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LE PEN COMMÉMORE LA JOURNÉE DE L'ÉCRIVAIN EN PRISON

Un après-midi de mai, des policiers ont fait irruption à l'Hôtel de ville de Bulawayo, au Zimbabwe, où on répétait une pièce de théâtre. « Le Crocodile du Zambèze » traite d'un dirigeant d'un pays africain fictif qui prend de l'âge et qui fait face à des crises, politiques et personnelles. La police accusait la pièce de ridiculiser le président Robert Mugabe, et soutenait avoir été dépêchée pour « censurer ou faire cesser toute représentation suspecte ». Et bien que les membres de la troupe se fussent engagés à mettre fin au spectacle après une seule représentation, la police leur a infligé une raclée et a totalement interdit la pièce.

Cette troupe zimbabwéenne a été choisie parmi les cinq histoires retenues pour marquer la Journée de l'Écrivain en prison, organisée par le PEN International, le 15 novembre. Le PEN vous presse de faire parvenir une lettre au nom des acteurs et des milliers d'écrivains emprisonnés, harcelés ou persécutés rien que cette année à cause de leur travail.

Chaque année, le PEN se concentre sur cinq cas - un dans chaque région du monde, chacun illustrant un genre de répression différent. Il y a le cas d'Eynulla Fatullayev, un journaliste d'Azerbaïdjan qui purge une peine de huit ans de prison à cause de ses écrits sur la politique et ses enquêtes sur le meurtre d'un autre journaliste en 2005. Tsering Woeser est une poète du Tibet dont l'oeuvre est interdit en Chine. Le journaliste kurde Mohammed Sadiq Kabudvand, basé en Iran, a été condamné à 11 ans de prison pour avoir défendu les droits des Kurdes. Melissa Rocío Patiño Hinostroza est une jeune poète qui subit un procès pour terrorisme à cause de sa participation à une organisation politique de gauche - bien qu'elle n'ait jamais utilisé ni prôné la violence.

Certains centres du PEN ont choisi de se concentrer sur d'autres cas plus près d'eux pour commémorer cette Journée. En Somalie, par exemple, le PEN a organisé le 15 novembre à Mogadiscio un symposium d'un jour qui a rassemblé des écrivains, des journalistes, des défenseurs des droits de la personne, des représentants de gouvernement et d'autres encore pour débattre des violations de la libre expression sur fond de guerre civile. D'autres lectures et événements se sont aussi déroulés à travers l'Afrique : en Sierra Leone, en Ouganda, au Malawi, au Ghana et en Guinée.

Le PEN de Suède a remis à la journaliste mexicaine Lydia Cacho le prix Tucholsky, décerné aux écrivains qui se battent pour le droit à la libre expression, tandis que le prix Oxfam Novib PEN de la Liberté d'expression sera remis à l'occasion du festival « Crossing Borders » le 22 novembre à La Haye à cinq écrivains et journalistes emprisonnés ou menacés à cause de leurs écrits.

Pour voir ce qui s'est passé dans votre pays ou votre région, allez à : http://tinyurl.com/68r9z7

Le PEN commémore également les 39 écrivains et journalistes assassinés à cause de leur travail depuis la Journée de l'Écrivain en prison de l'an dernier. Dans de très rares cas, les auteurs ont été traduits devant les tribunaux. Le Mexique, l'Irak et le Pakistan demeurent les pays où être écrivain ou journaliste constitue une profession dangereuse.

Selon le PEN, il n'est pas trop tard pour faire parvenir à votre ambassade un appel avec des copies au nom d'au moins un des cas mis en lumière. Pour chacun de ces cas, on offre des conseils et on fournit des adresses, que l'on peut trouver à : http://tinyurl.com/6s5zzx

Christopher Mlalazi et Raisedon Baya, qui faisaient partie de la distribution de « Crocodile », espèrent que les efforts du PEN International vont faire connaître leur situation à travers le monde. « Nous espérons que cela inspirera aussi d'autres maisons de production et d'autres écrivains, partout dans le monde, à ne pas encaisser sans broncher, comme nous avons été inspirés par d'autres qui sont passés avant nous », ont-ils dit.

C'est le temps des fêtes de fin d'année - le Comité des écrivains en prison du PEN International (WiPC) vous demande aussi d'envoyer des cartes de souhaits aux écrivains en prison ou à leurs familles. Pour plus de précisions sur cette initiative, envoyez un courriel à : wipc (@) internationalpen.org.uk

(Photo de « Le Crocodile du Zambèze » courtoisie de PEN International)

(19 novembre 2008)

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Executive director of MFWA, Sulemana Braimah calls for media reforms in Ghana against backdrop of lethargic regulat… https://t.co/UVeEb15WD9