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À l'occasion de la Journée internationale des Femmes, les membres de l'IFEX saluent les femmes en tête des manifestations

Le 8 février 2011, devant le parlement au Caire, une femme demande au Président de l’Égypte Hosni Moubarak de démissionner
Le 8 février 2011, devant le parlement au Caire, une femme demande au Président de l’Égypte Hosni Moubarak de démissionner

REUTERS via CBC

Lors des récents soulèvements survenus en Tunisie, en Égypte et ailleurs dans la région, les femmes se sont trouvées au coeur de la tourmente, s'adressant aux médias, s'organisant sur Facebook et prenant la tête des manifestations. Des militantes comme Sana Ben Achour ont couru de grands risques pour se rallier les représentantes de syndicats et les défenseurs des droits des femmes pendant la montée qui a mené en janvier à l'éviction du pouvoir du Président de la Tunisie. « La peur est partie, le peuple a rejeté la peur; j'attends ce jour depuis 20 ans », a dit Achour à ARTICLE 19. Le 8 mars, les femmes ont fait entendre leur voix dans les rues d'Iran, d'Égypte et de Bahreïn, notamment.

En ce 100e anniversaire de la Journée internationale des Femmes, les membres de l'IFEX rendent hommage à Achour et à d'autres femmes qui se trouvent au premier rang des révolutions du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, ainsi qu'aux femmes journalistes, aux écrivaines et militantes qui revendiquent leurs droits face à la répression.

Dans le sillage du départ de Ben Ali, Achour, qui est présidente de l'Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), n'a pas mis fin à la lutte. Elle a dirigé une manifestation d'un millier de personnes venues protester à Tunis afin de souligner la nécessité de respecter les droits des femmes pendant la transition.

En cette Journée internationale des Femmes, les membres du Groupe d'observation de la Tunisie organisé par l'IFEX (TMG de l'IFEX) ont fait parvenir des « roses symboliques » à l'ATFD, qui organise un événement à Tunis les 12 et 13 mars sur le thème des « Tunisiennes indépendantes après la révolution »

« Au cours des dernières années, nous avons profité de la Journée internationale des Femmes pour décrier les attaques contre les femmes en Tunisie, notamment la diffamation et les injures que subissent les femmes journalistes et les activistes en Tunisie », dit le président du TMG de l'IFEX Rohan Jayasekera. « Heureusement, cette année, nous célébrons les Tunisiens courageux qui ont aidé à tourner la page et à s'engager vers la démocratie, où les femmes peuvent parler librement sans crainte de représailles. »

Toutefois, ajoute l'écrivaine Eide du PEN de Norvège, « quand un pays traverse une révolution aussi considérable que ce que vient de vivre la Tunisie, et qui a bénéficié en grande partie de la participation des femmes, les nouveaux dirigeants ne doivent pas ignorer les intérêts des femmes et la variété des rôles qu'elles pourraient jouer dans l'édification d'un nouveau pays où règnent pour tous la libre expression et le respect des droits de la personne ». Lire la déclaration intégrale ici.

ARTICLE 19 consacre la Journée internationale des Femmes de 2011 à Achour et aux autres femmes à travers le monde qui prennent la parole pour dénoncer l'oppression et l'inégalité.

« La vaste majorité de ces femmes ne sont pas des activistes politiques de renom, ni des championnes des droits de la personne ni des cyber-activistes, mais des femmes ordinaires, jeunes et pas si jeunes, instruites et peu instruites, cultivées et analphabètes, qui se sont rassemblées et ont marché, scandant des slogans, hurlant sans relâche leur colère et leurs exigences, et dénonçant l'oppression, la censure et l'inégalité », dit ARTICLE 19.

En plus d'Achour, ARTICLE 19 brosse également le profil des 12 femmes du Bangladesh qui ont reçu d'ARTICLE 19 les Bourses pour les femmes journalistes issues de la base (Grassroots Women Journalists' Fellowships); il présente les rédactrices indiennes Harinder Baweja et Madhu Kishwar; la reporter mexicaine Rosa Isela Perez, qui couvre la violence contre les femmes de Ciudad Juárez; Ndey Tapha Sosseh, première femme à diriger l'Union des journalistes de Gambie; et Nasrine Sotoudeh, éminente avocate des droits de la personne, emprisonnée en Iran. Voir ces profils ici.

Cette année, la Journée internationale des Femmes marque le sixième mois de la peine de onze ans de prison infligée à Sotoudeh. On croit qu'elle est inculpée pour avoir donné des entrevues critiques à des médias étrangers à la suite de l'élection présidentielle contestée de juin 2009, et pour son appartenance à l'Association des défenseurs des droits de la personne.

