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La SIP suit de près l'érosion de la liberté de parole

La violence contre les journalistes, les lois restrictives, les décisions arbitraires des tribunaux et une culture d'impunité, telles sont les tendances majeures qui se manifestent dans la détérioration de la liberté de parole à travers les Amériques, rapporte la Société interaméricaine de la presse (SIP), qui vient de publier ses conclusions dans une série de dossiers consacrés à des pays donés après son assemblée générale du 6 au 10 novembre à Buenos Aires, en Argentine.

La question la plus critique, ce sont les 16 journalistes tués au cours des six derniers mois (huit au Mexique, trois au Honduras, deux au Guatemala, deux en Colombie et un au Salvador), soit le nombre le plus élevé qu'on ait connu depuis quelques années, rapporte la SIP. La mort de tant de journalistes marque une vague extrême de violence liée au crime organisé et à la question de l'impunité.

Une autre tendance dans la région consiste à empêcher l'accès à l'information.
Les organes de presse indépendants se voient régulièrement nier des renseignements officiels, tandis que la législation exigeant une plus grande transparence demeure bloquée. La SIP invite le gouvernement du Panama à autoriser ses citoyens à demander et à recevoir des renseignements sans avoir à justifier un intérêt particulier pour l'obtenir.

À Cuba, les médias dirigés par le gouvernement reçoivent un appui inconditionnel, alors que les voix indépendantes sont étouffées et l'accès à l'Internet est étroitement contrôlé. Cuba bat la marche dans ses tentatives pour contrôler et censurer l'Internet tandis qu'il restreint et intimide un nouveau mouvement de blogueurs.

La SIP a recensé dans les prisons cubaines 27 journalistes qui purgent des peines qui vont d'un à 28 ans. Darsi Ferrer, un journaliste et défenseur des droits de la personne, a été tabassé et arrêté chez lui le 21 juillet. Il est toujours détenu sans jugement. Le 2 novembre, le journaliste et blogueur Roberto de Jesús Guerra Pérez, rédacteur en chef de « Hablemos Press », a été condamné à six mois de prison. Guerra Pérez a été reconnu coupable d'agression, bien qu'il ait été lui-même attaqué par deux individus et qu'il ait défendu ses proches. La SIP condamne l'environnement atroce des prisons et les violations des droits des prisonniers. Un grand nombre de prisonniers souffrent de troubles intestinaux, de malnutrition et de maladie mentale, parmi les nombreux autres problèmes de santé exacerbés par les conditions sanitaires déplorables.

Le lien entre la pauvreté et la liberté de la presse montre à quel point une presse libre et une magistrature indépendante sont nécessaires pour révéler les défauts systémiques, pour contester le pouvoir d'État et l'amener à répondre aux besoins de tous ses citoyens. « La persécution du journalisme et de toute opinion qui diverge de celle des détenteurs du pouvoir ne fait que commencer la lente et tortueuse glissade vers le totalitarisme corrompu qui entraîne plus de pauvreté et plus de violence. »

Les membres de la SIP ont ratifié des résolutions couvrant les meurtres de journalistes, la censure judiciaire, les contrôles qu'exerce le gouvernement sur la presse, ainsi que la suspension des garanties constitutionnelles, notamment. La SIP invite les autorités du Honduras à lever les restrictions qui pèsent sur la presse, à cesser de fermer des médias et à faire de la libre expression le point central de toute solution à la présente crise politique. Au Venezuela, la SIP demande la libération du journaliste incarcéré Gustavo Azócar et de mettre fin à la politique de persécution des journalistes.

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