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Les sites web de certains groupes membres de l'IFEX sont fermés en signe de protestation contre des projets de loi sur le piratage en ligne

Les sites web de membres de l’IFEX protestent contre la SOPA et la PIPA le 18 janvier 2012
Les sites web de membres de l’IFEX protestent contre la SOPA et la PIPA le 18 janvier 2012

Dans le cadre de ce qui est devenu la plus grande protestation en ligne de l'histoire de l'Internet, Reporters sans frontières (RSF) et ARTICLE 19 ont débranché leurs sites web le 18 janvier pour dénoncer deux projets de loi sur le piratage en ligne actuellement à l'étude devant le Congrès des États-Unis, à savoir la Loi sur l'interruption du piratage en ligne (Stop Online Piracy Act, SOPA) et le Loi sur la protection de la propriété intellectuelle (Protect Intellectual Property Act, PIPA).

Depuis 8 heures, heure normale de l'Est (HNE) mercredi matin, quiconque tente d'accéder au site de RSF en anglais se heurte à un projecteur qui jette son rayon lumineux sur un écran noirci, qui éclaire le message suivant : « stoppez la SOPA… qui, si elle est adoptée, sacrifierait la liberté d'expression en ligne au nom de la lutte contre le piratage ».

« Il n'est pas juste que le pays qui a donné naissance à l'Internet assène le coup fatal à la liberté numérique », dit RSF.

Les visiteurs du site web d'ARTICLE 19 sont accueillis par le message « Accès refusé » en neuf languesaffiché sur une page sombre. « Voilà à quoi la Toile pourrait ressembler », dit le message.

Les membres de l'IFEX se sont joints à Wikipedia, au site de partage de nouvelles Reddit et à de nombreux autres géants de l'Internet qui participent à la « journée d'obscurité » organisée pour montrer leur opposition à la proposition de législation qui dresse les médias et les industries du cinéma et de la musique contre Silicon Valley et les défenseurs de la libre expression.

Au cours du week-end, les critiques de la législation ont remporté une importante victoire lorsque le Président des États-Unis Barack Obama s'est rangé de leur côté. La Maison Blanche a annoncé dans une déclaration qu'elle « n'appuiera pas une législation qui réduit la liberté d'expression, accroît le risque pour la cybersécurité ou qui mine le dynamisme et l'innovation de l'Internet à l'échelle mondiale ».

Mais tandis que les membres de l'IFEX estiment que la SOPA semble ne plus pouvoir être adoptée dans sa forme actuelle, la PIPA doit être soumis à un vote le 24 janvier.

Déposée devant le Sénat des États-Unis en mai 2011, la PIPA, au dire des critiques, fait appel au filtrage en ligne pour bloquer des sites web, étrangers ou locaux, soupçonnés de permettre ou de faciliter la violation des droits de propriété intellectuelle. Des sites comme YouTube et Facebook seraient contraints de policer leur contenu pour éviter d'être fermés, étant donné qu'ils deviendraient responsables de tout ce que les utilisateurs afficheraient. Et les usagers ordinaires pourraient se retrouver en prison pour cinq ans pour avoir affiché tout ouvrage protégé par un copyright - même pour une vidéo d'eux-mêmes en train de chanter une chanson populaire.

Les détenteurs de droits d'auteur pourraient obtenir des ordonnances des tribunaux pour contraindre les moteurs de recherche à omettre de leurs listes des sites web offensants. Les publicitaires et les services de paiement en ligne seraient également interdits de faire affaire avec ces sites, les condamnant ainsi à la fermeture. Les petites communautés en ligne, qui n'ont pas la capacité de représenter leurs utilisateurs dans des litiges judiciaires, pourraient subir le même sort.

Selon RSF, la SOPA va même encore plus loin, car elle permet aux détenteurs de droits d'auteur d'exiger le retrait de contenu en ligne sans avoir à porter l'affaire devant un tribunal.

Les membres de l'IFEX se sont prononcés contre ces deux projets de loi, plus précisément contre la menace qu'ils posent à la défense internationale des droits de la personne.

Comme dans le cas de la SOPA, disent-ils, la PIPA « requiert le recours à des outils de censure de l'Internet, elle mine le caractère mondial de l'Internet et menace la liberté de parole en ligne », affirment-ils dans une lettre signée par RSF, ARTICLE 19, Human Rights Watch, Index on Censorship et plus de 40 autres groupes de défense de la liberté de la presse et des droits de la personne.

« Aujourd'hui, quelques-uns des pays les plus répressifs du monde, comme la Chine, l'Iran, le Yémen, l'Arabie saoudite et la Syrie, utilisent le filtrage DNS comme moyen de faire taire leurs citoyens… La PIPA transmet aux autres pays un message sans équivoque, selon lequel le recours à ces outils est non seulement acceptable, mais encouragé », peut-on lire dans la lettre.

« Qui pis est », poursuit la lettre, « la technologie de contournement qu'il est possible d'employer pour accéder à des informations sous les régimes répressifs qui contrôlent l'Internet serait illégale aux termes de la SOPA, cette même technologie dont la mise au point est financée par le Département d'État. »

Le groupe des Journalistes canadiens pour la liberté d'expression (CJFE) craint pour sa part que d'autres pays ne suivent l'exemple des États-Unis et adoptent des lois similaires qui pourraient être facilement utilisées pour entraver la libre expression.

« Il serait préférable d'avoir une direction en matière de politique qui favorise le discours en ligne parmi les citoyens et qui évite toute législation qui empêche et inhibe l'utilité de l'Internet pour les débats, le dialogue et l'information », déclare la directrice générale du CJFE, Annie Game.

Pour en savoir plus sur ces mesures, regarder la populaire vidéo sur le Forum pour l'Avenir, ci-dessous.

PROTECT IP / SOPA Viole l'Internet de Fight for the Future sur Vimeo.

Vous pouvez suivre l'évolution des protestations contre la SOPA à @BlackoutSOPA sur Twitter.

Signer la pétition sur la censure américaine ici.
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