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Al-Jazira attaquée au Yémen et ailleurs

Al-Jazira se heurte à une difficulté après l'autre dans son fonctionnement, selon ce que rapportent des membres de l'IFEX. Au Yémen et en Cisjordanie, la chaîne de nouvelles est attaquée à cause de sa couverture critique. Au Canada, des représentants d'Al-Jazira ont déposé une demande auprès les autorités compétentes pour qu'elles approuvent le réseau sans conditions.

Au Yémen, le correspondant en chef de la station, Murad Hashem, a reçu au téléphone des menaces de mort d'un inconnu le week-end dernier, indiquent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Reporters sans frontières (RSF) et la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Les membres de l'IFEX rapportent que l'appel ressemblait à un autre qu'il avait reçu en avril.

La menace est venue deux semaines après que le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI) eut rapporté qu'un dignitaire du parti au pouvoir, Mossaad Allahbi, avait réclamé la fermeture d'Al-Jazira parce qu'il avait publié des nouvelles prétendument « hostiles à l'unité et à la sécurité du Yémen ». Les journaux soutenus par le gouvernement proposent même le recours à la violence contre les journalistes d'Al-Jazira, indiquent le CPJ et RSF, qui rapportent que, depuis quelques mois, quelques employés de la chaîne ont été agressés sur le terrain ou empêchés de faire leur travail.

Contrairement à la plupart des agences de nouvelles dans le pays, Al-Jazira avait couvert honnêtement les violentes échauffourées survenues dans le sud du pays entre le gouvernement yéménite et des manifestants. Tandis que le gouvernement dénonce les manifestants, qu'il accuse d'être des rebelles sécessionnistes, un grand nombre d'entre eux protestent contre les conditions de vie misérables, indique l'Agence France-Presse (AFP). Les troubles ont commencé en avril et ont connu récemment une escalade, l'AFP rapportant que plus d'une dizaine de militants armés et quatre soldats yéménites ont été tués au cours de la dernière semaine.

Dans les territoires palestiniens, par ailleurs, le Centre palestinien pour le développement et la liberté des médias (Center for Development and Media Freedoms, MADA) et la Fédération internationale des journalistes (FIJ) rapportent qu'un interdit de trois jours prononcé contre la télévision d'Al-Jazira en Cisjordanie a été levé le 19 juillet. Selon le MADA, la chaîne risque toujours cependant de devoir répondre à des accusations d'« incitation, de sédition, de promotion et de publication de fausses nouvelles ». L'agence Reuters rapporte que les accusations découlent d'une entrevue diffusée par Al-Jazira dans laquelle le chef du Fatah, Farouq Qaddumi, a affirmé que le président palestinien Mahmoud Abbas avait conspiré avec Israël pour faire assassiner son prédécesseur, Yasser Arafat.

Même au Canada, Al-Jazira n'a pas la vie facile. En 2004, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a autorisé la chaîne en langue arabe de la société à diffuser, mais les conditions posées étaient tellement strictes - les distributeurs devaient diffuser les émissions avec un délai, de manière à éviter de transmettre tout contenu offensant - et aucun réseau n'a donc décidé de reprendre le signal. Aujourd'hui, la demande de radiodiffusion d'Al-Jazira English est en révision au CRTC. Le groupe des Journalistes canadiens pour la liberté d'expression (CJFE), parmi bien d'autres groupes d'intérêt et de défense des droits, prie instamment le CRTC d'autoriser la station à radiodiffuser, cette fois sans la condition que son contenu doive être suivi de près. Tandis que certains détracteurs prétendent que l'agence de nouvelles a un parti pris hostile à l'Occident et à Israël, le directeur général d'Al-Jazira English, Tony Burman, a déclaré au journal « Toronto Star » que la majorité des mémoires déposés au CRTC favorisait l'approbation d'Al-Jazira English. Le CRTC devrait annoncer sa décision dans les prochaines semaines.

Al-Jazira, présente dans plus de 100 pays, est critiquée en Occident et accusée d'antisémitisme, et dans le monde musulman de son soi-disant sionisme. Au cours des ans, elle a été soumise à la censure ou au harcèlement gouvernemental dans de nombreux pays, notamment aux États-Unis, au Koweït, en Tunisie, en Égypte et en Arabie saoudite.

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