RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Plus de 100 organisations de défense des droits pressent l'ONU de s'opposer à la diffamation des religions

Plus de 100 organisations de défense des droits à travers le monde, dont 41 groupes membres de l'IFEX, ont conjugué leurs forces pour presser les États membres qui participaient à la séance du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies de ce mois-ci de renégocier les résolutions sur la diffamation des religions, qui dans les résolutions, déclarations et conférences mondiales des Nations Unies, font un crime de la critique de la religion. La 16e séance du Conseil des droits de l'homme se déroule du 28 février au 25 mars 2011 à Genève.

Dans une lettre conjointe adressée aux représentants des États membres du Conseil, les groupes de défense des droits indiquent que toute décision de combattre la diffamation des religions contredit le droit à la libre expression - et va à l'encontre du consensus international intervenu récemment selon lequel cette notion officialise dans les faits la répression et la violence à l'égard des non-croyants et des dissidents politiques.

D'après la déclaration, rédigée sous la direction d'ARTICLE 19, de l'Institut du Caire pour les études sur les droits de la personne (Cairo Institute for Human Rights Studies, CIHRS) et du groupe Human Rights Watch, depuis deux ans la notion de « diffamation » ou de « dénigrement » des religions perd de son élan devant les Nations Unies. Par exemple, trois rapporteurs spéciaux des Nations Unies ont déclaré dans un énoncé conjoint à la Conférence de Revue de 2009 à Durban que les lois interdisant la « diffamation des religions » sont régulièrement invoquées pour justifier la discrimination, la répression et la violence contre les minorités religieuses qu'elles sont censées protéger.

De plus, dit la déclaration des 113 groupes de défense des droits, les débats qui entourent les résolutions des Nations Unies comptent « parmi celles qui polarisent le plus l'ONU et qui ont pour effet de paralyser la coopération internationale dans d'autres questions liées aux droits de la personne ».

Les groupes demandent au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies de renégocier la résolution sur « la lutte contre la diffamation des religions » et d'obtenir un consensus autour d'une résolution qui reflète le droit international en matière de droits de la personne - à savoir que les garanties internationales relatives à la liberté d'expression traitent convenablement de la lutte contre la discrimination pratiquée contre des individus et des groupes pour des motifs raciaux et religieux. Mais la religion ne doit être mise à l'abri ni du débat ni de la critique, disent les groupes.

Plus précisément, ils demandent aux États membres de rejeter toute allusion à la « diffamation » ou au « dénigrement » des religions, des symboles religieux et des personnes, et d'appuyer plutôt une résolution qui se concentre sur la liberté d'expression et de religion, ainsi que la non-discrimination par des moyens qui reflètent convenablement les droits de la personne à l'échelle internationale.

Au cours de la dernière décennie, et en particulier depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, plusieurs résolutions non contraignantes ont été débattues et adoptées par les Nations Unies qui condamnent la « diffamation de la religion ». Les propositions, parrainées au nom de l'Organisation de la Conférence islamique, visent à protéger toutes les religions, mais la seule religion dont il est dit précisément qu'elle est attaquée est l'islam.

Dernier Tweet :

Malaysia: Repeal of Anti-Fake News Act must be followed by broader reforms https://t.co/5RvDjPffuC @Article19Msia… https://t.co/aHLuG8ZZO9