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Des membres de l'IFEX se disent inquiets à propos d'un candidat au poste de directeur-général de l'UNESCO

Michel Ravassard/UNESCO

Les négociations en vue de choisir le prochain Directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), qui se déroulent actuellement en France, doivent tenir sérieusement compte des valeurs des candidats en ce qui concerne la liberté de parole et la liberté de la presse, disent Reporters sans frontières (RSF), le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI) et d'autres groupes membres de l'IFEX. Selon RSF et l'ANHRI, toutefois, le candidat égyptien a été, pendant des décennies, un joueur clé dans la censure gouvernementale, les violations de la liberté de la presse et les arrestations de blogueurs.

Les neuf candidats en lice sont : madame Ina Marciulionyte (Lituanie); monsieur Mohammed Bedjaoui (Algérie); madame Irina Gueorguieva Bokova (Bulgarie); monsieur Farouk Hosni (Égypte); monsieur Sospeter Mwijarubi Muhongo (République unie de Tanzanie); monsieur Alexander Vladimirovich Yakovenko (Fédération de Russie); madame Ivonne Juez de A. Baki (Équateur); madame Benita Ferrero-Waldner (Austria); et monsieur Nouréini Tidjani-Serpos (Bénin).

Selon les dépêches, Hosni, ministre de la Culture pendant plus de vingt ans, serait en tête du peloton. D'après RSF, « Hosni est l'un des protagonistes de la censure gouvernementale en République arabe d'Égypte... cherchant constamment à contrôler la liberté de la presse et le droit de ses concitoyens à la liberté d'information. »

Et pourtant, « le mandat de l'UNESCO comprend la promotion de la libre expression et de la liberté de la presse comme droits fondamentaux de la personne, l'encouragement à l'indépendance et à la diversité des médias comme conditions préalables de la démocratisation, et l'appui à la libre circulation de l'information, y compris sur Internet », dit RSF.

Le gouvernement égyptien possède 99 pour 100 des points de vente au détail des journaux du pays et il détient le monopole de l'impression des journaux; il est en outre risqué de dire ce qu'on pense. « Il existe en tout 32 articles de lois différents - code criminel, loi sur la presse, loi sur les publications, notamment - qui prévoient des peines pour les médias », rappelle RSF. L'utilisation de l'Internet est très étroitement réglementée et les infractions sont passibles de la prison, dit RSF.

RSF a rencontré Hosni à Paris la semaine dernière, et dit qu'il a exprimé sa « détermination à défendre la liberté des médias » et à « renforcer les actions de l'UNESCO dans ce domaine » s'il devait être élu. RSF a fait part de sa préoccupation au sujet de la libre expression en Égypte et, en particulier, de la détention qui se poursuit de deux blogueurs.

Un article d'opinion paru dans le « Wall Street Journal » affirme que Hosni est impropre à diriger l'UNESCO : « On ne peut qu'imaginer la paix dans l'esprit de milliers d'écrivains, de blogueurs, d'artistes, de musiciens, de cinéastes, d'enseignants, de communicateurs et d'autres fournisseurs de culture d'Égypte, qui ont été torturés, harcelés, emprisonnés ou bannis d'Égypte depuis que monsieur Hosni a assumé ses fonctions, en 1987. »

Les médias et la blogosphère d'Égypte sont présents dans le débat. Le « Daily News Egypt » écrit que « l'inquiétude concernant l'inéligibilité potentielle de Farouk Hosni au poste de Directeur de l'UNESCO s'est accentuée en raison de ses déclarations antisémites et des soupçons de corruption ». Hosni s'est rendu célèbre lorsqu'il a déclaré devant le parlement en mai 2008 qu'il « brûlerait tout livre israélien qu'il trouverait dans les bibliothèques d'Égypte ».

Dans une lettre ouverte adressée à l'UNESCO et publiée en juin, des membres du Comité de coordination des organisations de défense de la liberté de la presse (Coordinating Committee of Press Freedom Organizations) ont fait l'éloge des contributions vitales du Directeur général sortant de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, pour avoir « consolidé l'UNESCO comme force dans la défense de la liberté d'expression et dans la promotion des valeurs de la liberté de parole et de la liberté de la presse ». La lettre était signée par cinq membres de l'IFEX : le Comité mondial pour la liberté de la presse, le Comité pour la protection des journalistes, la Société interaméricaine de la presse, l'Institut international de la presse et Association mondiale des journaux et des éditeurs de nouvelles.

Les membres du Comité de coordination invitent les États membres de l'UNESCO à se concentrer sur un engagement à défendre la liberté d'expression comme critère fondamental à considérer lorsqu'on envisage le choix du prochain Directeur général. Cela inclut l'engagement à promouvoir des médias d'informations indépendants, à choisir des journalistes indépendants largement respectés par leurs collègues comme membres du jury pour l'attribution du prix mondial annuel de l'UNESCO pour la liberté de la presse, et à se prononcer publiquement contre les assassinats du personnel des médias d'informations et contre les politiques qui font obstacle au travail des médias d'informations.

D'autres membres de l'IFEX font parvenir des lettres aux membres du Conseil d'administration dans lesqueles ils expriment leur inquiétude.

Les représentants des 58 pays qui composent le Conseil d'administration de l'UNESCO ont commencé à voter le 17 septembre. Si un candidat ne recueille pas la majorité simple, il y aura jusqu'à cinq tours de scrutin qui prendront fin le 23 septembre 2009. À la suite de cette décision, un vote final sera tenu en octobre par tous les membres de la Conférence générale de l'UNESCO.

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