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Des experts internationaux discutent de l'impunité dans une discussion en direct de Vienne transmise par vidéo

Les journalistes Johanne Sutton, Pierre Billaud et Volker Handloik, tués en Afghanistan le 11 novembre 2001
Les journalistes Johanne Sutton, Pierre Billaud et Volker Handloik, tués en Afghanistan le 11 novembre 2001

Allan De Los Angeles

En direct de Vienne, en Autriche, le 23 novembre, l'IFEX s'est joint à un de ses membres, l'Institut international de la presse (IIP), pour diffuser une séance de questions et réponses sur l'impunité avec des experts de Colombie, du Mexique, des Philippines et de la communauté internationale. Un auditoire international avait la possibilité de faire parvenir des questions en direct pendant la discussion organisée à l'occasion de la Journée internationale contre l'impunité. Vous pouvez revoir quelques-uns des faits saillants ici.

La directrice générale du Centre pour la liberté et la responsabilité des médias (Center for Media Freedom and Responsibilities, CMFR), aux Philippines, Melinda Quintos de Jesus, a commencé en disant que les ONG reconnaissent l'importance de la règle de droit dans la lutte contre l'impunité. Elle a ajouté que « la campagne de lutte contre l'impunité implique des initiatives en vue de réformer le système problématique de justice pénale », depuis la modification du code pénal jusqu'à la modification du programme de protection des témoins. Elle a également souligné l'importance de changer la culture d'impunité dans le combat pour la justice.

Pendant la conversation, un observateur a demandé « Quel effet ont les résolutions de l'ONU dans la lutte contre l'impunité ? » Quintos de Jesus a répondu que la plupart des gens ne le savent même pas, et donc que pour être plus efficaces, il est nécessaire de sensibiliser le public aux résolutions de l'ONU et des autres mécanismes internationaux. « L'échec ici, c'est qu'il y a énormément de problèmes auxquels le monde est confronté… et les gens peuvent se laisser distraire », a-t-il dit.

Souscrivant à l'idée qu'il faut un cadre national fort, Andrés Morales, directeur général de la Fundación para la Libertad de Prensa (FLIP) de Colombie, a déclaré que « si nous n'avons pas davantage de volonté politique de confronter les problèmes de sécurité… il est très difficile de s'attaquer à l'impunité ». Pour sa part, la directrice générale de l'IIP, Alison Bethel McKenzie, a laissé entendre que : « Nous devons nous efforcer davantage de faire participer le citoyen moyen ». Sentiment sur lequel Morales s'est appuyé par la suite pour souligner l'importance de tirer au clair la façon dont les meurtres de journalistes affectent directement les gens.

Elizabeth Sutton, dont la soeur Johanne a été assassinée il y a dix ans en Afghanistan dans un attentat taliban contre un véhicule blindé, a demandé pourquoi les gouvernements étrangers n'exercent pas davantage de pressions pour obtenir la tenue d'une enquête sur ce qui s'est passé. Le modérateur Anthony Mills, administrateur en charge du dossier de la liberté de la presse à l'IIP, a demandé aux participants s'il appartient aux gouvernements de soulever les questions des droits de la personne et s'est demandé : « Les pays sont-ils à la hauteur dans ce rôle ? »

Bethel a répondu que, malheureusement, il est peu probable que ceux qui tuent les journalistes pendant les guerres soient traduits devant les tribunaux. Andrei Richter, directeur du Bureau du Représentant de l'OSCE pour la Liberté des médias, a convenu qu'il est presque impossible de traduire des individus en justice pour des crimes en temps de guerre, sauf les dirigeants des guerres qui peuvent être déférés devant les tribunaux internationaux.

Morales a ajouté que le problème consistant à traduire en justice les tueurs de journalistes dans des affaires qui remontent à de nombreuses années ne résulte pas seulement de la guerre – la loi de prescription dans ces affaires s'applique souvent avant leur résolution. En Colombie, neuf cas ont été touchés par la prescription en 2011, soit vingt ans après les crimes; un grand nombre des affaires présentées lors de la Journée internationale contre l'impunité datent de bien des années.

Un journaliste éthiopien vivant en exil en Suède, Theodros Arega, a demandé « Ne pensez-vous pas qu'il est quelque peu naïf et quelque peu en-dessous de la vérité de dire “contre l'impunité” alors que de grands joueurs politiques, des États-Unis à la Chine, de la Russie à la Norvège, défendent leurs intérêts nationaux d'abord, aux dépens de peuples en détresse et sans voix, comme les Éthiopiens, les Yéménites, les Érythréens, les Bahreïnis, les Rwandais, les Chinois, les Tibétains etc. ? »

Malheureusement, « le coût politique de l'impunité est nul », a répondu Darío Ramírez, directeur chez ARTICLE 19 du bureau Mexique et Amérique centrale, ajoutant qu'afin de minimiser les risques pour les journalistes, il fallait prendre le temps et travailler fort sur la prévention. Hélas, en fin de compte, dit-il, « Si vous voulez ne courir aucun risque, ne devenez pas journaliste. »

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