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Reporters sans frontières qualifie le Bahreïn et le Bélarus de nouveaux « Ennemis de l'Internet »

À l'occasion de la Journée mondiale contre la cyber-censure (le 12 mars), Reporters sans frontières (RSF) a ajouté le Bahreïn et le Bélarus à sa liste des « Ennemis de l'Internet ». Découvrez les autres pays qui limitent ponctuellement l'accès en ligne et qui harcèlent leurs citoyens de l'Internet à www.cyber-tag.net et faites littéralement votre marque - en arrosant virtuellement de peinture ou en graffitant un message sur les ambassades des 12 pires contrevenants.

Selon RSF, le Bahreïn diffame les défenseurs de la liberté de parole, arrête des blogueurs, harcèle les défenseurs des droits de la personne et tient les médias internationaux à l'écart afin d'instituer « dans les faits un black-out des nouvelles ». Plus tôt cette année, autour du premier anniversaire du soulèvement pacifique au Bahreïn, le site web WitnessBahrain.org, qui est un observateur international, et un grand nombre de sites de diffusion en temps réel ont été bloqués.

Les blogueurs continuent d'être visés : pour n'en nommer que quelques-uns, Zainab al-Khawaja (alias Arabiya en colère), arrêtée brutalement en décembre 2011 et de nouveau en février 2012, est actuellement en instance de procès; Abduljalil al-Singace s'est vu décerner une peine d'emprisonnement à vie par un tribunal militaire et aurait été torturé en détention; pour sa part, Nabeel Rajab, président du Centre des droits de la personne de Bahreïn (Bahrain Center for Human Rights), a été inculpé en février d'« incitation à protester au moyen de Twitter ». Dans une affaire extrême, un tribunal militaire a acquitté les gardes responsables de la mort en détention d'un citoyen de l'Internet, Zakariya al-Asheeri.

Le Bélarus s'est aussi ajouté à la liste après que Internet eut été bloqué et que des journalistes et des blogueurs eurent été arrêtés, en particulier après la réélection controversée du Président Alexander Lukachenko en décembre 2010. D'après RSF, environ 100 journalistes bélarusses ont été interrogés rien qu'en 2011, et plus de 30 d'entre eux ont été condamnés à des peines de prison.

Les officiels bélarusses se servent aussi de la Toile pour intimider les protestataires, dit RSF. Le Ministère de l'Intérieur s'est servi de son compte Twitter l'an dernier pour mettre en garde les protestataires anti-gouvernementaux : « à toutes les personnes qui se rendent au square de la ville (…) Vous allez devoir en répondre. »

Voici la liste complète des « Ennemis de l'Internet » dressée par RSF :
Arabie saoudite
Bahreïn
Bélarus
Birmanie
Chine
Corée du Nord
Cuba
Iran
Ouzbékistan
Syrie
Turkménistan
Viêt-nam

Cette année, RSF veut que vous fassiez savoir aux pays ce que vous pensez de leur censure de Internet. Inspiré par le slogan « C'est l'encre qui doit couler, pas le sang », que RSF a peint lors d'une manifestation de protestation à l'extérieur de l'ambassade de Syrie à Paris en mai dernier, le site Cyber-Tag invite les usagers à organiser des manifestations virtuelles à l'extérieur des ambassades de leur choix et à laisser des messages sur leurs façades.

Pour la Journée mondiale contre la cyber-censure, RSF donne aux usagers de l’Internet l’occasion de barbouiller virtuellement les ambassades des ennemis de l’Internet dans le monde, comme l’ambassade du Bahreïn à Paris
Pour la Journée mondiale contre la cyber-censure, RSF donne aux usagers de l’Internet l’occasion de barbouiller virtuellement les ambassades des ennemis de l’Internet dans le monde, comme l’ambassade du Bahreïn à Paris

RSF

RSF a en outre dressé une liste de pays « en surveillance » qui inclut : l'Australie, la Corée du Sud, l'Égypte, les Émirats arabes unis, l'Érythrée, la France, la Malaisie, la Russie, le Sri Lanka, la Thaïlande, la Tunisie et la Turquie.

L'Inde et le Kazakhstan sont les nouveaux venus sur la liste cette année : l'Inde parce qu'elle accroît sa surveillance de l'Internet et qu'elle exerce des pressions auprès des fournisseurs de services techniques, et le Kazakhstan, où une grève des travailleurs du pétrole, une émeute majeure, une vague d'attentats à la bombe et le mauvais état de santé du Président constituent tous des facteurs ayant contribué à l'accroissement du contrôle exercé par le gouvernement sur l'information en ligne.

Deux pays ont été retirés de la liste de surveillance : la Libye, où le dirigeant en place depuis quarante ans, Muammar Kadhafi, a été renversé et tué, et le Venezuela, où il s'avère que la législation dont les critiques avaient craint qu'elle ne limitât la liberté de l'Internet « n'a pas eu d'effet nuisible dans la pratique ».

Lancée en 2008 par RSF et Amnistie Internationale, la Journée mondiale contre la cyber-censure vise à rallier tout le monde pour appuyer un seul Internet sans restrictions et accessible à tous, et à rendre hommage aux citoyens de l'Internet détenus pour avoir exprimé librement leurs vues en ligne.

D'après RSF, environ 120 citoyens de l'Internet sont détenus actuellement, surtout en Chine, en Iran et au Viêt-nam, et l'an dernier cinq citoyens de l'Internet ont été tués, tandis qu'au moins 200 d'entre eux ont été arrêtés, soit 30 pour 100 de plus par rapport à l'année précédente.

Vérifiez tout cela sur le site web spécial de RSF :

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