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Le contrôle et l'intimidation des médias sont une réalité pour 5 milliards et demi de personnes , dit la WAN-IFRA

Quarante-quatre journalistes ont déjà été assassinés cette année, indique l'Association mondiale des journaux et des éditeurs de médias d'information (World Association of Newspapers and News Publishers, WAN-IFRA), qui a lancé une revue de la liberté de la presse dans le monde pendant la Semaine mondiale des journaux, qui s'est déroulée du 10 au 15 octobre à Vienne, en Autriche. Lors des événements, qui ont inclus son Congrès et le Forum mondial des éditeurs, la WAN-IFRA a présenté la Plume d'Or de la Liberté à Dawit Isaak, incarcéré en Érythrée depuis 2001.

La Plume d'Or de la Liberté 2011 a été remise à Esayas Isaak, qui l'a acceptée au nom de son frère, dont on est sans nouvelles depuis 2005. « On ne sait pas s'il est en vie », dit la WAN-IFRA, qui fait remarquer que « pour Esayas, ce fut une cérémonie très émouvante ». Pour plus de renseignements, aller à freedawit.com, ainsi qu'à une entrevue vidéo très prenante avec Esayas.

La « Revue de la liberté de la presse dans le monde en 2011 » décrit le niveau effrayant et enrageant de violence, de censure et d'intimidation contre lesquelles se sont battus les journalistes entre janvier et septembre 2011. Quarante-quatre journalistes ont été assassinés dans le monde parce qu'ils s'efforçaient de dévoiler des informations d'intérêt public pendant cette période, et les agressions contre les journalistes se produisaient tous les jours. Qui pis est, la revue constate que, dans la majeure partie du monde, ceux qui attaquent et tuent les journalistes jouissent de l'impunité.

La WAN-IFRA a aussi rendu public un film très fort pour accompagner la revue. « Imaginez un monde où il n'y a pas de droit d'informer, de rapporter la nouvelle, d'enquêter, de contester ni d'exprimer une opinion », peut-on entendre dans le film, qui décrit l'horreur d'attaques contre les médias. « Pour plus de 5 milliards et demi de personnes, telle est la réalité de leur monde aujourd'hui. » On peut voir le film ci-dessous.



On a noté un accroissement de la répression des médias, surtout en Asie et dans les Amériques. En Asie, il n'y a pas eu de relâche dans les homicides de journalistes pakistanais depuis l'an dernier, l'année la plus meurtrière pour les journalistes de ce pays. Huit journalistes pakistanais avaient été assassinés au moment de la tenue de la revue. Aux Philippines, entre-temps, le Président Benigno Aquino III a refusé d'agir sur des résolutions nécessaires pour avoir une presse libre.

Dans les Amériques, « plus que jamais », dit le rapport, les gouvernements populistes censurent les médias et criminalisent les journalistes. En Équateur, par exemple, le Président et les officiels du gouvernement poursuivent les journalistes pour obtenir des réparations outrageusement élevées, tandis qu'au Venezuela, l'éditeur de journaux Leocenis García a été incarcéré pendant deux mois pour une caricature offensante. Dans d'autres pays, au Mexique notamment, les gangs de trafiquants de drogue censurent une bonne partie des ondes et les journaux par la menace constante d'exécutions brutales.

Au Moyen-Orient et en Afrique en du Nord, site cette année de nombreux mouvements réformateurs, le black-out des médias et les attaques de l'armée contre les journalistes sont fréquents, et constituent de vaines tentatives pour mettre au pas la dissidence populaire. Au Yémen, des journalistes sont attaqués par les fiers-à-bras du gouvernement, qui ne sont ni arrêtés ni poursuivis. En Syrie, la censure pendant la sanglante répression menée par l'armée contre les manifestations a été tellement grave que les seules séquences disponibles sont venues des manifestants eux-mêmes et des médias sociaux.

En Afrique, le harcèlement et l'intimidation des reporters sont particulièrement fréquents pendant les élections, dit la WAN-IFRA. Le dépôt de la Plate-forme africaine sur l'accès à l'information constitue toutefois une évolution positive et une norme importante à partir de laquelle on pourra mesurer les gouvernements africains, note le rapport.

Enfin, en Europe et en Asie en centrale, des lois draconiennes sur la presse, comme celle promulguée en Hongrie en juillet, et le recours fréquent à la diffamation continuent d'étouffer la libre expression. L'impunité sévit toujours en Russie et en Ukraine, en dépit de progrès longtemps retardés dans les enquêtes sur les assassinats des éminents journalistes Georgy Gongadze en Ukraine et Anna Politkovskaïa en Russie.

« Dans bien des parties du monde, l'impunité règne pour les agresseurs tandis qu'ils s'efforcent d'influencer ou de tromper l'opinion publique en s'attaquant à la liberté de la presse », dit le rapport. L'absence de justice dans les affaires d'attaques contre les médias encourage la violence et rend plus difficile pour les journalistes de servir l'intérêt public.

La tendance à l'impunité, ainsi que ses effets délétères, ont incité l'IFEX à instituer la Journée internationale contre l'impunité le 23 novembre.

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