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Le nombre des journalistes emprisonnés atteint un sommet inégalé en quinze ans, indique un rapport du CPJ

Au 1er décembre 2011, il y avait 179 journalistes en prison dans le monde, dit le CPJ
Au 1er décembre 2011, il y avait 179 journalistes en prison dans le monde, dit le CPJ

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Le nombre des journalistes en prison dans le monde est plus élevé qu'il ne l'a été au cours des quinze dernières années, dit un rapport du Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Au 1er décembre, 179 écrivains, rédacteurs et photojournalistes étaient détenus, selon ce qu'indique le recensement annuel réalisé par le CPJ.

Le bond est en grande partie attribuable aux régimes militaires hors-la-loi du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, plus particulièrement en Iran, qui arrive au sommet de la liste avec 42 journalistes en prison. Beaucoup de journalistes iraniens ne sont relâchés qu'après avoir été menacés ou torturés pour leur faire avouer des crimes inventés de toutes pièces et impliquer d'autres personnes dans des crimes bidons, après avoir versé des sommes considérables et/ou s'être engagés à garder le silence.

En Iran et ailleurs, les accusations les plus fréquentes portées contre les journalistes sont la trahison, la subversion ou avoir agi contre l'intérêt national, dit le CPJ. Bien pis, cependant, le fait qu'environ 65 journalistes sont détenus sans procès, beaucoup d'entre eux dans des prisons secrètes auxquelles les membres de leurs familles et leurs avocats n'ont pas accès.

En Érythrée, deuxième geôlier en importance dans le monde, pas un seul des 28 membres de la profession journalistique emprisonnés n'a été inculpé de quoi que ce soit. On craint particulièrement pour Dawit Isaak, qui a passé plus d'une décennie dans une prison secrète et qui serait mort selon la rumeur, tandis que les membres de sa famille tentent désespérément d'obtenir des renseignements sur l'endroit où il se trouve.

D'après un rapport récent de Human Rights Watch, 11 anciens responsables du gouvernement érythréen, qui ont écrit des lettres critiquant le gouvernement - ainsi que les 10 journalistes qui ont publié ces lettres - ont aussi passé la dernière décennie en prison, coupés de leur famille, de leurs avocats et des groupes de défense des droits. Tout comme Isaak, ils n'ont jamais comparu devant un tribunal. D'ailleurs, des centaines de milliers de personnes ont été jetées en prison pour « n'avoir pas pleinement soutenu le régime », indique Human Rights Watch, ce qui inclut ceux qui tentent d'échapper à la conscription.

Au moins six des journalistes emprisonnés dans le monde auraient en fait succombé sous la torture, à des conditions d'incarcération déplorables et/ou à l'absence de soins médicaux. Le CPJ poursuit son enquête sur ces affaires.

Les emprisonnements entourés de mystère sont également monnaie courante en Chine, où ceux qui attirent l'attention sur le sort de groupes minoritaires comme les Tibétains et les Ouïghours sont souvent enlevés discrètement par des agents des forces de sécurité de l'État, ce qui fait qu'il est difficile pour les organisations de défense des droits de la personne de se battre en leur nom.

Mais il n'y a pas que les régimes autoritaires qui emprisonnent les journalistes en nombres records. La Turquie compte huit journalistes en prison; beaucoup d'entre eux sont des rédacteurs et des écrivains kurdes qui exigent la fin des violations des droits de la personne dans cette région. Le CPJ et d'autres groupes membres de l'IFEX constatent, toutefois, que l'incarcération récente de ceux qui enquêtent sur les scandales gouvernementaux, dont Ahmet Sik et Nedim Sener, montre l'expansion constante de la campagne contre les journalistes. D'après le CPJ, le Parti Développement et Justice, au pouvoir en Turquie, a « eu recours à des tactiques nationalistes en se servant de lois sur la diffamation aux énoncés vagues et à d'autres lois antiterroristes qui ratissent large afin de contenir non seulement des cibles traditionnelles comme les journalistes gauchistes et kurdes, mais aussi les voix critiques du gouvernement qui s'expriment dans les médias grand public ».

En plus de quantifier un accroissement terrifiant dans le monde arabe ainsi que dans certains pays d'Asie de l'Est et d'Afrique, l'enquête du CPJ a constaté la situation exactement inverse à l'autre bout du monde. Pour la première fois depuis que le CPJ a entrepris son étude annuelle, en 1990, pas un seul journaliste n'a été emprisonné dans les Amériques à cause de son travail.

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