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Les Rapporteurs spéciaux définissent les dix principales difficultés que devra surmonter la liberté d'expression au cours de la prochaine décennie

Afin de marquer leur dixième année de collaboration, les quatre rapporteurs de la libre expression ont émis la semaine dernière une déclaration conjointe soulignant les dix principales difficultés auxquelles sera confrontée la libre expression au cours des dix prochaines années. L'initiative était organisée par ARTICLE 19 et le Centre for Law and Democracy.

La déclaration souligne le rôle critique de la liberté d'expression, y compris de la diversité et du pluralisme, comme « outil essentiel » pour la défense d'autres droits et « comme élément au coeur de la démocratie ». Elle reconnaît en outre le pouvoir immense de l'Internet comme mécanisme agissant pour « réaliser le droit à la liberté d'expression et d'information ».

Élément clé souligné par les rapporteurs, c'est que les femmes, les minorités, les réfugiés, les peuples autochtones et les minorités sexuelles continuent à lutter pour se faire entendre et pour accéder à des informations qui pourraient leur donner du pouvoir. La sous-représentation des groupes désavantagés dans l'environnement médiatique et une couverture médiatique déficiente des questions pertinentes pour les groupes minoritaires constituent des obstacles à la liberté d'expression.

L'ingérence de l'État dans les médias constitue une autre question d'une portée considérable. Cette influence comprend la manipulation politique des médias publics, de sorte qu'ils se transforment en porte-parole de l'État, les exigences en matière d'enregistrement de la presse écrite ou de l'accès à l'Internet, ainsi que le contrôle exercé par le gouvernement sur l'attribution des permis ou la réglementation des radiodiffuseurs.

La diffamation criminelle demeure un empêchement majeur de la liberté de parole, disent les rapporteurs. La plupart des pays ont des lois qui criminalisent la diffamation ou l'insulte dirigée contre quelqu'un ou quelque chose, et environ 10 pays seulement ont pleinement décriminalisé la diffamation. Les rapporteurs s'inquiètent de « la négligence de nombreuses lois qui omettent d'exiger que le plaignant prouve les éléments clés de l'infraction, comme la fausseté et la malveillance », et de lois qui pénalisent les énoncés qui sont vrais, le journalisme exact ou l'expression d'opinions. Les journalistes risquent de lourdes peines de prison, la perte de leurs droits civils et des amendes exorbitantes à cause de ces lois répressives.

Les rapporteurs attirent également l'attention sur les pressions commerciales qui façonnent la capacité des médias à diffuser des informations. La concentration croissante de la propriété des médias peut avoir des effets considérables sur la diversité du contenu. Aussi, le « fractionnement du marché de la publicité » peut mener à « des mesures de réduction des coûts comme la diminution du contenu local » et à une « diminution de la pratique du journalisme d'enquête ».

La violence contre les journalistes constitue une menace constante, alors qu'on a recensé « en 2009 plus de meurtres de journalistes motivés par la politique que pendant toute autre année de la dernière décennie ». Les autres questions couvertes par les rapporteurs comprennent : des limites au droit à l'information, le financement public des radiodiffuseurs publics, l'idée de sécurité nationale déformée et utilisée afin d'imposer des restrictions à la libre expression, le blocage de sites web et de domaines de la Toile. Les rapporteurs soulignent en outre le fait que la majorité de la population du monde n'a pas accès à Internet, les pauvres et ceux qui vivent dans les régions éloignées des grands centres dans les communautés rurales étant incapables d'accéder aux informations pertinentes pour leur vie.

Les quatre mandatés spéciaux sur la liberté d'expression sont Frank La Rue, Rapporteur spécial des Nations Unies sur la protection et la promotion du droit à la liberté d'opinion et d'expression; Miklos Haraszti, Représentant de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe pour la liberté des médias; Catalina Botero, Rapporteur spécial de l'Organisation des États américains pour la liberté d'expression; et Pansy Tlakula, Rapporteur spécial de la liberté d'expression et de l'accès à l'information de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples.

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