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Les membres de l'IFEX demandent la protection des femmes journalistes et des militantes pour marquer la Journée de lutte contre la violence

Des femmes protestent contre le verdict dans l’affaire de Lubna Ahmed Al-Hussein, la journaliste soudanaise arrêtée pour avoir porté un pantalon.
Des femmes protestent contre le verdict dans l’affaire de Lubna Ahmed Al-Hussein, la journaliste soudanaise arrêtée pour avoir porté un pantalon.

Le massacre et le viol d'au moins quatre femmes journalistes aux Philippines cette semaine illustre les risques supplémentaires que courent les femmes journalistes. C'est pourquoi 40 groupes membres de l'IFEX marquent la Journée internationale pour l'Élimination de la violence contre les femmes, le 25 novembre, en lançant un appel conjoint à l'action.

À l'initiative du Groupe de travail de l'IFEX sur le genre, lui-même présidé par la Fédération internationale des journalistes (FIJ), l'action conjointe attire l'attention sur les nombreuses femmes journalistes qui sont visées parce qu'elles sont des femmes. Elles courent le risque d'un certain nombre d'agressions, notamment les menaces de mort, l'enlèvement, les agressions physiques, dont les assauts, la flagellation et l'assassinat, ainsi que le harcèlement sexuel, verbal et judiciaire.

Cette année, plusieurs femmes ont été assassinées ou menacées de mort pour avoir dénoncé la corruption et les violations des droits de la personne.

Le 11 janvier, Uma Singh, journaliste de la presse écrite et électronique âgée de 24 ans, a été sauvagement agressée et assassinée par 15 hommes chez elle, à Dhanusa, au Népal. Elle enquêtait sur les prises de possession illégales de terres et s'opposait aux menaces portées aux droits des femmes. La nuit du meurtre de Singh, la correspondante du « Kantipur Daily », Manika Jha, recevait des menaces de mort d'un groupe qui lui a dit que « maintenant ce serait son tour ».

Natalïa Estemirova, qui travaillait pour le groupe de défense des droits de la personne « Memorial » et qui collaborait à la « Novaïa Gazeta », a été enlevée de chez elle le 15 juillet à Groznyï, en République tchétchène. Son cadavre criblé de balles a été retrouvé en Ingouchie voisine. Estemirova était l'une des rares sources d'information crédibles pour les groupes de défense des droits et les journalistes de l'extérieur de la région.

En juillet, Lubna Ahmed Hussein, une journaliste soudanaise au franc parler, championne des droits des femmes et employée des Nations Unies, a été arrêtée dans un restaurant en compagnie de plusieurs femmes pour s'être « vêtue de manière sensationnaliste » et avoir menacé les valeurs de la société soudanaise en portant un pantalon. Avec d'autres femmes, elle a été condamnée à être fouettée; et bien qu'elle soit allée devant les tribunaux pour faire renverser les chefs d'accusation, d'autres femmes ont reçu dix coups de fouet dans cette affaire. Lorsque des femmes ont défilé dans les rues pour protester contre sa condamnation, 50 avocates, militantes et journalistes ont été arrêtées et tabassées par la police.

Au printemps, les menaces de mort et les mesures de harcèlement se sont accrues contre l'auteure, journaliste et militante mexicaine primée Lydia Cacho, ce qui a fait craindre pour sa sécurité. Cacho reçoit des menaces de mort sur son blogue. Après la parution, en 2005, de son livre sur la pornographie juvénile au Mexique, Cacho a été arrêtée, illégalement, détenue et maltraitée avant d'être soumise à une poursuite pénale en diffamation qui a duré un an.

Le Pacific Freedom Forum (PFF) rapporte que la journaliste Esther Tinning du Vanuatu a été agressée en février devant ses enfants tandis qu'ils se rendaient à l'école. Tinning a subi une fausse couche à la suite de ses blessures. L'assaillant avait été l'objet d'un article qu'elle avait publié. Aux Îles Fidji, le PFF indique que les femmes journalistes sont particulièrement menacées par un régime militaire répressif d'où est absent tout système judiciaire susceptible de protéger leurs intérêts.

Les 40 membres de l'IFEX tentent d'obtenir justice pour les assassins de ces femmes journalistes et de protéger celles qui sont menacées. Entre autres nombreuses recommandations, l'action conjointe presse les gouvernements nationaux, les corps policiers et les employeurs de protéger les femmes journalistes, celles qui défendent les droits de la personne, les écrivaines et les blogueuses, et d'investir dans des programmes d'éducation sur les rapports entre les sexes.

Aujourd'hui, 25 novembre, marque également le début de 16 jours de militantisme du Réseau international des femmes de l'AMARC (AMARC-WIN), qui commencent par une campagne sur Internet destinée à dénoncer la violence contre les travailleuses des médias et à faire des médias un outil pour mettre fin à la violence contre les femmes. À travers le monde, les producteurs de radio communautaire consacrent ces 16 jours à souligner les efforts pour mettre fin à la violence sexuelle, notamment par la promotion du droit des femmes à la liberté d'expression.

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