupes de femmes pour faire campagne en faveur d'un régime d'information approprié sur le droit à la procréation, en particulier sur le droit des femmes à l'avortement à Mexico.

Entre autres activités qui ont marqué la Journée internationale des femmes :

La FIJ et la Confédération syndicale internationale (International Trade Union Confederation) ont inauguré leur campagne mondiale de deux ans intitulée « Travail décent, Vie décente pour les femmes », qui reconnaît que les femmes gagnent toujours entre 12 et 60 pour 100 de moins que leurs homologues masculins. Lire le rapport sur le fossé de la rémunération entre les hommes et les femmes, qui donne des précisions sur les disparités salariales dans 62 pays : http://www.ituc-csi.org/IMG/pdf/gap-1.pdf

Le PEN International a dressé le profil de trois écrivaines qui continuent d'écrire en Chine malgré des risques personnels considérables : Zeng Jinyan, Tsering Woeser et Li Jianhong - et il vous demande d'en appeler des restrictions qui leur sont imposées. Pour plus de précisions, consulter le « Communiqué » de la semaine dernière : http://www.ifex.org/en/content/view/full/91501/

Branchez-vous en ligne sur l'Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC), qui offre une programmation de 24 heures d'émissions pour les femmes, par les femmes : http://tinyurl.com/3dq8tx

Le bulletin de liaison électronique hebdomadaire Pambazuka News, qui se spécialise dans les questions de justice sociale en Afrique, consacre un numéro spécial à la Journée internationale des femmes. Lire « African Women Speak Out » (Les Africaines parlent) pour savoir ce que disent les femmes du processus de paix au Kenya, de la violence contre les femmes dans les zones de conflit, et d'autres reportages propres à l'expérience africaine, à : http://www.pambazuka.org/en/issue/351

Le syndicat des écrivains suédois dresse la liste des dix livres écrits par des femmes qui n'ont pas encore reçu l'attention qu'ils méritent. « The Bastard of Istanbul » (Le Bâtard d'Istanbul), un livre écrit par Elif Shafak qui lui a valu un procès pour insulte au caractère turc (un de ses personnages qualifie le massacre des Arméniens survenu lors de la Première Guerre mondiale de génocide), figure sur la liste. Il en est de même de « Nervous Conditions », qui marque les débuts de l'écrivaine zimbabwéenne Tsitsi Dangarembga, surnommée la Jane Austen d'Afrique. Voir les huit autres finalistes à la section de la presse sur : http://www.congrex.se/waltic2008/

La campagne de promotion de l'égalité hommes-femmes dans les médias « Les Femmes qui font les nouvelles », que mène l'UNESCO, entre dans sa huitième année à l'occasion de la Journée internationale des femmes. Dans la plupart des pays, la façon dont les femmes sont décrites n'a pas beaucoup changé, même s'il y a plus de femmes qui travaillent dans les médias. La campagne se déroule cette année sous le thème des « Histoires de femmes passées sous silence ». Pour en lire quelques-unes : http://www.unesco.org/webworld/en/march8

Consulter également le site web officiel de la Journée internationale des femmes pour voir ce qui s'est passé dans votre pays : http://www.internationalwomensday.com/

(Photo : Des policières tabassent des femmes qui manifestaient paisiblement à Téhéran en juin 2006. Photo courtoisie de Arash Ashoorinia/www.kosoof.com)

(11 mars 2008)

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En #Colombia es el Dia Nacional de la Dignidad de Víctimas de Violencia Sexual. Es inadmisible que el caso de… https://t.co/v2tiDPyaWT