En ce jour, Sotoudeh est aussi le centre de l'attention du Comité des écrivains en prison (WiPC) du PEN International, qui demande sa remise en liberté et la fin des arrestations et de la persécution de « toutes celles qui dénoncent les violations des droits de la personne ». Cliquer ici pour voir comment envoyer un appel de condamnation des dures conditions d'incarcération de Sotoudeh et pour lire certains de ses articles traduits en anglais.

Un certain nombre de rassemblements pour la liberté des femmes se sont déroulés le 8 mars à travers l'Iran afin de soutenir les femmes en prison, exiger la pleine égalité juridique pour les femmes, et faire preuve de solidarité avec les mères dont les enfants ont été tués durant les protestations qui ont suivi l'élection. Human Rights Watch énonce quelques-uns des défis auxquelles les Iraniennes sont confrontées en cette journée des Femmes ici.

Le WiPC demande en outre justice pour la poète mexicaine assassinée Susana Chávez Castillo. Chávez était à la tête de manifestations contre les meurtres non résolus de femmes violées et tuées à Ciudad Juárez depuis le début des années 1990. Malheureusement, elle a connu le même sort qu'elles : son cadavre a été retrouvé au centre-ville le 6 janvier. Elle avait été étranglée et on lui avait coupé la main gauche. Les autorités ont nié que son assassinat fût relié de quelque manière à son militantisme et à sa poésie ou au crime organisé. Ce meurtre demeure donc non résolu. Cliquer ici pour en savoir plus sur Chávez, notamment pour voir des exemples de son travail et connaître des moyens de venir en aide.

Les Journalistes canadiens pour la libre expression (CJFE) brossent eux aussi le profil du travail de quatre femmes journalistes « qui travaillent courageusement dans des conditions difficiles et dangereuses » : Jila Baniyaghoub, d'Iran, Li Jianhong de Chine, Irina Khalip du Bélarus et Jineth Bedoya Lima de Colombie.

Journaliste au journal « Novaïa Gazeta » de Moscou, Khalip a été incarcérée le 19 décembre à la suite des manifestations de protestation de l'opposition qui se sont déroulées après l'élection à Minsk. Bien qu'elle ait été libérée sous caution, elle est gardée en résidence surveillée et risque 15 ans de prison pour avoir organisé des désordres de masse. Pendant qu'elle était en prison, les autorités ont tenté de retirer son fils de trois ans de la garde de sa grand-mère. Son mari, Andreï Sannikov, candidat à la présidence, est toujours détenu.

Pour tout savoir sur les quatre journalistes, dont plusieurs ont été honorées en se voyant décerner les Prix internationaux de la Liberté de la presse du CJFE, aller à Déclaration du CJFE.

La salle des nouvelles est toujours en grande majorité un monde d'hommes, selon un rapport fort à propos de Reporters sans frontières (RSF) rendu public le 8 mars. Bien que davantage de femmes soient devenues journalistes au cours des vingt dernières années, peu d'entre elles occupent des fonctions de cadres et de chefs de la rédaction, dit RSF à La presse : chasse gardée des hommes, zone dangereuse pour les femmes.

Le rapport renferme des interviews avec des femmes journalistes de partout dans le monde, qui décrivent les différents problèmes qu'elles trouvent sur leur route au travail, depuis la discrimination de tous les jours jusqu'aux formes de violence les plus tragiques.

Ces sentiments trouvent un écho à déclaration de la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Bien que cette année marque 100 ans depuis la première Journée internationale des Femmes, « la lutte pour les droits des femmes est une bataille qui n'est toujours pas gagnée, en particulier pour les femmes dans les médias », dit la FIJ.

La FIJ fait également partie de la campagne de l'UNESCO en vue de promouvoir l'égalité des sexes dans les médias, « Les Femmes font l'info ». Le thème de cette année, « les médias et la connaissance en matière d'information et les sexes », se penche sur la façon dont les citoyens, en tant qu'usagers des médias et des systèmes d'information, peuvent influencer la façon dont on couvre les rapports hommes-femmes dans les médias. L'UNESCO et la FIJ invitent aussi les journalistes et les entreprises de presse à partager leur vécu et leurs meilleures pratiques sur la façon dont elles s'attaquent à cette question. Racontez votre histoire ici. Vous avez jusqu'au 30 mars pour faire part de vos commentaires et pour qu'ils soient affichés sur le site web Les Femmes font l'info.

Enfin, écoutez les émissions en baladodiffusion de l'Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC) pour entendre 24 heures de programmation multilingue s'adressant aux femmes, par des femmes de partout dans le monde. Cette année, une série dramatique diffusée à la radio et intitulée « Le reportage du marché » a été présentée sur les ondes de stations de radio grand public de la zone Asie-Pacifique. L'action, qui se déroule dans un marché local des Fidji, et diffusée en anglais, en fidjien et en hindi, est produite par des femmes qui espèrent promouvoir la participation des femmes à la gouvernance locale. Vous pouvez rediffuser la dramatique ou tout autre programme, gratuitement, sur les ondes de votre station locale de radio communautaire.

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