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L'ONU est priée de ne pas appuyer de lois qui interdisent la « diffamation de la religion »

Cinq membres de l'IFEX prient l'ONU de ne pas adopter une résolution qui ferait de la diffamation de toute religion un délit reconnu à l'échelle internationale. Des déclarations montrant les répercussions qu'une telle loi aurait contre la libre expression ont été faites à une table ronde organisée de façon à coïncider avec la réunion du Conseil des droits de l'homme à Genève le 16 septembre. La table ronde se tenait sous les auspices du PEN International et était parrainée par les Centres américain et norvégien du PEN International, Index on Censorship, l'Union internationale des éditeurs (UIE) et ARTICLE 19.

« Les droits de la personne sont rattachés aux individus, non aux États, aux groupes organisés ou aux idées », a déclaré le président du PEN International, John Ralston Saul, tandis au moment où il assurait la présidence d'une séance de deux heures.

Le Conseil des droits de l'homme et l'Assemblée générale des Nations Unies ont adopté au cours des dernières années plusieurs résolutions qui invitent les pays à interdire la « diffamation des religions ». L'intérêt pour des lois de cette nature s'est accru à la lumière d'événements récents dans le monde, dont la volonté affichée par un pasteur de Floride de brûler des exemplaires du Coran, l'interdiction de construire des minarets en Suisse et la décision récente en France d'interdire le foulard islamique, indique la directrice d'ARTICLE 19, Agnès Callamard.

Bien que ces éléments soient en eux-mêmes alarmants, les participants à la table ronde ont fait valoir que les lois qui existent déjà sur la discrimination et la diffusion de la haine suffisent pour s'attaquer aux discours haineux dirigés contre les groupes religieux.

Budhy Rahman, de la Asia Foundation, a déclaré que les lois de l'Indonésie sur la diffamation religieuse « punissent la critique non violente des idées et les croyances politiques ou religieuses qui n'ont pas la faveur ». Les lois de l'Indonésie sur le blasphème ont été promulguées en avril 2010 prévoient des peines de prison pouvant aller jusqu'à cinq ans contre ceux qui « dévient » des enseignements des religions officielles du pays. Plusieurs organisations de l'IFEX ont déposé un mémoire à titre d'amis de la cour devant la Cour constitutionnelle de l'Indonésie afin de faire abroger ces lois, qui ont fini par être confirmées.

En mars 2010, 40 membres de l'IFEX ont fait parvenir un document conjoint au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies pour exprimer leur consternation après l'adoption récente par le Conseil de résolutions sur la « diffamation des religions ».

Dans cette lettre collective, les membres déclaraient que toute loi protégeant une religion contre la diffamation est « nuisible quant à son objectif apparent » parce que, en pratique, cela permettrait des « pratiques discriminatoires par les États à l'égard des minorités religieuses, des voix dissidentes et des non-croyants ».

Dans une déclaration enregistrée sur vidéo pendant la table ronde, l'écrivain Azar Nafisi a posé une question particulièrement poignante : « Qu'arrivera-t-il aux femmes qui se battent à l'heure actuelle contre la lapidation ? »

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