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Le Comité pour la protection des journalistes appelle à une coalition mondiale contre la censure

Un manifestant en Turquie proteste en mai 2011 contre le plan du gouvernement de censurer l’Internet. L’image figure également dans l’« Année en photos » de 2011 du CPJ, une présentation multimédias qui accompagnait l’exposition des « Attaques contre la Presse »
Un manifestant en Turquie proteste en mai 2011 contre le plan du gouvernement de censurer l’Internet. L’image figure également dans l’« Année en photos » de 2011 du CPJ, une présentation multimédias qui accompagnait l’exposition des « Attaques contre la Presse »

Murad Sezer/REUTERS

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) lance un appel en faveur de la formation d'une coalition mondiale contre la censure, à un moment où des gouvernements répressifs, des « militants » et des groupes criminels à travers le monde prennent le contrôle de l'information afin de préserver leur mainmise sur le pouvoir.

« Il y a un intérêt collectif à s'assurer que l'information circule librement… Une attaque contre un journaliste égyptien, pakistanais ou mexicain entrave la capacité des gens à travers le monde à recevoir des informations que le journaliste aurait pu apporter », indique le directeur général du CPJ, Joel Simon, dans le rapport annuel du CPJ, Attaques contre la presse, publié le 21 février. « Une coalition mondiale contre la censure doit s'unir derrière une idée simple : la censure, où qu'elle sévisse, affecte les gens partout », a-t-il ajouté.

Simon attire l'attention sur la leçon que les gouvernements répressifs pourraient avoir tirée des soulèvements du Printemps arabe : « que le maintien d'un régime de censure viable est même plus urgent à l'ère de l'Information. Après tout, une fois que le contrôle de l'information leur échappe, il est difficile de conserver le pouvoir », dit Simon.

Celui-ci cite l'exemple de l'Égypte, où le gouvernement a débranché l'Internet, fermé les chaînes satellitaires et visé les correspondants étrangers, mais les protestataires ont pu maintenir ouvertes les voies de communication et obtenir le soutien international en faveur de leur cause.

« La visibilité mondiale des manifestations a accru le coût de la répression gouvernementale, au point de devenir insoutenable », dit Simon.

En Syrie, cependant, le contrôle qu'exerce le gouvernement sur les médias nationaux et sa capacité à tenir les reporters internationaux à l'extérieur du pays lui ont donné un immense avantage pour étouffer les protestations, ajoute Simon.

Quoique « la technologie constitue un outil fondamental dans la lutte… il faut aussi recourir à des stratégies politiques nouvelles et innovatrices », dit Simon. « Le secret, c'est de mobiliser les nombreuses bases politiques qui ont intérêt à garantir la libre circulation de l'information - à savoir la société civile et les groupes de revendication, les entreprises, les gouvernements et les organisations inter-gouvernementales - et de dresser une coalition mondiale contre la censure », dit-il.

Et comme il y a peu de mécanismes juridiques vraiment efficaces pour combattre la censure sur le plan international - la Déclaration universelle des droits de l'homme n'interdit pas directement la censure, par exemple - la coalition devrait s'efforcer d'inviter les organisations internationales et régionales comme l'ONU et l'Organisation des États américains à créer un cadre juridique servant à garantir en pratique le respect de la liberté de la presse et de la liberté de l'information, précise Simon.

« Les organisations de défense des droits de la personne et de la liberté de la presse devraient être à l'affût des occasions de se prononcer au niveau international sur des affaires concernant la liberté de la presse de façon à construire un organisme qui crée des précédents à l'échelle mondiale »; par ailleurs, le rôle des rapporteurs spéciaux dans le système international doit aussi être renforcé, a-t-il ajouté.

Le rapport de 462 pages documente la situation de la liberté de la presse à travers le monde au cours de la dernière année, et offre des sommaires de la sittuarion dans plus de 100 pays et territoires. « Attaques contre la presse » présente en outre un recensement des journalistes tués (47) et emprisonnés (179) en 2011.

Un manifestant en Turquie proteste contre le projet du gouvernement de censurer l'Internet. L'image figure aussi dans l'« année en photographies » du CJP, une présentation multimédias qui accompagnait « Attaques contre la presse ».

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