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Les rumeurs au sujet du décès de Dawit Isaak font planer de lourds nuages sur la Journée internationale de l'Écrivain en prison

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Les défenseurs de la libre expression de partout dans le monde ont montré leur solidarité avec les écrivains emprisonnés et assassinés le 15 novembre, Journée internationale de l'Écrivain en prison, organisée par le PEN International.

Les événements étaient variés : séances de lecture, discours, performances et manifestations, organisés pour sensibiliser la population à la situation des écrivains emprisonnés à cause de leurs écrits, de leurs déclarations ou de leur militantisme. Parmi les cas les plus pressants soulignés par le PEN Canada, il y avait celui de Dawit Isaak, co-fondateur de « Setit », premier journal indépendant d'Érythrée, incarcéré sans procès depuis dix ans. Des rumeurs circulant dans les médias sociaux et en ligne affirment que Isaak serait mort en prison le 27 octobre, selon certains membres de l'IFEX qui ont lancé un appel conjoint aux autorités pour qu'elles divulguent des renseignements sur son sort.

Parmi les autres prisonniers politiques sur lesquels le Comité des écrivains en prison du PEN International attire l'attention se trouvent Tashi Rabten, poète et essayiste tibétain emprisonné pour avoir écrit des articles sur la répression brutale des manifestations en faveur de l'indépendance du Tibet; Abdul-Jalil Al-Singace, blogueur défenseur des droits de la personne, condamné à la prison à vie à Bahreïn pour son rôle dans les manifestations en faveur de la démocratie; et Reeyot Alemu, chroniqueur éthiopien coupé de tout contact, y compris de ses avocats, mais que l'on croit être détenu en vertu des lois répressives contre le terrorisme.

La Journée a aussi rendu hommage aux 33 écrivains et journalistes tués au cours de la dernière année, presque la moitié d'entre eux ayant été assassinés au Mexique et au Pakistan. Une poète mexicaine, militante des droits de la personne, Susana Chavez, figurait aussi dans la liste des cas soulignés par le WiPC. Elle a été assassinée le 6 janvier de cette année, indique le WiPC, « dans une agression que bien des gens ont affirmé être le résultat de ses écrits et de son militantisme ».

Lors d'un événement organisé par le PEN d'Angleterre, Actors for Human Rights (Les Acteurs pour les droits de la personne) a fait revivre les écrits comiques d'écrivains persécutés, ceux notamment du dramaturge turc Ali Taygun et du comédien birman Zarganar.

Le PEN de Turquie par ailleurs a tenu une conférence de presse avec des journalistes et des éditeurs qui ont attiré l'attention sur les arrestations récentes du professeur Ragip Zarakolu et de l'éditrice Busra Ersanli. Le WiPC a également attiré l'attention sur les cas de Nadim Sener et Ahmet Shik, détenus pour avoir écrit des livres et des articles qui désignaient nommément des policiers et d'autres individus haut placés liés à l'affaire Ergenekon.

Pour sa part, le PEN du Canada invitait les piétons de Toronto à se faire prendre en photo avec des portraits grandeur nature de Isaak et Nasrin Sotoudeh et à écrire aux autorités compétentes pour exiger leur remise en liberté. Sotoudeh est un avocat des droits de la personne et journaliste iranien qui purge une peine de six ans de prison à la prison d'Evin, de sinistre réputation, pour « propagande contre le régime ».

Au début de la semaine, 31 organisations de l'IFEX ont fait parvenir au président de l'Érythrée Issayas Afewerki une lettre exprimant leur plus vive inquiétude au sujet de rumeurs sur la mort de Isaak. Les organisations, sous la présidence de l'Association Mondiale des Journaux et des Éditeurs de Médias d'Information (WAN-IFRA), ont demandé des renseignements sur le lieu d'internement de Isaak (actuellement incertain) et sur sa santé, invité les autorités à permettre au Comité international de la Croix-Rouge de rendre visite à Isaak, et exigé que le journaliste soit immédiatement remis en liberté, s'il est toujours vivant.

RSF a en outre invité l'Union européenne et le gouvernement suédois à exiger des renseignements sur les allées et venues et l'état de santé de Isaak, qui possède la double citoyenneté érythréenne et suédoise. « S'ils ne peuvent obtenir de réponse ou s'il se confirme que Dawit est mort en détention, toutes les relations entre l'Érythrée et la Suède et l'Union européenne devront être réexaminées », a précisé RSF dans une déclaration.

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