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DES DIZAINES DE JOURNALISTES TUÉS EN 2008 À CAUSE DE LEUR TRAVAIL

Moins de journalistes ont été tués dans l'exercice de leur profession l'an dernier que lors des années précédentes - mais il ne faudrait pas se réjouir pour autant, disent les membres de l'IFEX dans leur rapport de fin d'année.

Dans son analyse annuelle, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a recensé 41 journalistes tués en 2008 en relation directe avec leur travail - une diminution par rapport aux 65 journalistes tués en 2007. « Bien que ce soit moins que les nombres sans précédent relevés au cours des dernières années, dit le CPJ, sur le plan historique, cela demeure très élevé ». Ce bilan moindre est attribuable principalement à la diminution marquée du nombre des morts en Irak, qui est passé de 32 en 2007 à 11 l'an dernier, en raison de l'amélioration des conditions de la sécurité dans le pays, précise le CPJ, qui poursuit son enquête sur d'autres cas.

Le bilan de 2008 reflète un changement dans les points chauds du globe, tandis qu'on rapporte un nombre élevé de décès dans certaines régions agitées d'Asie et du Caucase, ajoute le CPJ. Voir l'hommage vidéo du CPJ aux journalistes décédés en 2008, à : http://tinyurl.com/7ouzyw , puis lire le dossier à : http://tinyurl.com/9v6kvf

Reporters sans frontières (RSF) recense 60 journalistes tués dans l'exercice de leurs fonctions. RSF recense les cas où un lien entre le crime et le travail de la victime en tant que journaliste est clairement établi ou très probable. Mais selon RSF, la diminution du nombre des agressions contre les médias traditionnels ne signifie pas que la situation de la liberté de la presse s'est améliorée - la répression en ligne s'accentue, les blogueurs sont jetés en prison et les sites web sont censurés. Selon RSF, on a recensé des cas de censure en ligne dans 37 pays, la Syrie (162 sites web censurés), la Chine (93) et l'Iran (38) figurant en tête de liste.

« Les chiffres peuvent être inférieurs à ceux de l'an dernier, mais cela ne doit pas masquer le fait que l'intimidation et la censure sont plus répandues, notamment en Occident, et que les gouvernements les plus autoritaires adoptent une attitude encore plus rigide », dit RSF. Aller à : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=29793

Pour sa part, l'Association mondiale des journaux (AMJ) recense 68 journalistes et autres travailleurs des médias tués l'an dernier. « Les agressions contre les journalistes à travers le monde - par les groupes du crime organisé en Amérique latine, les régimes autocratiques au Moyen-Orient, les gouvernements répressifs en Afrique et les combattants dans les zones de guerre - posent une menace grave à la liberté de la presse », dit l'AMJ dans son rapport, qui présente des précisions région par région. Aller à : http://www.wan-press.org/article17943.html

La Fédération internationale des journalistes (FIJ), qui compile les chiffres en collaboration avec l'International News Safety Institute (INSI), recense 109 journalistes et travailleurs des médias tués l'an dernier dans 36 pays. La FIJ inclut tous les journalistes tués en raison de leur travail ainsi que ceux qui sont tués dans des accidents pendant qu'ils sont en mission ou en route en direction ou en provenance d'une mission. Selon la FIJ, le bilan des morts en Inde figure aussi en haut de la liste avec 10 décès, à la suite d'une poussée soudaine des agressions dans les États de ce pays frappés par des insurrections. Aller à la FIJ : http://tinyurl.com/96r2v5 et à l'INSI : http://tinyurl.com/8suo9d

En dépit de la fourchette dans ces chiffres, tous s'entendent pour dire que même si le nombre des victimes a diminué, l'Irak constitue toujours le pays le plus dangereux du monde pour la presse. La plupart des onze journalistes au moins - tous ressortissants irakiens travaillant pour des médias irakiens locaux - ont été ciblés délibérément.

Les trois autres pays les plus meurtriers pour les médias sont le Pakistan, qui compte au moins sept journalistes tués dans l'exercice de leur travail, les Philippines, avec six tués, et le Mexique avec quatre journalistes assassinés.

