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L'UNESCO suspend le « prix du dictateur »

L'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) a « suspendu indéfiniment » un prix parrainé par le Président de la Guinée équatoriale, Téodor Obiang Nguéma, cédant ainsi aux pressions venues de divers groupes de défenseurs des droits de la personne, dont des membres de l'IFEX, des journalistes, l'archevêque Desmond Tutu, lauréat du prix Nobel, et de 60 professionnels équatoguinéens, selon ce que rapportent Human Rights Watch et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Le bureau exécutif de l'UNESCO s'est réuni à Paris le 20 octobre et a décidé de mettre de côté la récompense « jusqu'à ce qu'on ait atteint un consensus ».

« La façon dont Teodoro Obiang gouverne la Guinée équatoriale mine toutes les valeurs que défend l'UNESCO », dit Tutu Alicante, chef du groupe de pression EG Justice, selon une déclaration de Human Rights Watch. « La suspension est signe que le gouvernement Obiang ne peut pas berner la communauté internationale avec des campagnes de relations publiques bidons sur les droits de la personne. »

Bien que la suspension ne constitue pas une annulation pure et simple, elle a été bien accueillie par les militants. « Nous sommes convaincus qu'il n'y a pratiquement aucune chance que le prix soit jamais décerné », a déclaré Joël Simon du CPJ, qui a fait remarquer que les membres du bureau exécutif ont un droit de veto sur l'attribution du prix.

Le prix a été créé par le bureau en 2008, et la Guinée équatoriale devait le financer pendant cinq ans, pour une somme totale de 3 millions de dollars US.

Dans une lettre envoyée en août à l'UNESCO pour s'opposer à cette récompense, 96 organisations, dont 34 membres de l'IFEX, ont protesté contre la situation de la libre expression en Guinée équatoriale : la presse est presque entièrement contrôlée par l'État; les journalistes locaux qui travaillent pour des médias internationaux sont visés par des mesures de détention ou d'incarcération; la censure préalable à la publication et l'autocensure sont monnaie courante.

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