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Les membres de l'IFEX célèbrent la Journée mondiale de la liberté de la presse et honorent les journalistes assassinés

Les correspondants somaliens et sri-lankais font rapport sur la Journée mondiale de la liberté de la presse.
Les correspondants somaliens et sri-lankais font rapport sur la Journée mondiale de la liberté de la presse.

via IPI

À l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, les membres de l'IFEX ont exigé que justice soit faite des journalistes assassinés, braqué les projecteurs sur les ennemis de la liberté de la presse à travers le monde, et reconnu que des médias libres et le respect du droit à l'information sont nécessaires pour avoir des gouvernements réceptifs et responsables. La date du 3 mai a été proclamée Journée mondiale de la liberté de la presse par l'Assemblée générale de l'ONU en 1993 à la suite d'une recommandation adoptée en 1991 par l'UNESCO.

Dans le sillage de la publication de l'Index de l'Impunité, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a choisi de mettre les autorités au défi de résoudre les cas de 10 journalistes assassinés à cause de leur travail. Ces dix cas non résolus sont emblématiques de l'absence de volonté politique de trouver les tueurs, ce qui favorise la culture d'impunité.

Dans les cas retenus, la recherche du CPJ montre que les responsables de l'application de la loi ont négligé de suivre des pistes, d'interviewer des témoins, d'amasser suffisamment de preuves ou d'entreprendre des poursuites fructueuses. Dans de nombreux scénarios, des suspects ont été identifiés; dans d'autres, on a des preuves qui mènent directement aux coupables potentiels. « La résolution de ces affaires commencerait à changer la culture d'impunité dans le monde, cette culture qui entraîne l'autocensure généralisée et qui étouffe le dialogue dans le monde. »

Le premier cas portait sur les 30 journalistes et artisans des médias philippins massacrés en novembre 2009. Un autre cas concerne les journalistes libanais Samir Qassir et Gébran Tueni, tués dans des attentats à la voiture piégée en 2005 pour avoir critiqué la Syrie. Des journalistes au Sri Lanka, en Russie, au Mexique, en Irak, en Gambie, au Pakistan, en Azerbaïdjan et au Burkina Faso figurent aussi sur la liste. Le CPJ rapporte que, dans 90 pour 100 des cas de journalistes assassinés, les tueurs ne sont pas traduits en justice. http://www.ifex.org/international/2010/04/30/cpj_wpfd/

Le Comité des écrivains en prison du PEN International (WiPC) a également décidé de réfléchir à la « longue et honteuse tradition d'impunité » et de prendre un instant pour honorer les écrivains et les journalistes tués dans l'exercice de leur profession. Le WiPC a rendu hommage à quatre journalistes, parmi 50 cas emblématiques qui représentent le travail de l'organisation au cours des 50 dernières années. Le journaliste bulgare Georgi Markov a fait défection en 1962, est devenu communicateur à la radio, et a été assassiné à Londres en 1978 par les services secrets bulgares. Le journaliste et romancier algérien Tahar Djaout a été abattu en 1993 après avoir fait paraître, entre 1981 et 1991, quatre romans qui critiquaient le despotisme. La journaliste indépendante russe Anna Politkovskaïa, qui dénonçait les violations des droits de la personne, a été abattue en 2006. Le journaliste turco-arménien Hrant Dink, qui couvrait les violations des droits de la personne, des droits des minorités et les relations turco-arméniennes, a été assassiné en 2007. http://www.ifex.org/international/2010/05/03/impunité_darkens_wpfd/

Reporters sans frontières (RSF) a profité de la journée pour faire honte aux prédateurs de la liberté de la presse - politiciens, responsables gouvernementaux, chefs religieux, milices et organisations criminelles - qui voient dans la presse un secteur de la société qui doit être éliminé. La liste des Prédateurs de la liberté de la presse de cette année compte 40 noms de partout dans le monde et inclut un grand nombre des mêmes suspects qui y figuraient l'an dernier.

