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Les membres de l'IFEX rendent hommage aux défenseurs de la libre expression à l'occasion de la Journée des droits de l'Homme

Le prix est déposé sur la chaise vide du lauréat du prix Nobel Liu Xiaobo à la cérémonie d’Oslo
Le prix est déposé sur la chaise vide du lauréat du prix Nobel Liu Xiaobo à la cérémonie d’Oslo

www.liuxiaobo.eu

Une chaise vide était réservée pour le lauréat du prix Nobel de la paix Liu Xiaobo à la cérémonie de cette année, le 10 décembre à Oslo, afin de signifier son incapacité à recevoir la récompense en personne. Son incarcération continue pour avoir exigé le respect des droits de la personne et des réformes politiques en Chine symbolise tous les défenseurs des droits de la personne et les journalistes qui sont persécutés parce qu'ils demandent justice. Soulignant de façon poignante la Journée internationale des droits de l'Homme, les membres de l'IFEX ont fait l'éloge du courage de Liu Xiaobo et ont souligné les défenseurs des droits partout dans le monde.

Le Comité Nobel de Norvège a annulé la partie de la cérémonie consacrée à la remise de la récompense après que les autorités chinoises eurent empêché des membres de la famille de Liu Xiaobo de se rendre à Oslo recevoir le prix en son nom. Son épouse Liu Xia est assignée à résidence depuis le 8 octobre. Le gouvernement chinois a en outre intimidé d'autres gouvernements pour les contraindre à s'abstenir d'assister à la cérémonie, rapportent Human Rights Watch et Freedom House. Dix-neuf pays ont cédé aux pressions: l'Afghanistan, l'Algérie, l'Arabie saoudite, la Colombie, Cuba, l'Égypte, l'Iran, l'Irak, le Kazakhstan, le Maroc, le Pakistan, la Russie, la Serbie, le Soudan, le Sri Lanka, la Tunisie, l'Ukraine, le Venezuela et le Viêt-nam.

La nouvelle de l'attribution du prix est lourdement censurée à l'intérieur de la Chine, indiquent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et Reporters sans frontières (RSF). Selon les dépêches, un grand nombre de personnes ne savent pas qui est Liu Xiaobo.

Beijing a réagi à l'attention en surveillant de près d'autres dissidents, rapportent Human Rights Watch et la FIJ. Les coauteurs de la Charte 08 - le document que Liu Xiaobo a contribué à créer, qui esquisse des réformes politiques graduelles - sont empêchés de se rencontrer, de donner des entrevues aux médias ou de se rendre à l'étranger. D'innombrables autres activistes sont harcelés et convoqués à des interrogatoires par des officiers de sécurité. Des universitaires, des juristes et des artistes bien connus sont aussi empêchés de sortir du pays.

« L'escalade de la répression par Beijing en réponse au prix Nobel de la paix justifie la la décision du Comité Nobel de souligner la réalité de la Chine au chapitre des droits de la personne », dit Human Rights Watch. Le Centre américain du PEN International a rendu hommage au « courage tranquille » de Liu Xiaobo. On estime à des milliers le nombre des prisonniers politiques et religieux en Chine.

Le groupe Freedom House a commémoré la Journée internationale des droits de l'Homme par la présentation dans la revue « Foreign Policy » les profils de Liu et de quinze autres éminents prisonniers politiques à travers le monde. Le groupe inclut U Gambria, un moine bouddhiste et ancien enfant soldat qui purge actuellement une peine de 63 ans de prison. La liste mentionne également l'incarcération d'environ 200 000 prisonniers politiques inconnus dans un goulag de camps de prisonniers en Corée du Nord, où les prisonniers sont soumis à la torture, aux exécutions publiques et à l'esclavage. L'Asie se place bien en vue sur la liste, qui comprend également le dissident chinois et militant de la lutte contre le sida Hu Jia et le moine vietnamien Thich Quang Do.

