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LA CENSURE « MOLLE » EST MISE EN ACCUSATION DANS SEPT PAYS D'AMÉRIQUE LATINE

L'ingérence gouvernementale qui sévit menace l'indépendance de la rédaction et l'accès aux nouvelles dans sept pays d'Amérique latine, indique un rapport publié par l'Initiative Justice de l'Open Society Institute (OSI) et l'Association pour les droits civils (ADC) d'Argentine. « Le Prix du silence : La menace grandissante de la censure molle en Amérique latine », publié le 11 août 2008, dresse un catalogue des violations en Argentine, au Chili, en Colombie, au Costa Rica, au Honduras, au Pérou et en Uruguay.

Pendant longtemps, les gouvernements d'Amérique latine ont eu recours à la violence et au harcèlement judiciaire pour faire taire les journalistes au franc parler. Le rapport met au jour une tendance moins évidente mais croissante chez les officiels, consistant à recourir au pouvoir de réglementation et aux incitatifs de nature financière, comme la publicité et le paiement direct, pour récompenser ou punir la couverture des nouvelles.

« Des millions de dollars sont balancés par les responsables gouvernementaux qui essaient d'acheter une couverture favorable - et la situation est envenimée par la faiblesse des salaires et l'absence de sécurité d'emploi chez de nombreux journalistes », déclare l'un des auteurs du rapport, Darian Pavli, de l'OSI. « Cette censure 'molle' peut glacer de peur des salles de rédaction entières et pourtant, elle demeure invisible pour le public », dit Roberto Saba, directeur général de l'ADC.

Le dossier de 200 pages documente divers types d'ingérence, notamment les paiements versés directement aux journalistes par le gouvernement en Colombie et au Pérou; les autorités locales au Chili qui dictent les sujets sur lesquels les journalistes peuvent écrire; et un haut dignitaire au Costa Rica qui tente d'utiliser les contrats de publicité pour influencer une longue bataille politique.

« Trop de gouvernements en Amérique latine ont tendance à traiter les médias comme un bulletin de liaison », dit Maria Teresa Rondero, présidente de la Fondation pour la liberté de la presse (FLIP), qui a écrit le chapitre sur la Colombie. La recherche spécifique sur les autres pays a été effectuée par Pro Acceso (Chili), l'Institut de la presse et de la liberté d'expression (Costa Rica), l'Institut Presse et Société (Pérou), l'Association de la Presse d'Uruguay et des recherchistes locaux au Honduras.

Des résumés et le rapport intégral, en anglais et en espagnol, sont accessibles en ligne à : http://tinyurl.com/5jgdur
Rapport de l'IPS : http://ipsnews.net/news.asp?idnews=43571
(20 août 2008)

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