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77 organisations de la société civile demandent à l'ONU de lier l'accès à l'information et l'environnement

Le gouvernement de la Thaïlande a tenté de censurer les informations entourant les pires inondations que le pays ait connues depuis des décennies, qui ont forcé le déplacement de millions de personnes
Le gouvernement de la Thaïlande a tenté de censurer les informations entourant les pires inondations que le pays ait connues depuis des décennies, qui ont forcé le déplacement de millions de personnes

Philip Roeland

Dans une initiative d'ARTICLE 19, 77 organisations de la société civile, membres de l'IFEX et du Réseau des défenseurs de la liberté d'accès à l'information (Freedom of Information Advocates, FOIA Network), demandent aux Nations Unies de défendre les lois sur l'accès à l'information, la transparence et des médias libres comme nécessités essentielles à la viabilité à long terme de l'environnement et de l'humanité. Les Nations Unies tiennent en juin 2012 à Rio un sommet des dirigeants des grandes économies du monde (Rio+20) afin de discuter d'objectifs en matière d'environnement et de développement durable.

« Le droit de chercher, de recevoir et de retransmettre des informations et des idées concernant le développement et l'environnement est fondamental si on veut assurer un développement durable et la protection de l'environnement », ont dit le 31 octobre les 77 signataires dans un mémoire transmis au secrétariat de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (UNCSD). L'objectif est d'inclure les recommandations du mémoire dans la déclaration finale du Sommet Rio+20.

Les groupes demandent l'adoption d'une nouvelle convention internationale qui ferait autorité en matière d'accès à l'information environnementale, de participation publique et d'accès à la justice dans les questions environnementales. Le mémoire demande que la déclaration finale du sommet propose une Loi des Nations Unies sur la liberté d'accès à l'information.

Ils demandent en outre que les États membres et l'UNCSD reconnaissent de manière explicite l'importance d'une « société civile indépendante, de la transparence et de la libre circulation de l'information » dans le rapport définitif de juin 2012 de l'UNCSD.

« Vingt ans après le Sommet de la Terre à Rio, les gouvernements doivent prendre des engagements sérieux et agir de façon à garantir que l'information est accessible au public », dit la Directrice générale d'ARTICLE 19, la Dre Agnès Callamard, dans une déclaration séparée.

Les membres de l'IFEX rapportent depuis quelques années de nombreux cas de répression gouvernementale contre ceux qui partagent des informations liées à l'environnement. Cette répression comprend par exemple l'emprisonnement du comédien Zarganar après que celui-ci eut remis en question les secours apportés par le gouvernement birman à la suite du cyclone Nargis en 2008; elle comprend aussi l'arrestation et la censure des journalistes chinois qui ont rapporté les scandales sur les aliments toxiques.

L'importance vitale de la libre circulation de l'information dans les questions environnementales a été soulignée fin octobre lorsque le gouvernement thaïlandais a censuré le site web « Thaiflood », qui prévenait les citoyens d'inondations massives qui ont fait au moins 400 morts et déplacé des millions de personnes depuis juillet.

D'après le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), le gouvernement a tenté de censurer les avertissements de crues, inquiet qu'ils ne suscitent la « panique » et exigé que le site web « Thaiflood » fasse approuver ses reportages avant de les afficher. Cela aurait de toute évidence mené à la censure ou au retard d'informations pouvant sauver la vie de bien des gens. Le personnel de « Thaiflood » a donc retiré sa base d'opération du Commandement des Opérations de secours aux victimes d'inondation (Flood Relief Operations Command), administré par l'État, et l'a transférée dans un bureau privé. Cette décision permet à Thaiflood de continuer à diffuser des informations non censurées, mais elle signifie aussi que le groupe n'a plus accès aux renseignements du gouvernement sur l'inondation.

Le CPJ ajoute le contexte que le gouvernement s'est attiré la condamnation générale après avoir fait des prédictions erronées ou contradictoires sur l'intensité et l'orientation des eaux de ruissellement. Les inondations actuelles sont les pires que la Thaïlande a connues en cinquante ans.

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