Les prisonniers d'ailleurs dans le monde comprennent le blogueur d'opposition bahreïni Abduljalil Al-Singace, l'avocat syrien défenseur des droits Haitham Al-Maleh, l'avocate iranienne Nasrin Sotoudeh, le poète ouzbek Yussouf Juma, le défenseur des droits kazakh Yevgeny Zhovtis, le défenseur des droits biélorusse Nikolai Avtuhovich, le médecin cubain dissident Óscar Elías Biscet et le journaliste gambien et défenseur des droits Edwin Nebolisa Nwakaeme, entre autres cas couverts par les membres de l'IFEX.

ARTICLE 19 a souligné la journée en pressant les États de rendre redevable toute personne qui lèse les défenseurs des droits de la personne. « Le déni des droits des défenseurs des droits de la personne crée un “effet déstabilisateur” sur leur droit à la liberté d'expression, entrave le “droit de savoir” du public et constitue un empêchement important à leur capacité de tenir les acteurs d'État et non gouvernementaux responsables des violations. »

Le 10 décembre, le Centre palestinien pour le développement et la liberté des médias (Palestinian Center for Development and Media Freedoms, MADA) a profité de l'occasion pour attirer l'attention sur l'accroissement considérable du nombre des attaques contre les journalistes palestiniens. L'an dernier, le MADA a recensé 173 attaques commises par les forces d'occupation israéliennes et les services de sécurité palestiniens en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza. Cette année, les violations de la liberté des médias vont se chiffrer à plus de 200. Le MADA demande la libération immédiate des journalistes détenus.

L'insécurité des conditions de travail des journalistes somaliens a été rapportée dans un dossier publié à l'occasion de la Journée internationale des droits de l'Homme par le Syndicat national des journalistes somaliens (National Union of Somali Journalists, NUSOJ) : « The untold tales of deep misery: Somali journalists and their precarious work » (Les histoires jamais racontées d'une profonde souffrance : Les journalistes somaliens et la précarité de leur travail). Les journalistes sont mal payés, ils vivent dans l'insécurité, sans protection et ne peuvent faire vivre leur famille, dit le dossier. La discrimination et les violences sexuelles contre les femmes journalistes constituent aussi une question d'importance majeure.

L'Association des journalistes d'Afrique de l'Est (EAJA) attire l'attention sur la persécution accrue des médias sous prétexte de guerre à la terreur. Sept journalistes ont été tués cette année, l'Ouganda et la Somalie se hissant au haut de la liste pour le nombre des victimes. « Notre préoccupation, c'est la forte température politique en Ouganda, au Soudan, aux Comores, à Djibouti et aux Seychelles en raison d'élections imminentes et d'un référendum. Nous craignons que l'ordre du jour politique, les machinations et la criminalité soient invoqués pour limiter toutes les libertés civiles, notamment la liberté d'expression et la liberté des médias », a déclaré le secrétaire général de l'EAJA, Omar Faruk Osman, qui est également président du NUSOJ.

En Azerbaïdjan, l'Institut pour la liberté et la sûreté des reporters (Institute for Reporters' Freedom and Safety, IRFS) dénonce le gouvernement parce qu'il ignore la Journée internationale des droits de l'Homme, et attire l'attention sur le cas du journaliste emprisonné Eynulla Fatullayev, qui reste derrière les barreaux en dépit du fait que la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a statué et exigé sa remise en liberté. L'IRFS rappelle en outre que plusieurs prisonniers d'opinion, arrêtés dans le sillage des élections parlementaires de 2005, continuent de croupir en prison.

L'Organisation des médias du Sud Est de l'Europe, organisation affiliée à l'Institut international de la presse, (SEEMO-IIP) a choisi la Journée internationale des droits de l'Homme pour rendre hommage au caricaturiste politique Christo Komarnitski, qui travaille au quotidien bulgare « Sega » (Maintenant) et à deux hebdomadaires, « Sofia Echo » et « Starshel » (La Guêpe), en lui décernant son prix des droits de la personne.

La Journée internationale des droits de l'Homme marque l'anniversaire de l'adoption par l'Assemblée générale des Nations Unies, en 1948, de la Déclaration universelle des droits de l'homme des Nations Unies.

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