Le nom du président du Yémen, Ali Abdulah Saleh, a été ajouté à la liste de RSF parce qu'il a créé un tribunal spécial des délits de presse, qui harcèle les journaux et poursuit une dizaine de journalistes. Le règne de terreur du chef des talibans, le mollah Mohammad Omar, visait les journalistes en Afghanistan et au Pakistan, lesquels subissaient enlèvements et attentats suicides.

RSF mentionne également le chef du gouvernement militaire de Birmanie, Than Shwe, parce qu'il a imposé des peines d'emprisonnement draconiennes à des dizaines de journalistes, de blogueurs et de défenseurs des droits de la personne. Parmi les autres qui figurent sur la liste, on note les milices privées aux Philippines, les Forces de défense israéliennes, les groupes du crime organisé en Italie, les forces de sécurité de l'Autorité palestinienne et les groupes armés népalais. Parmi les chefs d'État, on compte Robert Mugabe du Zimbabwe et le premier ministre russe Vladimir Poutine. http://www.ifex.org/international/2010/05/03/rsf_wpfd/

Dans une série spéciale de correspondances qui dure toute la semaine, l'Institut international de la presse (IIP) se penche sur la Somalie et le Sri Lanka, deux des pays les plus dangereux du monde pour les journalistes l'an dernier. Le Sri-lankais Iqbal Athas traite des campagnes de dénigrement menées contre lui parce qu'il a couvert des affaires de corruption et parlé de sa lutte pour obtenir des ressources afin de mener des enquêtes. Le somalien Mohammed Ibrahim parle pour sa part des interdits proclamés par les insurgés contre les livres et la musique, et du Gouvernement fédéral de transition qui peut à peine se défendre, incapable de tenir tête aux militants qui contrôlent le flux de l'information. http://www.freemedia.at/singleview/4910/

ARTICLE 19 a offert un instantané d'études de cas à travers le monde, choisis pour souligner que seuls des médias libres peuvent donner aux gens les informations dont ils ont besoin pour prendre des décisions sur leur vie. ARTICLE 19 cite un journaliste du Brésil qui se spécialise dans les affaires de corruption qui a amélioré la vie des citoyens de la petite ville de Tejuco, dans l'État de Minas Gerais, grâce à ses reportages. Le journaliste Fábio Oliva a parlé de fonctionnaires locaux qui s'emparaient de fonds publics destinés à des tuyaux d'eau potable, et qui s'en servaient pour leurs propres puits. Les articles d'Oliva ont mené à une enquête; un nouveau réseau d'aqueduc devrait être en place à Tejuco d'ici la fin de 2011. Ailleurs dans le monde, en Asie, deux journalistes vietnamiens qui ont mis au jour une affaire de corruption de haut niveau n'ont pas eu la même chance. Ils ont été arrêtés et condamnés en 2008 à deux ans de prison après avoir publié des articles sur l'aide au développement destinée à la construction de ponts et de routes, qui a plutôt servi à des jeux d'argent.
http://www.ifex.org/international/2010/05/03/free_media_wpfd/

Pour marquer la Journée, l'Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC) a appelé « les gouvernements et les agences internationales à respecter les droits de communication des communautés frappées par des désastres, et à reconnaître le rôle vital des médias communautaires dans la réponse aux catastrophes et dans la reconstruction ». Dans les cas des tremblements de terre en Haïti et au Chili, les stations de radio communautaire ont subi de lourds dommages. Mais un grand nombre d'entre elles ont pu revenir en ondes et fournir des informations vitales sur les personnes disparues et sur les besoins des personnes déplacées. « Il ne suffit pas de se concentrer sur des messages d'information vers les communautés frappées. Les premiers secours viennent des gens des communautés elles-mêmes, qui ont besoin d'outils de communication pour organiser les secours locaux », dit l'AMARC. http://www.amarc.org/index.php?p=home&l=EN

Deux groupes membres de l'IFEX, Freedom House et le Comité mondial pour la liberté de la presse (WPFC), ont annoncé qu'ils avaient associé leurs activités. L'incorporation du Comité dans le groupe Freedom House, plus considérable, a été prévue afin de coïncider avec la Journée mondiale de la liberté de la presse. http://www.wpfc.org/?q=node/419

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