Dans les Amériques, la Société interaméricaine de la presse (SIP) qualifie l'année 2008 d'« année de contrastes ». L'année a été marquée d'une part par la violence et le harcèlement des médias, avec l'assassinat de treize journalistes, et d'autre part par l'adoption de nouvelles lois constructives. La SIP impute les meurtres au crime organisé. La SIP constate qu'une « aggravation et des menaces » se sont produites en Bolivie, au Nicaragua et au Venezuela, tandis que 26 journalistes demeurent emprisonnés à Cuba, dont un grand nombre sont gravement malades. Mais la bonne nouvelle, c'est que l'accès à l'information s'est amélioré au Chili, au Guatemala, en Uruguay et au Nicaragua. Aller à : http://tinyurl.com/9bhsuh

Au Mexique, les journalistes deviennent de plus en plus la cible des trafiquants de drogue et des gangsters. D'après l'AMJ, 23 journalistes ont été tués au Mexique depuis 2000, et sept autres sont portés disparus depuis 2005 - ce qui consolide la position du pays comme le pays le plus dangereux des Amériques pour les médias, surpassant même la Colombie. Comme les Philippines, le Mexique figure parmi les pires pays pour ce qui est de la résolution de ces meurtres : aucun des tueurs de journalistes assassinés au Mexique cette année n'a été traduit en justice.

La diminution du nombre des morts en Afrique, disent les membres de l'IFEX, résulte du fait qu'un grand nombre de journalistes ont choisi de ne pas travailler, optant plutôt pour une profession moins dangereuse ou prenant le chemin de l'exil. L'AMJ rapporte que les accusations de diffamation, de sédition et de « troubler l'ordre public » servent à intimider les médias indépendants et d'opposition et à les réduire au silence. Ceux qui choisissent de couvrir les rébellions ou de critiquer les autorités aboutissent souvent en prison - le nombre des arrestations est particulièrement élevé en Afrique, dit RSF.

Même en Europe et en Asie centrale, les menaces de mort et les poursuites contre les journalistes qui couvrent les zones de conflit, les crimes de guerre et le crime organisé sont monnaie courante. Les journalistes courent les risques que pose une situation politique de plus en plus volatile dans le Caucase, où au moins trois journalistes sont morts en cinq jours à peine de combats entre soldats géorgiens, soldats russes et milices locales au sujet de la région contestée d'Ossétie du Sud, disent les membres.

Certains membres de l'IFEX ont également produit des analyses de fin d'année sur des pays particuliers.

« L'année 2008 n'a pas été une année brillante pour la liberté de la presse en Indonésie », affirme l'Alliance des journalistes indépendants (AJI), surtout avec une multitude d'accusations criminelles contre les journalistes et, sans étonnement, l'entrée en vigueur de nouvelles lois qui criminalisent les délits de presse. Ceux qui, par exemple, commettent de la diffamation sur Internet risquent jusqu'à six ans de prison. Aller à : http://www.ifex.org/en/content/view/full/99600/

La sécurité demeure la préoccupation principale des journalistes en République démocratique du Congo, indique Journaliste en Danger (JED) dans son rapport annuel de 2008, « Dix ans pour la liberté de la presse : La situation de la liberté de la presse en Afrique centrale ». Pour JED, le déclin du nombre des agressions perpétrées contre la presse est plus vraisemblablement attribuable à la censure et à l'auto-censure plutôt qu'à des améliorations des lois du pays sur la presse ou qu'à l'impunité dont jouissent habituellement les tueurs de journalistes. Aller à : http://www.ifex.org/fr/content/view/full/99595/

L'IFEX entend continuer à publier en ligne les dossiers de ses membres lorsqu'ils deviennent accessibles : http://www.ifex.org

(Photo : Obsèques de Shihab al-Tamimi, dirigeant du Syndicat des Journalistes irakiens, qui a succombé aux blessures subies lors d'un attentat qui l'avait visé l'an dernier à Bagdad. Photo courtoisie du CPJ)

(7 janvier 2008)

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