RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

L'Index de RSF met en lumière le recul de l'Europe et d'Israël dans son classement; l'Érythrée, la Corée du Nord et le Turkménistan sont les pires endroits du monde pour les journalistes

Reporters sans frontières (RSF) a rendu public le 20 octobre son dernier Index de la liberté de la presse, qui montre comment des pays d'Europe, Israël et l'Iran ont tous glissé dans le classement. L'Indice classe le degré de liberté de la presse à travers le monde ainsi que les efforts déployés par les gouvernements pour protéger les droits des journalistes.

Bien que les treize premières places soient détenues par des pays d'Europe, un grand nombre d'entre eux ont glissé dans l'index: « Il est troublant de voir des démocraties d'Europe comme la France, l'Italie et la Slovaquie perdre régulièrement du terrain, année après année », dit RSF. « L'Europe devrait donner l'exemple en matière de libertés civiles. Comment pouvez-vous condamner les violations des droits de la personne à l'étranger si vous ne vous comportez pas de manière irréprochable chez vous ? L'effet Obama, qui a permis aux États-Unis de reprendre 16 places dans l'index, n'est pas suffisant pour nous rassurer. »

Les États-Unis arrivent maintenant au 20e rang parce que le président Barack Obama est moins « faucon » que son prédécesseur, dit RSF. Les États-Unis ont aussi cependant un autre classement, au 108e rang, pour leurs actions extra territoriales. Les États-Unis et Israël ont tous deux un classement qui porte sur leurs gestes à l'extérieur de leurs propres frontières.

L'offensive militaire d'Israël dans la Bande de Gaza a eu un effet sur son classement, celui-ci ayant reculé de 47 places pour le situer au 93e rang, derrière plusieurs autres pays de la région. Des journalistes ont été arrêtés illégalement et incarcérés. Israël a eu droit à un deuxième classement, au 150e rang, à cause de ses actions extra territoriales. Une vingtaine de journalistes environ ont été blessés par les forces militaires israéliennes dans la Bande de Gaza, et trois d'entre eux ont été tués tandis qu'ils couvraient le conflit.

La principale menace en Europe vient d'une nouvelle législation qui compromet le travail des journalistes, dit RSF. En Slovaquie (44e), le ministre de la Culture exerce une forte influence sur les publications. En Occident, le Canada a également perdu du terrain et glissé au 19e rang.

La Scandinavie arrive au sommet. Le Danemark, la Finlande, l'Irlande, la Norvège et la Suède partagent la première place comme les cinq pays les plus libres pour ce qui est des médias.

En Iran, la censure préalable automatique, la surveillance étatique des journalistes, les mauvais traitements, les arrestations et l'incarcération illégale ont rapproché ce pays du groupe des pires États prédateurs de la liberté de la presse. L'Iran arrive au 172e rang, suivi du Turkménistan (173e), de la Corée du Nord (174e) et de l'Érythrée (175e). La Birmanie demeure au fond, derrière l'Iran, au 171e rang. Le Laos, la Chine et le Viêt-nam complètent ce groupe des dix pays asiatiques qui constituent la queue du peloton.

Au Sri Lanka (162e), l'État a condamné un journaliste à 20 ans de prison tandis que d'autres journalistes vivent sous la menace et sont contraints de fuir le pays, dit RSF. Le Pakistan arrive 159e, « paralysé » par les meurtres de journalistes pris entre l'armée et l'insurrection. Il partage avec la Somalie le record mondial du nombre de journalistes tués pendant la période étudiée par RSF.

Au Yémen (167e), les journalistes continuent de « payer pour la politique de la terre brûlée que mène le gouvernement contre toute forme de séparatisme ». Une tendance similaire à la baisse s'est dessinée en Syrie (165e). En Afrique, la violence exerce ses pires ravages dans des pays comme la Somalie (164e) et la République démocratique du Congo (146e).

Et dans les Amériques, le Venezuela (124e) figure maintenant parmi les pires violateurs de la liberté de la presse de la région, glissant vers la Colombie (126e) et le Mexique (à égalité avec la Gambie au 137e rang). Le Honduras arrive 128e après le récent coup d'État. Cuba où, dit RSF, « la liberté de la presse est inexistante », tient une position parmi les dix pays de la queue du peloton.

L'Index est constitué à la suite d'un questionnaire auquel ont répondu des centaines de journalistes et d'experts des médias de partout dans le monde. Les pays se voient attribuer un rang et une cote fondés sur les violations de la liberté de la presse commises entre septembre 2008 et août 2009. Il tient compte des agressions physiques, de l'incarcération et des meurtres des journalistes, ainsi que de la censure, de la confiscation des journaux, du harcèlement et du degré d'impunité dont jouissent les responsables des violations de la liberté de la presse. Il inclut la mesure d'autocensure et l'aptitude des médias à faire enquête et à contester ceux qui sont au pouvoir, entre autres critères.

ADDITIONAL INFORMATION
Ressources additionnelles


Dernier Tweet :

As we mark the 3rd EU Day Against Impunity today, let's remember that every day citizens, journalists, artists and… https://t.co/FqXA3BBSRm