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Une nouvelle résolution de l'ONU se détourne du concept de la diffamation des religions

Un chrétien tient une croix en bois lors d’un rassemblement convoqué pour condamner l’assassinat du ministre pakistanais des Minorités, Shahbaz Bhatti, à Lahore, en mars 2011. Bhatti a été tué parce qu’il contestait la loi du Pakistan sur le sacrilège
Un chrétien tient une croix en bois lors d’un rassemblement convoqué pour condamner l’assassinat du ministre pakistanais des Minorités, Shahbaz Bhatti, à Lahore, en mars 2011. Bhatti a été tué parce qu’il contestait la loi du Pakistan sur le sacrilège

REUTERS/Mohsin Raza

Le principal organisme de défense des droits de la personne des Nations Unies a abandonné sa condamnation de la « diffamation » des religions et a adopté plutôt une résolution qui appuie le droit de l'individu à la liberté de conscience - geste que les membres de l'IFEX attendaient depuis longtemps.

Plutôt que de présenter de nouveau la résolution sur la diffamation des religions, l'Organisation de la Conférence islamique (OCI) a déposé une nouvelle résolution à la dernière séance du Conseil des droits de l'homme, qui se penchait sur la fin de la discrimination religieuse.

Intitulée « Combating Discrimination and Violence » (Le Combat contre la discrimination et la violence), la résolution, adoptée à l'unanimité le 24 mars, enlève toutes les références à la protection des religions contre la critique et met l'accent sur la protection des personnes contre la discrimination ou la violence, explique le Centre américain du PEN International.

ARTICLE 19 et l'Institut du Caire pour les études sur les droits de la personne (Cairo Institute for Human Rights Studies, CIHRS), qui mènent la campagne contre la « diffamation de la religion », ont déclaré que la nouvelle résolution constitue une « avancée importante pour le Conseil des droits de l'homme et le système international des droits de la personne dans son ensemble ».

« Cette nouvelle résolution met l'accent sur la protection de la liberté de conscience des personnes en employant et en protégeant ce même droit à la “diffamation” qui est remis en question, à savoir la liberté d'expression », a déclaré le directeur du CIHRS, Bahey Eldin Hassan.

Les résolutions précédentes au cours de la dernière décennie, appuyée en grande partie par l'OCI, cherchaient à criminaliser la moindre critique de la religion que des croyants estimaient offensante, et le concept de diffamation de la religion a évolué et est devenu l'un des débats les plus polarisants de l'ONU. ARTICLE 19 et le CIHRS font valoir depuis longtemps que le concept sert à justifier l'imposition de limites à la libre expression - comme la validation des lois d'un pays sur le sacrilège, lois qui ont mené à l'emprisonnement de groupes de minorités religieuses et à la répression des dissidents politiques qui dénoncent leur gouvernement.

La nouvelle résolution recommande l'adoption de mesures et de politiques concrètes, comme la création de réseaux de collaboration et de mécanismes de surveillance, et la formation des officiels du gouvernement pour qu'ils dénoncent l'intolérance.

Cette résolution insiste sur l'importance d'un « débat d'idées public et ouvert, ainsi que d'un dialogue inter-confessionnel et inter-culturel, [qui comptent] parmi les meilleures protections contre l'intolérance religieuse », de faire remarquer Hassan.

« S'il se maintient dans les futures résolutions des Nations Unies, ce changement représente une transformation considérable qui fournira un cadre de travail important pour combattre la discrimination, tout en préservant les normes existantes en ce qui concerne les droits de la personne », dit Hassan. « En adoptant ce texte, la communauté internationale renforce les principes de liberté, pour la préservation desquels les peuples d'Égypte et d'autres pays de la région arabe se sont battus si durement. »

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